22/07/2008

Avions

AvionsL

 

                        Il m’est arrivé de survoler le monde. Je me suis étonné comme un enfant de voir au décollage de tel Boeing 747 qui passait au-dessus de la côte que cette petite jetée canadienne sur la mer fut si stable... que la mer jamais ne la dépassat seulement de quelques centimètres. Harmonie entre océan et humains.

J’ai vu les montagnes ou l’Ecosse sous les brumes au petit matin en parlant avec un physicien indien, le Groenland sous les neiges, le Labrador, ou New York, la ville, les rues, j’ai vu le nouveau Mexique, les couleurs de l’Afrique, la pointe des pôles... le Gange tortueux ou le Nil si africain, j’ai vu ces ciels bleu nuit, ces couchers de soleil un jus d’orange à la main. J’ai aimé ces ronronnements si fluides et constants des réacteurs, j’ai été fier en montant dans le premier Airbus, j’ai souri aux hôtesses ou à ce commandant de bord qui me décrivait, un café à la main, ce cumulus de 60 mille nautiques. J’ai adoré que mon commandant de bord soit une femme de l’âge de ma fille, j’ai tant aimé m’envoler de Bruxelles et prendre un petit déjeuner au-dessus du Montblanc.

Mais j’ai aussi été ému de voler en planeur, de vibrer dans les courants d’air sur les Pyrénées, adoré être lâché pour la première fois au-dessus du ciel avec mon premier planeur. J’ai été ému aux larmes quand les ailes pliaient et que le vent soufflait. J’ai adoré ces moteurs bruyants, facétieux, je repensais à St Ex et à ses rêves, j’ai repensé à tous ces hommes et ces femmes, parce que des femmes il y en eut dans l’aviation, je reste ému en regardant un avion décoller. J’ai emmené mon petit fils il y a quelques jours voir les avions atterrir. J’ai été si heureux qu’il veuille se rapprocher, toucher les avions, nous avons partagé ce rêve. Il était sur mes épaules pour être plus près du ciel. Là où ça ‘ciel’ tellement la mer que l’on se sent s’élever...

On ne parle pas d’avion comme d’un objet. Ce n’est pas un bateau dont les Anglais eux mêmes disent ‘She’. Non, on parle d’un avion comme d’une grâce, comme d’une fusion entre ciel, rêve et matérialité. Là où tous les mouvements deviennent doux et lents, une grâce absolue. Quel que soit l’avion. On ne l’aime pas pour sa tôle mais pour son immatérialité, pour son aptitude à réaliser les rêves.

Pour moi, un avion sera toujours ça. Toujours ce médium entre monde et imaginaire. Instrument de passion, stradivarius du rêve. Le plaisir de la vague sans son poids. On le caresse, on lui associe le cuir, la complicité, on vit ensemble le même sentiment de fragilité devant l’Univers et la même compassion devant les souffrances. Merci aux humains du passé de l’avoir inventé, de l’avoir fait et tant qu’à mourir, je souhaite que ce soit en avion au-dessus de la cordillère des Andes...

18:00 Écrit par Amadeus dans Cœur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : avion, emotion, voler |  Facebook |

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