18/04/2008

Salut Pierre,

Salut-PierreL

 
                                Juste quelques mots d'amitié à Pierre Desproges disparu il y a exactement vingt ans aujourd'hui. Mais son cadavre était piégé, disait-il. Effectivement, ses textes lui survivent, nous pètent à la gueule et prennent de plus en plus de hauteur.

Pierre était d'abord un humoriste de la meilleure eau: le désespoir du non-sens pour créer un peu de lumière dans cet univers où la quête du Sens mène au vide… C'est ainsi que son esprit est vivant.

Il disait qu'il préférait plaire à quelques personnes qui le comprennent  plutôt qu'à des millions de gens à qui il n'avait rien à dire. Pour le comprendre et comprendre la force avec laquelle ses mots s'imposent de plus en plus à nous, il faut savoir qu'il était ce qu'on appelle un surdoué (ou HP, Haut Potentiel), un de ces êtres bizarres dont le cerveau fonctionne autrement et qui accessoirement ont plus de 130 de QI. Lorsqu'ils parviennent à se servir de ce "handicap mental de luxe", parce que la "douance" est dure à vivre, ils éclairent leur temps de Vinci à Koestler en passant par Picasso ou Cézanne. Et Desproges…

De son propre aveux, il aimait " trop les hommes pour les tolérer médiocres"… C'est ainsi qu'il fustigeait "l'intelligentsia crapoteuse", les jeunes, "les humanistes sirupeux", l'armée, les politiques, les Résistants et les collabos, l'Académie, les communistes, le Pape, les anti-nazis primaires, les coureurs cyclistes dont il disait qu'ils avaient un QI égal à leur température anale... Etre de gauche ou de droite c'est être hémiplégique, disait-il. Mais c'était d'abord quelqu'un de très doux, candide, adorable et surtout… il n'avait pas une once de prétention.

J'ai eu l'immense bonheur de le rencontrer. Nous avons sympathisé et ne nous sommes pas quittés de toute la soirée qui a suivi un spectacle à Bruxelles au théâtre 140. Il était déjà fort malade. Sa femme cherchait de la morphine en appelant des médecins parce qu'elle redoutait la nuit… Ça, je l'ai appris plus tard. Ma femme, Pierre et moi avons beaucoup ri ensemble. Nous étions humble devant lui mais lui nous parlait comme à des amis confidents, comme si nous étions des intimes. Le cœur ouvert, sans non-dits, sans aucune barrière. Nous nous étions promis de nous revoir… mais son cancer n'a pas été annulé…

Je ne voulais pas faire le malin avec un texte plein de jeux de mots ou d'esprit qui aurait eu la prétention de vouloir me hisser au rang qui était le sien. Je voulais simplement saluer la mémoire de quelqu'un que j'admire beaucoup et que j'aime tout autant.  *;->)

19:13 Écrit par Amadeus dans Amour | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : humour, desproges |  Facebook |

Commentaires

*oo* Je suis contente, contente comme tout.
J'ai pensé à toi aujourd'hui, en pensant à Pierre Desproges.
Contente de lire ce post.
Vraiment.

Belle soirée :-)

Écrit par : Loo | 18/04/2008

un hommage qui lui ressemble. merci Marc!

Écrit par : mimi | 19/04/2008

Moi, c' est vous que je salue . L' hommage que vous lui rendez est sans doute à votre image.... J'ai remarqué votre récente photo
le regard péttillant, le sourire espiègle, l'émanation d' étonnement sur votre visage, étonnement devant la vie ..... en dit long.

Écrit par : Farah | 19/04/2008

ça commence à bien faire! Cette fois, je n'écrirai pas ce que mon coeur me souffle. Je tiens trop à ton amitié pour t'embarrasser... et tu pourrais croire, Monsieur Dimanche, que je veux t'emprunter de l'argent.
Je suis comme ça, moi, je fais l'andouille au mauvais moment.

Écrit par : Tony | 20/04/2008

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