06/05/2008

comprendre l’art contemporain…

Comprendre-artsL

 
                        Je vais vous raconter une histoire. Vous aimez les histoires? C’est parti!  A la fin du 18eme siècle l’Art était devenu si chargé de petits anges, dorures et fioritures que personne n’y voyait plus rien. Alors, des gens courageux portés par la liberté nouvelle offerte par un Nouveau Monde depuis la Révolution, ont décidé de s’ébrouer et de devenir Cézanne ou Monet. Ils ont été refusés par l’Art officiel et, tout en étant conscients de leur valeur, ils ont eu beaucoup de peine à s’imposer. Personne ne comprenait. Puis, dans les années 1870, les doctes scientifiques londoniens qui recevaient des fétiches africains ont constaté que c’était païen mais... beau!

Quelques temps plus tard, au début du 20e, des gens comme Picasso ont compris qu’il y avait là une nouvelle source vive de ré-inspiration. Ils ont été à nouveau contestés. L’aventure des impressionnistes et celle de Picasso ont interpellé les politiques qui se sont dits: on ne comprend rien mais le passé nous a montré que moins on comprend, meilleur c’est! Voilà pourquoi Jack Lang s’est empressé de décorer tout ce qui bouge dont les tagueurs... Entretemps, des originaux comme Marcel Duchamp ont prétendu qu’un urinoir pouvait être regardé comme une œuvre d’Art et se sont mis à faire n’importe quoi. Des gens plus inspirés ont mêlé industrie et peinture: les popartistes. Les prix se sont envolés. Des financiers comme François Pinault ont repéré qu’Art et argent pouvaient s’entendre et se sont mis à acheter frénétiquement toute les bêtises qui passaient! Plus ça a l’air con, moins les communs des mortels comprennent et si les cons ne comprennent pas... c’est que c’est intelligent! CQFD!

Les peintres et galéristes ont bien compris tout l’intérêt qu’il y avait à exploiter le filon. Voilà pourquoi, aujourd’hui, on vous emballe des ponts, on accroche une feuille de salade à une pierre en parlant de réflexion sur l’éphémère, on réalise des lustres pas en cristal mais avec des tampons O.B., on se coupe l’oreille en public, on écrase des boules de Noël avec des talons pour symboliser le pressage du raisin, on voit des sacs poubelles enlevés par une femme de ménage alors que c’était... une «œuvre»...

La musique, plus contraignante, résiste mieux à ces bêtises dont on essaie de nous culpabiliser de n’en rien comprendre.

Rassurez vous, c’est vous qui avez raison: il n’y a rien à comprendre... Mais il y a une morale: c’est que les dix financiers au monde qui s’amusent à faire grimper les cours de ces bêtises font finalement du recyclage de l’argent de rupins chez des escrocs qui le redistribuent dans la société civile! Allez, tout n’est pas perdu!  *;->))

18:00 Écrit par Amadeus dans Art | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : humour, art actuel |  Facebook |

Commentaires

la femme qui sert de table, c'est un thème récurrent dans le monde SM

Écrit par : Mishima | 06/05/2008

Et en musique? Salut, Amadeus. Et ou places-tu le death metal, le hardcore et le trash dans ton jugement de l'art?

Écrit par : Ben | 06/05/2008

On peut à nouveau voter, ici? ;-)

Écrit par : Tony | 07/05/2008

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