30/05/2008

L’inutile infinitude…

Inutile-infinitudeL

 
                        Anatole France disait qu’il valait mieux être bête comme tout le monde que d’avoir de l’esprit comme personne. Ça c’est le genre de phrase qui m’amuse. Ça vous ébouillante le cerveau et vous riez. Même chose avec ce commentaire sur le mariage d’une relation: il s’est marié civilement à la Mairie et religieusement à la… Bourse! Ou cet amant qui disait: je ne vis plus quand tu fais le mort! Ebouillanté. J’adore. L’ennui c’est que certains ont fait de ces jolis mots un système de pensée.

Oui, c’est ça le sujet du jour. Parce qu’ aujourd’hui, l’ennui c’est que les cons se sont mis à penser (Cocteau). Et eux, ne sont pas drôles! Ils n’ébouillantent que la Raison et leur confusion mentale se propage comme une faute dans la démonstration d’un théorème.
Par exemple; Yann Queffelec qui déclarait récemment sur les ondes: «…et si le mauvais temps était aussi une forme de beau temps?».
C’est poétique comme idée. Mais fondamentalement faux! Il eut fallu dire que certains préfèrent la douche et le ciel plombé au soleil! C’eut été plus juste. Mais soit, on peut accepter ceci sous licence poétique.
Drücker dit «je suis un tardif qui a commencé tôt». Veut-il dire qu’il a toujours été idiot? Ambigu comme déclaration.

Hier, je relevais dans un texte philosophique:  «…à la fois immédiate-ment tactile et lointainement mental»… Bizarre… et surtout, ça fait pas avancer le schmilblick.C’est là que ça se gâte…

Récemment, un intello déclarait que «la malhonnêteté c’est aussi une forme d’honnêteté», ce faisant il exprimait cette vieille idée socialisante que «la propriété c’est le vol». On en mesure tous les dangers de destructuration…

La dernière élégance aujourd’hui c’est de dire une chose et son contraire! Dire d’une chose qu’elle est à la fois haute et basse confère à celui qui le dit l’aura de l’infini. De plus, une telle idée est incritiquable  puisqu’elle est en deux endroits à la fois comme les particules dans la physique quantique! On en admire l’inutile infinitude…

Seulement, ce genre de phrase permet à d’autres de prouver l’évanescence des intellectuels et de nier la nécessité de penser. La pensée devient de leur point de vue le contraire du pragmatisme tout puissant. C’est une idée très répandue en Belgique… Et c’est très dommage.

Pour certains qui singent la pensée, réfléchir c’est sonder la complexité du problème, quitte à l’amplifier. «Si je suis plus compliqué que le problème c’est que je le regarde de plus haut, donc je le maîtrise». Cette erreur semble largement répandue. Il est de la dernière élégance aujourd’hui de prétendre qu’il faut accepter la complexité. Pour moi, c’est une forme de démission intellectuelle dans ma conception de la réflexion. Bien sur, il ne faut pas simplifier mais il faut rendre intelligible. Si bien que poésie, contresens et complexité servent trop souvent d’alibi intellectuel. Dès lors, la Pensée est reléguée parmi les Beaux-Arts et négligée par nos pragmatiques politiciens et grands acteurs de l’Economie.

Bon bon… ça va… je le ferai plus, mais Guitry remarquait déjà que ce qui ne tolère pas la plaisanterie supporte mal la réflexion…  
*;->)

00:00 Écrit par Amadeus dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : humour, reflexions, philo, infini, betise |  Facebook |

Commentaires

M'oui S'exprimer par oxymoron peut représenter une façon de faire avancer le schimilibibili mais ça ne doit pas être une règle. Et il ne faut pas confondre le procédé littéraire (Hugo qui trouve que Gavroche est un enfant fée) avec le grand n'importe quoi : un texte "tactile", ca ne veut rien dire dans aucune langue, sauf pour un aveugle qui 'lit' le braille avec ses doigts( et qui si on lui donne une feuille de papier émeri trouvera que c'est vraiment écrit en petits caractères).
Dire une chose et son contraire, c'est le pont-aux-ânes du discours politique. Ecoutez-les dire qu'ils sont pour la grève à condition qu'on reprenne le travail ou qu'ils sont ouverts à la discussion en disant fermement non à tout. C'est qu'il faut plaire et complaire à tout le monde, n'est-ce pas ?
Pour nos intellos, surtout les intellos organiques, ceux qui sont stipendiés par un parti, un journal, un média, une coterie, ils se contentent souvent de parler dans le seul but de donner de l'air à leurs amygdales.

Écrit par : Mishima | 30/05/2008

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