25/07/2008

Ma fête de la musique à moi...

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                Je n’aime pas écouter la musique avec mes lunettes. Elles mettent une vitre entre le fruit des sons et moi. Alors, je les descends un peu sur le nez, mais là, c’est le flou qui perturbe la présence. Il m’arrive de fermer les yeux mais... la réalité vient à manquer de quelque chose.
J’écoute plus la musique et j’essaie d’oublier mon âge pour quelques minutes précieuses en dehors du temps. J’aime Duke Ellington, mais j’aime presque toutes les musiques. Sa musique à lui est d’abord un vaste espace dans lequel je peux me mouvoir qui se déplace autour de moi. Puis, c’est un univers de couleurs et de timbres. Et enfin c’est une musique qui se réinvente à chaque instant avec la puissance d’un homme qui était manager, compositeur, créateur et pianiste fulgurant. Il joue du piano comme personne. Sous sa force, le piano devient un instrument graphique qui impose des traits d’architecte pour donner des signaux à son orchestre ou des mains plaquées comme les grosses brosses du peintre.

La fantaisie, la surprise, les élasticités, les lumières et couleurs, tout me surprend et tout me promène dans l’imaginaire. Ce sont des tableaux de Delacroix ou de Picasso. On en sort rajeuni, irrigué et  comme ressuscité. Mais Dieu que l’oxygène des grands espaces est capiteux. Tout cela pétille de vie. Faites cet essai: coupez le son de la télé quand passe un ensemble qui joue Bach (et j’adore la musique classique, baroque, et Bach évidemment). Vous verrez les musiciens agités à l’unisson de gestes saccadés. Faites la même chose avec un orchestre de jazz et voyez cette décontraction, cette entente démocratique dans laquelle chacun peut s’exprimer. C’est notre monde, notre époque. Celle dans laquelle on se sent bien. C’est nous, quoi.

Après Duke, pour revenir sur terre, je mets quelques pièces de Joe Pass à la guitare sèche ou quelque chant de Bach pour passer de la chaleur du soleil aux ombres de l’été...
Eteindre ces musiques, c’est sortir du soleil, c’est rentrer entre les murs de la maison, retourner à la vaisselle qui n’est pas encore faite.

Mais c’est aussi comme sortir d’une piscine.
On garde le frais sur soi et en soi pendant un long moment. Et puis, les pensées prennent le relais et convertissent ces moments de transport en nouvelles forces pour vivre à nouveau dans la réalité...
C’est quand même autre chose que d’institutionnaliser le tapage nocturne...  si je peux me permettre... 
  *;->)

18:00 Écrit par Amadeus dans Art | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fete de la musique, musique |  Facebook |

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