19/03/2008

Désir d'avenir…

ExegeseL

 
                        Je ne sais pas si vous avez remarqué qu’il y a des gens qui disposent d’un langage nettement plus efficace et passionnant que le nôtre…

Les sportifs, par exemple, qui passionnent tant de gens et dont on reçoit la parole sacrée sur toutes les chaînes de télévision:
— Si nous n’avions pas perdu une demi-heure, nous serions déjà là depuis une demi heure!
Notez, ce sportif là avait des circonstances atténuantes, c’était… Johnny dans le Dakkar. Il cumulait deux niveaux de bêtise: le sportif et la star, pour le coup…
— …nous pouvons dire que si nous n’avons pas pu réussir le quart de finale, il aurait de toute façon été inutile que nous allions en demi finale…
Ah! C’est déjà plus subtile et Confucius n’eut pas dit plus vrai!

La palme revient toutefois aux politiciens parce que ça n’a pas l’air aussi idiot mais c’est plus pervers. J’ai noté quelques jolies formules de la belle Ségolène Royale, ces jours-ci:
— Moi je revendique pour la gauche le droit que chaque travailleur puisse vivre dignement.

Analysons un instant. Elle revendique… mais… qu’elle le fasse! Les politiciens n’ont pas à revendiquer mais à faire. C’est aux gens à revendiquer! Seulement ça fait bien de parler «avec» le peuple. Pousruivons:

— Il faut faire en sorte que la France avance…

Il y a dans le «faire en sorte» une porte dérobée! Elle ne dit pas comment elle compte s’y prendre, ce qui pourrait instantanément être critiqué. Non. Elle dit qu’il faut faire en sorte que… Mais quelle sorte? Elle ne le sait pas non plus! Habile! Ni obligation de résultats ni obligation de moyens…

— … et rassembler pour construire ensemble ce désir d’avenir.
Rassembler, construire, ensemble… Très joli! Ça sonne mieux que le discours sportif. Surtout pour cette grande cause qu’est un désir d’avenir. C’est vrai! Il y a des gens qui refusaient de passer en 2008 et vous verrez que fin de cette année vont refuser de passer en 2009. Comme ça, parce qu’ils n’ont plus de désir d’avenir… C’est une nouvelle pathologie! Sans parler de ceux qui ont un vrai désir du passé quand ils votent pour ceux qui disent…
— Au Parti Socialiste, nous disons qu’il faut du changement…

Eh oui, le dire c’est bien, mais le fer… l’eau ferrugineuse c’est mieux, comme disait Bourvil.

*;->)

18:16 Écrit par Amadeus dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : humour, socialistes, politique, langage |  Facebook |

Commentaires

Un florilège... ... de sottise bien démontée...

Écrit par : CCRIDER | 19/03/2008

Le sens évanescent des paroles en l'air Baragouiner pour ne rien dire en long et en large étale le savoir qu'on fait semblant d'avoir pour parler en ayant l'air d'en révéler plus qu'on veut en sous-entendre à demi-mot. Excuse-moi si je ne suis pas assez bref mais je tenais beaucoup à bien préciser mon discours.

Écrit par : Ben | 19/03/2008

baragouiner oh l'intéressant vocable. Des mots bretons "bara",pain et gwin, vin que les conscrits armoricains réclamaient à leurs fourriers, économes et vaguemestres.
Ceci dit, parler pour ne rien dire est LA spécialité du politique.

Écrit par : Mishima | 19/03/2008

oops! J'ai laissé le commentaire destiné à cet article dans le précédent...

Écrit par : Tony | 20/03/2008

Pas grave Tony, je comprends de toute façon pas le commentaire! ;-)

Écrit par : Amadeus | 20/03/2008

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