21/05/2008

Bach et boulimie

Bach-boulimieL

 
                    Après le Big Mac, voici le Bach Mix. Vous ne connaissez pas? Je vous zesplic.

Le hamburger, qui est la forme la plus canine de l'alimentation humaine, s'est trouvé à la croisée du pragmatisme américain, de la nécessité de se nourrir sans savoir cuisiner et du manque de temps et d'argent. Jusque là rien à dire. Mais l'impact de la culture promotionnelle américaine qui est quantitative et non qualitative, a suscité une culture de la boulimie et de la satiété par la quantité. C'est vrai: nous, quand nous allons au restaurant, nous mangeons lentement, ce qui donne au corps le temps de se faire une opinion sur la satiété bien vécue. Tous les nutritionnistes vous le diront: mangez lentement! La satiété viendra, même avec peu de chose.

Pour l'Américain, la satiété vient quand l'estomac vous oblige à défaire la ceinture et que vous vous entendez roter à faire un trou dans la couche d'ozone. Notez, le Cloacacola aide beaucoup. Comme si tout cela ne suffisait pas et comme un malheur n'arrive jamais seul, il y eut surenchérissement. C'est ainsi qu'on est passé du Mad au BigMad… Deux fois plus de satiété pour passer des obèses aux Big-Obèses bientôt. Chouette, non?

Jusqu'ici vous vous dites que vous êtes bien heureux d'être européen de culture culinaire française et d'un milieu social qui vous protège encore des atteintes de Mad Conald… Oui mais… Oui mais… la culture de la satiété par la boulimie est en train de vous rattraper. Vous allez voir…

On a vu apparaître pour l'année Mozart des coffrets de CD "tout Mozart" pour 100 dollars qui s'apparentaient plus aux boîtes de friandises Mozartkugeln qu'aux partitions… Et c'était la copine du producteur qui avait assuré pour les sonates… Comme il s'en est vendu des tonnes, les voilà qui récidivent avec le big Bach mix! Tout Bach à écouter un coca à la main et un BigMad dans l'autre. Ça vous cultive un homme en moins de deux mesures. Ça fait de vous un obèse de la culture, la quantité se substituant au raffinement du plaisir des interprétations et des lectures sensibles des œuvres.

Comme disait l'autre: "t'as pas un bon Montaigne à me prêter?"…

18:00 Écrit par Amadeus dans Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : bach, humour, boulimie, culture |  Facebook |

Commentaires

J'écris "Tony was here"! Et cette fois-ci, c'est vrai!
;-)

Écrit par : Tony | 21/05/2008

c'est une manie les intégrales.
D'abord même Mozart ou Bach ont leurs faiblesses.
Et puis faites un peu le même exercice pour Proust, Shakeszpeare, Homère ou Dostoïevsky et vous m'en direz des nouvelles.

Écrit par : Mishima | 22/05/2008

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