09/03/2008

J'ai autogaffé…

 AutogafféL
 
 
                        Tiens, je pense à un truc. Vous avez remarqué qu'on ne parle pas de Salon du livre mais de Foire du livre.  Pas important? Attendez voir… Un Salon littéraire n'est pas une Foire littéraire… C'est quoi ce glissement sémantique, là?

Je traversais donc la Foire du Livre de Bruxelles vendredi. J'étais comme un gosse devant tous ces livres aux titres plus alléchants les uns que les autres. Tant de titres pour gérer enfin ma vie, mon esprit, ma santé, ma carrière, mon bonheur… qui apparaissaient comme autant de clés de paradis. Mais dites, il y en avait tant que je suis arrivé à la conclusion que je ne pourrais jamais les lire et les "intégrer" tous! Je réalisais que j'allais devoir vivre en me débrouillant autrement. J'ai donc fait demi tour avec ma pile de livres qui allait de mes  mains jusqu'à mon menton et remis chacun à sa place.

J'étais d'ailleurs plus séduit par un livre très joli: tout sur les tire-bouchons. C'est vrai, jamais je n'avais vu cet objet comme ça. Plein de couleurs et de jolies photos avec des citations. Indispensable. Hop, emporté. Plus loin, trois livres: nos années 50 en Belgique. Et les années 60 et 70. Génial! Plein d'objets nostalgiques comme la chicorée Pacha, les bassines de lessive en plastoc, les pompes à essence,…. Coup de cœur. Hop, emportés. Tout sur les voitures américaines, tout sur le cochon, tout sur les ponts suspendus, les plaques de rue, les taxis de NYC. Emportés. Quand la pile a atteint le menton, je suis reparti en arrière pour tout redéposer. Parce qu'avec les tirebouchons, j'aurais du acheter le bouquin sur les bouteilles, celui sur les vins, sur les capsules de bière,…etc. Finalement…

Je me suis focalisé alors sur la Culture, la vraie. J'ai trouvé un bouquin passionnant sur la politique non-utilitariste, concept que j'ignorais mais qui était porteur d'idées et perceptions nouvelles indispensables à ma vision du monde.  Et celui de Steiner, bon ça Steiner: "Les livres que je n'ai pas écrits"… Quelques autres thèmes semblables et tout aussi smarts plus loin, j'ai relevé le menton et fait demi-tour…

Décidément, plus je voyais de livres plus je comprenais que chacun  allait me priver de la connaissance de celui d'à côté… Chaque obligation de choix était une obligation de devenir un peu plus idiot… Ou de m'en rendre compte! Que faire? Comment assumer cette malédiction d'être chassé du Paradis Terrestre et de celui de la connaissance? Mais comment vivre bien en restant ignorant?…Et pas un seul livre pour me guider dans cette voie… Je rêvais de bouquins pour remplacer ma télé mais je crois que j'ai autogaffé, là… *;->)

21:36 Écrit par Amadeus dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : salon du livre, culture |  Facebook |

Commentaires

*oo* Bah...au moins comme ça, tu n'auras pas pas des livres de poches sous les yeux ;-)

Belle soirée, nuit :-)

Écrit par : Loo | 09/03/2008

°°° Excellent ! J'ai été confrontée à ce genre de problèmes la semaine dernière. Ni Foire ni Salon, juste une grande librairie (estudiantine) de MaVille. Me suis bien retrouvée embarrassée lorsqu'il fallut faire un choix ...

Quand j'serai vieille, j'voudrais bien avoir une grande pièce "bibliothèque", très "english", avec des livres partout, jusqu'au plafond ... Tu vois ?

Sur ce, j'file à la douche : premier jour officile de "reprise" du travail ... Hurry up !

Chloé - qui r'grette déjà son congé de mat'.

Écrit par : Chloé | 10/03/2008

To read or not to read? That is the question...
Plus grosse la tête, plus forte la migraine!
Ma pile de livres en attente de "traitement" grandit... Chacun son tour, comme au ministère et tout le monde y passera… mais piano piano…
Ministère italien ?
En plus, me surestimant, mes amis ne m'offrent que des livres. Les plus salauds d'entre eux, pour que je les lise à leur place et leur en fasse une synthèse.
Alors que des outils de mécanique m’excitent littéralement. Mais comme ils ont tous vu Chaplin péter les plombs dans « Modern times »… ils craignent que je serre les boulons de quelques sérésiens socialistes !
Le pépin, j'ai un ami qui m'aime beaucoup ; un intellectuel italien... une espèce de grand frère.
Il m'offre du Pasolini (par cruauté, je le suspecte), du Dostoïevski, du Nietzsche... je n'ai que de mauvaises fréquentations !

Écrit par : Tony | 10/03/2008

L'oiseau a son nid, l'araignée as toile, et l'homme l'amitié. William Blake
alors c'est avec toute mon amitie que je viens te souhaiter une bonne journée
bisous

Écrit par : caline | 10/03/2008

je n'y vais plus depuis des années à ce truc. Pourtant Thot sait si j'aime les livres . Mais il y a le brouhaha des classes, le bordel organisationnel, le mépris pour les auteurs et celui de certains auteurs pour le public. Franchement je n'ai plus de bonens expériences depuis que la Foire à quitté le Martini Center, c'est tout dire.

Écrit par : Mishima | 11/03/2008

An, la lecture... ... c'est un vice comme un autre !

Écrit par : CCRIDER | 11/03/2008

Spécialisé mais pas borné Ne crains pas de limiter ton savoir, Amadeus. Sherlock Holmes le faisait et n'y perdait rien. En te spécialisant, tu acquiers des connaissances annexes à ton domaine qui élargissent ta culture générale. Par exemple, j'ai un ami entièrement passionné de guitare. Pour connaître à fond ce domaine restreint, il a appris les bois, leur origine, leur culture et leur traitement. Et la métallurgie des cordes, ainsi que des notions de chimie des colles à bois et des vernis. Plus les biographies des artistes qui l'inspirent. Mon intérêt pour l'astronomie m'oblige à me renseigner sur l'optique et la mécanique des instruments. Se spécialiser ne restreint pas, tu as dû en faire l'expérience.

Écrit par : Ben | 12/03/2008

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