22/11/2007

Désir d'avenir


ExegeseL

 
 
                    Je ne sais pas si vous avez remarqué qu’il y a des gens qui disposent d’un langage nettement plus efficace et passionnant que le nôtre…

Les sportifs, par exemple, qui passionnent tant de gens et dont on reçoit la parole sacrée sur toutes les chaînes de télévision:
— Si nous n’avions pas perdu une demi-heure, nous serions déjà là depuis une demi heure!
Notez, ce sportif là avait des circonstances atténuantes, c’était… Johnny dans le Dakkar. Il cumulait deux niveaux de bêtise: le sportif et la star, pour le coup…
— …nous pouvons dire que si nous n’avons pas pu réussir le quart de finale, il aurait de toute façon été inutile que nous allions en demi finale…
Ah! C’est déjà plus subtile et Confucius n’eut pas dit plus vrai!

La palme revient toutefois aux politiciens parce que ça n’a pas l’air aussi idiot mais c’est plus pervers. J’ai noté quelques jolies formules de la belle Ségolène Royale durant sa campagne:
— Moi je revendique pour la gauche le droit que chaque travailleur puisse vivre dignement.

Analysons un instant. Elle revendique… mais… qu’elle le fasse! Les politiciens n’ont pas à revendiquer mais à faire. C’est aux gens à revendiquer! Seulement ça fait bien de parler «avec» le peuple. Pousruivons:

— Il faut faire en sorte que la France avance…

Il y a dans le «faire en sorte» une porte dérobée! Elle ne dit pas comment elle compte s’y prendre, ce qui pourrait instantanément être critiqué. Non. Elle dit qu’il faut faire en sorte que… Mais quelle sorte? Elle ne le sait pas non plus! Habile!

— … et rassembler pour construire ensemble ce désir d’avenir.
Rassembler, construire, ensemble… Très joli! Ça sonne mieux que le discours sportif. Surtout pour cette grande cause qu’est un désir d’avenir. C’est vrai! Il y a des gens qui refusaient de passer en 2007 et vous verrez que fin de cette année vont refuser de passer en 2008. Comme ça, parce qu’ils n’ont plus de désir d’avenir… C’est une nouvelle pathologie! Sans parler de ceux qui ont un vrai désir du passé quand…
— Nous disons au Parti Socialiste qu’il faut du changement…

Eh oui, le dire c’est bien, mais le fer… l’eau ferrugineuse c’est mieux, comme disait Bourvil.

*;->)

23:22 Écrit par Amadeus dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : humour, segolene royal, politique, langage |  Facebook |

Commentaires

il y a d'autres perles Passer à l'action = se croiser les bras, c'est le paradoxe du discours syndical
Politique de mobilité = placer des casse-vitesse et supprimer des gares , soit empêcher les gens de se déplacer
Se réjouir de = n'avoir rien à voir avec ce qui se passe, mais être bien content quand même. Ex Elio di Rupo se réjouit de la reprise des pourparlers de paix au Timor Oriental.
Avoir toujours dit = justifier sa position actuelle par une prise de position antérieure. "Et cela, (le sort à réserver au hanneton récidiviste sourd muet et cacochyme demandant une réduction de précompte professionnel), nous au moins, on l'a toujours dit"
Vouloir vraiment = ce serait pas mal si . Et je viex vraiment que tous nos enfants soient bilingues à l'horizon 2001
Etc
Etc

Écrit par : Mishima | 23/11/2007

Ne serait-ce pas ce qu'on appelle la langue de bois ?

Amusez-vous, allez voir ce site de défense de la langue xyloglotte :

http://cledut.net/xylo.htm

franchement pas triste !

Écrit par : Martine | 23/11/2007

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