23/02/2008

L’apprentissage du flegme…

 Apprentissage-flegmeL
 
 
                J’ai été élevé dans l’idée que les hommes d’affaires étaient des gens sérieux et les Allemands aussi. On rigole pas. C’est donc dans ce contexte que j’ai été mis à l’épreuve. Je vous zesplic.

Du temps où j’étais cadre aéroporté, je passais mon temps dans les transports publics volants et les hôtels. Me voilà donc au Hilton de Düsseldorf. Un observateur même inattentif y percevra quelques différences avec un hôtel sur la plage de Portofino. Forcément…

Je prends donc possession de ma luxueuse cage de cadre aéroporté et je lis que si j’ai l’intention d’aller à la piscine, il faut IMPÉRATIVEMENT prendre l’ascenseur du fond et pas celui qui descend dans le lobby. Comme je suis un amphibien qui souhaite rejoindre le milieu marin et les dauphins plutôt que de rester sur la terre ferme, j’emporte toujours un maillot. Le lendemain matin, tôt avant de m'ennuyer dans mes réunions, je l’enfile, j’attrape un essuie à la volée et, distrait, je fonce tout droit vers l’ascenseur. Les portes s’ouvrent et me voilà nu, essuie autour du cou en face d’un bataillon de cadres en costumes gris avec attaché caisse et Rolex bling bling, dont quelques dames à lunettes, tailleurs et chignons impeccables… et attachés caisses en cuir fin de Padoue.

C’est là que j’ai fait l’expérience de la dignité et du flegme. Fallait assumer! Je regarde au loin, très loin et me glisse toujours aussi nu et emmailloté dans l’ascenseur. Heureusement j’étais encore jeune à défaut d’être beau… J’ai très vite réalisé que la seule chose qui pourrait encore les rassurer quant à ma santé mentale, était la façon dont je tiendrais l’ essuie qui n’était même pas à moi sur mon bras, tout autre sémantique de localisation sociale étant absente. J’ai donc entrepris de plier le bras parallèlement à ma taille, l’essuie parfaitement à cheval comme la serviette d’un Maître d’hôtel. Et Maître de l’Hôtel, ça m’allait bien, tiens, pour le coup! Je suis donc descendu tout raide et tout nu dans le silence glacial de l’ascenseur qui a finalement atteint le rez de chaussée après un voyage de plusieurs siècles de honte intense très dissimulée!…

Arrivé dans le lobby, la porte s’est ouverte, la réceptionniste en tailleur, foulard aux couleurs de l’hôtel et bracelet doré m’a regardé les yeux et la bouche ronds et m’a fait un geste péremptoire de retour aux étages avec un «raus!» germaniquissime dont je me souviens encore… La honte.

Notez, depuis lors, j’ai décomplexé, parce que quand on voit Paris Hilton se promener nombril et seins à l’air, je me dis que je n’étais que précurseur chez les Hilton!  *;->)

22:13 Écrit par Amadeus dans Drôle de vie | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

N'exagère pas N'exagère pas, Amadeus. Si tu avais enfilé ton maillot de bain avant cette anecdote, tu n'étais pas complètement déshabillé. Dans ce cas la dose de flegme à produire est plus petite, mais méritante quand même.

Écrit par : Ben | 24/02/2008

Les commentaires sont fermés.