11/12/2007

Amours bizarres…

AmoursLL


                        Un jour, au Metropolitan Museum de New York, je suis tombé en arrêt devant une petite sculpture de pharaon qui devait faire un mètre de haut. Il était si bien sculpté dans de si jolies formes et son visage était tellement présent et vivant que je l'ai dévisagé longtemps. Puis, comme je n'arrivais pas à le quitter, je me suis dit que j'aimerais le voir de temps en temps. Immédiatement, j'ai été contrarié dans mon intention par la distance qui me séparerait bientôt de lui. Quelques semaines plus tard, j'en parlais à un ami en ajoutant… "mais voilà, il est là-bas et je suis ici". En le disant, je réalisai que j'en parlais comme d'une relation amoureuse. J'étais tombé amoureux d'un pharaon qui vivait à New York… Ça n'arrive pas à tout le monde ni tous les jours!

Il y a quelques mois, dans les Pyrénées, j'allais assister à un théâtre dit de verdure. Je venais de payer mon entrée quand je rencontrai un âne, tout propre, tout joli et souriant. Il était accompagné d'un solide pyrénéen qui allait l'accompagner dans une figuration théâtrale.
J'ai parlé à l'âne. Je lui ai demandé son nom en prenant ses joues entre mes mains. "Il s'appelle Raffarin, comme l'ancien premier ministre français", me dit son compagnon pyrénéen… Facétieux! Mais joli comme nom. Surtout pour un âne! Ça vous a un air de lettres de mon moulin. Et de Daudet à Baudet, il n'y a qu'un pas phonétique.
Instantanément le courant est passé entre nous au point que Raffarin ne voulait plus me quitter. Il me léchait la main, me mordillait les doigts et frottait sa tête contre moi! Bien des choses que mon pharaon new-yorkais n'avait pas pratiquées. Quand j'ai voulu reprendre mon chemin vers le spectacle, Raffarin a décidé d'y aller avec moi et son maître eut du mal à l'en empêcher.

C'est la mort dans l'âne (oui, nous avons tous les deux des cœurs simples) que nous dûmes nous quitter. J'étais songeur. Je ne voyais pas le spectacle. Je ne pensais qu'à cette nouvelle amitié si touchante. Je repensais au pharaon… A ces personnages coups de cœur de mon existence étrange et si éloignés.

Le lendemain, j'ai voulu revoir Raffarin. Mais la propriété qu'on m'avait indiquée était fermée et j'eus beau l'appeler, personne ne vint.

J'ai vraiment des amours bizarres! *;->)

 

12:22 Écrit par Amadeus dans Amour | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : humour, amour, coeur |  Facebook |

Commentaires

un petit poème de Francis Jammes J'aime l'âne si doux
marchant le long des houx.
Il a peur des abeilles
et bouge ses oreilles.
Il va près des fossés
d'un petit pas cassé.
Il réfléchit toujours
ses yeux sont de velours.
Il reste à l'étable
fatigué, misérable.
Il a tant travaillé
que ça vous fait pitié.
L'âne n'a pas eu d'orge
car le maître est trop pauvre.
Il a sucé la corde
puis a dormi dans l'ombre.
Il est l'âne si doux
marchant le long des houx....

auteur aussi d'une prière pour aller au paradis avec les ânes.

Écrit par : Mishima | 11/12/2007

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