31.07.2008

Attention, c’est plein de vide!

Plein-de-videL

 

                                Le sujet de l’émission radio d’hier était de ceux qui me font voir la vie cum jubilatione. Le genre de chose qui se fout à la puissance douze de toute velléité pragmatique et utilitaire et qui  fait voir l’univers avec recul, distance et délectation. Mais en même temps, ce sujet m’a donné le sentiment que mon cerveau a été transformé pour un instant en foie gras tant il est délicieux d’en consommer le produit de la compréhension, de la spéculation douce et tout cela sans danger aucun pour personne ni même dégagement de CO2. Je vous livre le thème en question sans plus tarder.

Vous vous souvenez de la définition belge du tuyau? C’est un cylindre avec du vide dedans... Eh bien, le vide est-il un concept théorique ou une réalité ontologique (en soi) ?

Pas con, comme question ! Pour certains, cela n’évoquera qu’une idée tordue pour terminale de philo. Ils déploieront immédiatement leurs méthodes résiduelles et s’appliqueront à concasser cette question en farine inutilisable mentalement. Pour d’autres, en revanche, il s’agit là d’un mets de choix dont le fumet, loin du cartésianisme débilitant, embaume le plaisir de ne pas être un singe.
Qu’il me soit permis ici d’apporter ma réponse personnelle.

Le vide est un concept théorique pour celui qui, comme moi, n’arrive pas à perdre du poids ou qui a 30 enfants braillards dans une classe par exemple. Le vide est un concept théorique pour celui qui vient de renverser le pot de confiture sur le tapis et qui en rajoute encore un peu plus partout chaque fois qu’il essaie d’en enlever. Essayez de vider le sac de votre aspirateur et vous verrez que le vide est bien théorique! En revanche, pour mon banquier, le vide de mon compte est bien une réalité ontologique! Allez lui expliquer que c’est théorique et qu’avec un peu de patience, ce compte va retrouver des couleurs. Malheureusement, mon banquier n’est pas un concept théorique. Il est bien là! Notez que, intellectuellement, mon banquier est bien un vide d’ordre ontologique. Mais ne le lui dites pas, il ne serait pas content! Bon...
*;->)

30.07.2008

Le gars qui a gagné au loto

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                                Bingo! Il a gagné. Et un solide paquet, je peux vous dire. Même moi, je trouve pas ça moral. Mais que voulez vous, seul l’Etat peut faire de la pub mensongère en laissant miroiter un produit que vous risquez d’avoir avec une chance sur un milliard! Vous imaginez, un commerçant honnête qui vous dirait: voilà, vous me payez la bagnole d’avance et il y a une chance sur un milliard que je vous la livre! Vous feriez une crise, non? Eh bien l’Etat qui est si prompt à faire des lois pour vous protéger, il peut! Comme dit la pub: «100% des gagnants ont tenté leur chance!»… Ça pue l’entourloupe, non? Essayez vous, de dire à l’Etat: cette année, jouez et gagnez mes impôts! Une chance sur un milliard!

J’ai demandé «et qu’est ce que tu vas faire avec tout ce pognon? Parce que là… t’aurais un paquet, trop, non?» En disant ça, j’espérais quand même qu’il me ferait un petit plaisir pour les services rendus!
- Ecoute mon vieux, je vivrais enfin la vie dont je rêve et faire le bien autour de moi, me dit-il en se marrant.
- Ah, ça c’est bien! Tu donneras à ta famille et à tes amis?
- Si tu veux, mais je vois pas ça comme ça.
- Comment alors?
- Je t’esplic, comme tu dirais. D’abord, j’irais au bureau et je pisserais sur la jambe de mon patron. Ça me coûterait une amende mais celle là j’aurais du plaisir à la payer.
- Bof, si tu veux, pas génial mais c’est ton pognon après tout, et après…?
- Eh bien, je ferais croire à ma mère qu’elle aurait quelque chose, mais elle m’a tellement empoisonné l’existence quand j’étais gosse, que je lui offrirai une bonne bouteille de vin avec un gros nœud! Rien d’autre. Elle va râler! Vengeance!
- Ouaaiis… mais…
- Après, mon enc… de frère, quand il sera au plus gentil et tout miel avec moi, je lui offrirai une paire de Nike avec un petit mot: va courir et refais toi une santé grâce à moi! C’est pas gentil ça? me dit il en tapant ses coudes dans mon ventre en se marrant.
- Euh…
- Ensuite, je virerai ma femme pour un top model … Puis j’irai faire le malin devant les copains en leur disant de persévérer dans l’achat de grilles de loto! Ça me fera marrer de les voir tirer la langue pour tous les sales coups qu’ils m’ont fait! Après j’achèterai la moralité de ma secrétaire juste pour voir combien elle coûtera avant de s’allonger!

J’en avais assez entendu… Je me suis tiré. Y a pas à dire mais si l’argent ça aide à supporter la misère, ça n’a pas d’incidence haussière sur l’intelligence… *;->)

29.07.2008

Gargamel

GargamelL

                                Oh là, je vous arrête tout de suite! Je vous sens venir: votre petit fils est le plus mignon de tous les adorable, il n’y en a jamais eu un plus beau, etc. Bref, toutes les preuves de votre mauvaise foi et de votre parfaite partialité. Parce que le plus tout ça, c’est le mien, point barre!

Quand on m’a annoncé sa naissance, j’ai chialé comme une madeleine. Oui, bon ça va, je sais que je suis con, mais c’est comme ça. M’énervez pas. Mon petit fils c’est comme une Montgolfière. Quand j’ y pense ça fait un gros coup de chaleur et je me sens monter... monter, encore plus fier.

Maintenant il a trois ans. Bien dans sa peau, volontaire, volontiers poète aussi, il a des talents et des faiblesses, normal, quoi. Parfois, je  l’emmène toucher le ciel près de l’aéroport. Ou bien je fais les courses avec lui et on ré-invente tout! On chasse les choux-fleurs, on parle aux pommes qui se cachent sous plastique, aux asperges menaçantes, on triomphe du saucisson de porc mort dans une terrible lutte... on attaque le rayon chocolat en faisant sauter les tablettes dans la charrette comme dans une corrida chocolat, on se recoiffe avec une brosse de trottoir, on se déguise avec les salades, bref, on s’en donne à coeur joie! Il hurle de rire et j’adore ça. Il n’y a rien de plus mignon que le rire énorme d’un enfant. L’autre jour, on avait quand même réussi à avoir toutes les rayonneuses du supermarché à la fois pour nous chercher une friandise que ma fille m’avait demandé de ramener et qu’on ne trouve que chez elle en France... Je me marrais. Un vrai dessin de Sempé, toutes ces bonnes femmes adorablement en train de sonder tous les rayons pour ma petite star! ;-))

Ce matin, ma femme et moi, on a vécu un merveilleux moment. Eh oui, cette petite merveille vit loin et nous ne la voyons qu’une fois par mois environ. Mais ce matin... ma femme ouvre un tiroir pour prendre des serviettes et... tombe nez à nez avec Gargamel. Vous connaissez Gargamel? C’est un vilain sorcier qui voulait faire une soupe de Schtroumpfs! Nous avons encore les maisons pleines de schtroumpfs de ma fille quand elle était gamine et Alexis joue avec!

Il a l’air déterminé Gargamel! Subitement, c’est comme si Alexis était entré dans la pièce. C’était son petit univers imaginaire qui lui avait fait cacher Gargamel au fond du tiroir... Son rêve qui reprenait vie ce matin.

Nous nous sommes regardés... On avait pas l’air con tiens avec nos coups de chaleur dans la Montgolfière... Presque les larmes au yeux devant ce micro-gargamel qui nous invectivait de son doigt levé. Nez à nez avec Alexis! C’est fou ce qu’ils peuvent laisser comme cratères dans les cœurs quand ils s’en vont, hein... Les vôtres aussi? Oui, mais vous, vous êtes tellement partiaux et subjectifs, vous...  *;->)

28.07.2008

Automatic save…

UndoL

 

                                En dehors du Dreft liquide et de l'iPod, c'est quoi pour vous les plus grandes inventions de tous les temps? La roue avant que les radars n'existent? Le téléphone avant qu'il soit portable? L'antibiotique avant le Sida? La télévision avant TF1 et RTL? Oui, tout ça c'est très bien, mais aucune de ces inventions n'a la classe d'une machine à vous téléporter ou à voyager dans le temps. Ça ce serait classe pour le génie humain! Plus que le flic à couper le beur à coups de crosse ou la gomme à mâcher anti-tabac! Je vous zesplic…

Dans la vie, dès que vous laissez tomber un verre, il est cassé et la colle n'y pourra pas grand chose. Défiguré, le verre. Vous tuez un administratif obtus qui l'a bien cherché et vous regrettez: trop tard. En taule!… Vous regrettez la cuite de la veille… Gueule de bois… Vous mentez à votre belle-mère? Impossible de revenir en arrière, il faut expier. Et des expiateurs qui ont fait le voyage à Jerusalem à plat ventre pour se faire pardonner, il y en a eu.  Parce l'Eglise avait inventé la confession, le regret et le pardon. C'est déjà ça, mais ça ne vous permet pas d'effacer le passé! Il reste dans votre casier  judiciaire que vous avez dans votre conscience! D'autres avaient inventé la gomme, mais la gomme ça laisse toujours une trace, surtout si vous avez un peu appuyé sur le crayon d'erreur!

Eh bien, figurez vous que la plus grande invention de tous les temps vous l'avez chez vous, dans votre ordinateur, même si vous l'avez acheté chez Carrefour. C'est la fonction Undo… Je vous zesplic.

Avec la touche undo, pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, nous pouvons revenir complètement sur nos erreurs! Undo et fini! Parti, pfouittt, oublié comme si ça n'avait jamais existé. Génial.  Vous avancez dans le temps mais vous pouvez toujours revenir en arrière. Ça me laisse toujours pantois. Extraordinaire. Et je me prends à rêver d'un monde où on pourrait boire comme quatre et bouffer de la fine cuisine jusqu'à s'en faire péter la panse et puis… undo! Oups! On a eu le plaisir mais sans les inconvénients. Vous fricotez grave avec votre belle soeur, vous prenez un pied pas possible et puis… zou, undo, hop, fini! Oublié. Mais vous avez eu le plaisir!  Vous piquez du pognon à la banque, vous partez en voyage, vous vivez le paradis et puis au retour, hop… fini! Undo. Vous vous mariez mais ça marche pas terrible… Clic! Undo! Et basta pour  les avocats, la mauvaise foi et le reste.  Undo! C'est pas génial, ça? Vous avez mangé du cassoulet et vos humeurs vous échappent en public… Hop! undo!… Les autres ont eu le plaisir et vous, pas la honte! Ou le contraire, c'est vous qui voyez.

Eh oui, la fonction Undo nous laisse mettre un pied dans cet au-delà où le temps des bêtises est réversible… Et c'est bon… Malheureusement nous ne sommes pas aussi évolués que les ordinateurs et nous vivons plutôt sous le régime de l'automatique save… en permanence… Pauvres de nous!
*;->)

27.07.2008

Comptable démiurge

Comptable-démiurgeL

                                Imaginez que vous soyez né comptable. Ne riez pas, c'est arrivé à plus d'un*. Mais alors que certains en ont fait un métier honnête, d'autres ont su en faire un réel tremplin vers la puissance divine. Généralement petits et étriqués, ces gens là ont trouvé dans l'artisanat comptable, une jouissance de la construction d'empires à coups d'achats et vente d'hôtels rue de Rivoli sur les cases du Monopoly. Le respect qu'on leur portait croissait parallèlement à leur surface financière alors que la considération pour eux augmentait en proportion inverse de leur moralité. Vous suivez?

Un jour, riches, puissants et épurés de toute forme de scrupule, ils ont eu besoin de légitimer leur grandeur et de la sublimer en quelque sorte. Lui donner un nouveau statut qui ne serait plus ni matériel comme les actifs de leur banque, ni virtuel comme leur respectabilité mais carrément spirituel. C'est l'Art qui allait leur offrir cet ascenseur canonisant.

Nos comptables qui avaient frayé avec les ministres saumon-rose, se mirent à faire semblant de comprendre le sens caché de pitreries inqualifiables et portèrent ainsi leur aura loin au-dessus de leurs contemporains et mortels. Vous avez noté? Les autres en devenaient mortels… Et, après tout, si des gens aussi réalistes et objectifs que des financiers de premier plan dépensaient des fortunes à acheter des bêtises multicolores, vulgaires, sales, voire scatologiques, c'était bien qu'il y avait quelque chose à comprendre que nous n'avions pas compris! La même chose qui avait fait que nous, nous n'étions pas riches et banquiers, sans doute…

Et voilà la légitimation en train. Parce que si tout comptable honnête veille à ce que les chiffres obéissent à la rigueur mathématique, tout comptable riche exploite les failles du système et la subjectivité des désirs, loin de la rigueur des chiffres. Retour à la subjectivité et entrée de plain pied dans le blanchiment de la moralité argentée sur poivre et sel.

Quel bonheur dès lors de se promener dans une exposition la veille de son ouverture, marchant sur l'eau et propulsant la valeur des œuvres par un simple mouvement de lecture de leurs titres ou auteurs… Etre le Créateur des Valeurs, le Grand Comptable de la Beauté, celui qui étend le pouvoir de son argent à la reconnaissance du Beau Artistique. Donner vie aux œuvres, aux artistes, pérenniser les Créateurs ou les jeter dans les ténèbres de l'Histoire de l'Art.

Le pouvoir d'acheter, d'ordonner au Temps, à la Valeur, au Beau, faire et défaire les Artistes… le comptable marche sur l'eau… preuve de sa valeur divine… tant qu'il n'ouvre pas la bouche pour tenter de qualifier l'inqualifiable.  *;->)

 

*J'attends vos commentaires… Pourtant vous savez que je suis un être mauvais!

26.07.2008

La confiance règne…

Confiance-règneH

 

                Je vous ai pas fait venir pour vous dire que j’adore les champignons... Pourtant je les adore. Le mot n’est pas trop fort. Ma femme c’est pire. Elle est partageuse et pas égoïste pour un sou. Mais... devant une assiette de cèpes elle est capable de vous mordre si vous faites mine de lui prendre sa gamelle... Et tout ça me fait penser à une autre histoire de mes frères. Je vous esplic.

Mon deuxième frère qui vit comme un Espagnol, et ça tombe bien vu qu’il vit en Espagne, avait été suivre des cours pour apprendre à choisir les champignons sans risquer d’envoyer toute la famille dans un monde meilleur.

Un jour, rentrant du boulot, il tombe sur un terrain vague bourré de délicieux champignons qui poussaient au nez et à la barbe des citadins plus habitués à les acheter en barquettes bleues que de les cueillir dans les champs. Il te me nous fait une razzia de deux grands sacs de chez Delhaize et nourrit sa famille morte de peur sous la contrainte de son nouveau savoir.

Le lendemain, toujours vivant, il décide de repasser par le champ. Et re-bingo, les champignons avaient repoussé dis donc! Il te refait une razzia mais cette fois-ci, il avait emporté plus de sacs et le soir, gentil, il passe chez ses frères pour distribuer des champignons. Ma femme et moi très heureux! On se régale avec une merveilleuse omelette.

Puis, il s’en va chez mon frère intellectuel, qui accepte les champignons avec un rien de suspicion, se laisse convaincre après avoir demandé cinq fois s’il était certain qu’il n’y avait pas de risque.

Mon  frère pas encore espagnol à l’époque, me raconte ça hilare en me disant «tu n’as pas idée! Il ne me fait pas confiance! C’est fou, j’ai du insister! Je crois qu’il se méfierait si je lui apportais des fraises, celui-là! Attends, je vais l’avoir» ... et le lendemain, il téléphone à mon frère intellectuel pour lui faire une farce:

- Dis, tu as déjà mangé les champignons?
- Non, dit mon frère intellectuel fonctionnaire... pourquoi?
- Ouf, je suis rassuré, mais écoute, c’est parce que je me suis trompé et ceux que je t’ai apportés sont dangereux en fait!

Et là, mon frère intellectuel fonctionnaire abonné au gaz:
- Non, mais ne t’en fais pas, je n’avais pas confiance et je les ai jetés!

Vous imaginez sans peine l’arroseur arrosé pas encore Espagnol à l’époque, par sa blague!...  Il poussait des cris de putois!  *:->)

25.07.2008

Ma fête de la musique à moi...

Ma-fête-de-la-musiqueL

 

                Je n’aime pas écouter la musique avec mes lunettes. Elles mettent une vitre entre le fruit des sons et moi. Alors, je les descends un peu sur le nez, mais là, c’est le flou qui perturbe la présence. Il m’arrive de fermer les yeux mais... la réalité vient à manquer de quelque chose.
J’écoute plus la musique et j’essaie d’oublier mon âge pour quelques minutes précieuses en dehors du temps. J’aime Duke Ellington, mais j’aime presque toutes les musiques. Sa musique à lui est d’abord un vaste espace dans lequel je peux me mouvoir qui se déplace autour de moi. Puis, c’est un univers de couleurs et de timbres. Et enfin c’est une musique qui se réinvente à chaque instant avec la puissance d’un homme qui était manager, compositeur, créateur et pianiste fulgurant. Il joue du piano comme personne. Sous sa force, le piano devient un instrument graphique qui impose des traits d’architecte pour donner des signaux à son orchestre ou des mains plaquées comme les grosses brosses du peintre.

La fantaisie, la surprise, les élasticités, les lumières et couleurs, tout me surprend et tout me promène dans l’imaginaire. Ce sont des tableaux de Delacroix ou de Picasso. On en sort rajeuni, irrigué et  comme ressuscité. Mais Dieu que l’oxygène des grands espaces est capiteux. Tout cela pétille de vie. Faites cet essai: coupez le son de la télé quand passe un ensemble qui joue Bach (et j’adore la musique classique, baroque, et Bach évidemment). Vous verrez les musiciens agités à l’unisson de gestes saccadés. Faites la même chose avec un orchestre de jazz et voyez cette décontraction, cette entente démocratique dans laquelle chacun peut s’exprimer. C’est notre monde, notre époque. Celle dans laquelle on se sent bien. C’est nous, quoi.

Après Duke, pour revenir sur terre, je mets quelques pièces de Joe Pass à la guitare sèche ou quelque chant de Bach pour passer de la chaleur du soleil aux ombres de l’été...
Eteindre ces musiques, c’est sortir du soleil, c’est rentrer entre les murs de la maison, retourner à la vaisselle qui n’est pas encore faite.

Mais c’est aussi comme sortir d’une piscine.
On garde le frais sur soi et en soi pendant un long moment. Et puis, les pensées prennent le relais et convertissent ces moments de transport en nouvelles forces pour vivre à nouveau dans la réalité...
C’est quand même autre chose que d’institutionnaliser le tapage nocturne...  si je peux me permettre... 
  *;->)

18:00 Écrit par Amadeus dans Art | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fete de la musique, musique |  Facebook |

24.07.2008

Service après vente…

Service-suisseL

 

                    Tout ce qui rentre fait ventre disait-on dans les provinces françaises… Oui, mais quand les vendeurs de voitures se sont empiffrés de votre commande, adios! Faut que je vous raconte l'histoire de mon ami suisse.

D'abord, il est Suisse! Ça veut dire qu'il a une conception de la fiabilité et du service après vente qui s'apparentent aux vœux de chasteté et de dévotion au client proches de ceux d'un Trappiste. Pour tenter de vous éclairer sur la conception suisse du service après vente, imaginez-vous qu'une grande marque avait proposé une promotion identique à tous les pays d'Europe: un verre avec une bougie à faire flotter dedans pour Noël à l'achat de trois minicassettes. Tous les Européens qui ont acheté ça ont fait flotter la bougie pour Noël et puis basta, ils ont utilisé le verre pour boire. Sauf les Suisses qui ont demandé de nouvelles bougies l'année suivante! Eh oui… service après vente!

Mon ami suisse, lui, avait deux VW depuis toujours. Bien que célibataire il ne peut s'imaginer être en panne pour servir ses clients. Donc, deux VW. Il les remplaçait l'une et puis l'autre au fil des années. Un jour, mécontent du service, il a menacé le réceptionniste: "si ça continue, je vais changer de marque!". La fois suivante il insistait: "vous ne me croyez pas, parce que j'ai toujours acheté mes voitures chez VW, mais vous allez voir, je finirai par changer de marque. Puis… "je n'ai aucune crédibilité quand je vous dis que je vais changer de marque parce que j'ai toujours acheté des VW, mais vous allez voir"! Eh bien on a vu ce qu'on allait voir. Je vous zesplic.

Par un beau matin, le voilà qui se pointe chez VW et son réceptionniste favori, dans la file des clients: "bonjour, je viens pour entretenir ma voiture, premier entretien". Le réceptionniste prend note du nom et demande la clé. C'est là que ça devient drôle…

Le réceptionniste: "mais c'est une clé de Mazda que vous me donnez!". Et là, mon ami fait un bond en l'air et hurle: "ah, je vous avais prévenu! Vous ne m'avez jamais cru, vous vous foutiez de ma g… en ne faisant pas les entretiens demandés, eh bien vous avez eu tort! La voilà ma nouvelle voiture! Et c'est plus une VW! Je vous avais prévenu!"

Là-dessus, il a repris sa clé et s'en est allé satisfait! La vengeance est un plat qui le démangeait froid depuis un moment! Le réceptionniste en a toujours les yeux ronds. Les clients de la file aussi, d'ailleurs…  *;->)

23.07.2008

Connu pour être célèbre…

Connu-célèbreL

 

                                    Pour faire une carrière cinématographique, il suffit de prendre un sujet bien crade et de le traiter avec du sexe et de la violence. Le martyr d’une enfant victime d’un pédophile. Il suffit de montrer tout dans le détail avec des scènes d’horreur insoutenables, puis de prétendre que c’est l’expression de votre dégoût et que c’est par devoir de mémoire que vous avez créé ce film afin que seul l’amour recouvre désormais les enfants, et hop! le tour est joué. Vous êtes un grand cinéaste! Cannes s’ouvre à vous.

Pour devenir célèbre il faut arriver à passer deux fois à la télévision. A partir de ce moment là vous pouvez prétendre à passer une troisième fois et là... hop, on ne sait plus pourquoi mais on vous invite sur tous les plateaux! Connu pour être célèbre! Comme Paris Hilton. Bon, vous n’êtes pas encore une star, parce que cela nécessite un moignon de talent mais vous êtes déjà un pipole. Arrangez vous pour b… dans une piscine et vous êtes devenu une star! Pensez à trouver un nom qui vient d’ailleurs. Loana par au hasard…

Pour réussir en politique, prenez un sujet dont personne ne veut: la zoophilie, par exemple, et luttez contre les préjugés bourgeois qui consistent à condamner cette pratique. Parlez de la souffrance de ces gens qui doivent cacher leur amour pour un chien ou un mouton et ce qui va avec... Faites vous le chantre de la liberté, de l’amour et de la misère morale dans laquelle la société plonge les zoophiles. Changez le nom de la zoophilie en Frolicamour, par exemple. Ou katpattamour. Ou Totalamoureux, référence à la fidélité absolue de l’animal. Ou Fidamour... Cherchez un peu. Puis, pour mieux faire passer ce premier stade ne tardez pas à parler de possibilités de mariage et d’adoption. Je vais trop loin? Pas du tout, l’Histoire vous aidera avec la référence à Mowgli, si bien élevé par une louve. Sans parler de celle de Rome, de Romulus et Remus qui ont fondé Rome après tout...

Pour faire partie du Gotha, et avoir l’air d’un intellectuel qui a terminé ses recherches, son évolution et son œuvre au pont qu’elle a eu raison de ses cheveux, se raser le crâne. Conserver néanmoins une boucle d’oreille afin qu’on vous prenne pour un athlète intellectuel rebelle de haut niveau complet qui a gagné la coupe du monde.

Et puis ne vous en faites pas. Une jeune chanteuse que l’on interviewait a déclaré que si elle ne réussissait pas en tant que chanteuse elle ferait auteur-compositeur... Et puis si ça marche pas elle fera Bush ou prix Nobel sans doute? A moins qu’une grande carrière d’éboueuse ne la ramène à la réalité... *;->(

18:00 Écrit par Amadeus dans Con | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : star, pipole, celebrite, trash |  Facebook |

22.07.2008

Avions

AvionsL

 

                        Il m’est arrivé de survoler le monde. Je me suis étonné comme un enfant de voir au décollage de tel Boeing 747 qui passait au-dessus de la côte que cette petite jetée canadienne sur la mer fut si stable... que la mer jamais ne la dépassat seulement de quelques centimètres. Harmonie entre océan et humains.

J’ai vu les montagnes ou l’Ecosse sous les brumes au petit matin en parlant avec un physicien indien, le Groenland sous les neiges, le Labrador, ou New York, la ville, les rues, j’ai vu le nouveau Mexique, les couleurs de l’Afrique, la pointe des pôles... le Gange tortueux ou le Nil si africain, j’ai vu ces ciels bleu nuit, ces couchers de soleil un jus d’orange à la main. J’ai aimé ces ronronnements si fluides et constants des réacteurs, j’ai été fier en montant dans le premier Airbus, j’ai souri aux hôtesses ou à ce commandant de bord qui me décrivait, un café à la main, ce cumulus de 60 mille nautiques. J’ai adoré que mon commandant de bord soit une femme de l’âge de ma fille, j’ai tant aimé m’envoler de Bruxelles et prendre un petit déjeuner au-dessus du Montblanc.

Mais j’ai aussi été ému de voler en planeur, de vibrer dans les courants d’air sur les Pyrénées, adoré être lâché pour la première fois au-dessus du ciel avec mon premier planeur. J’ai été ému aux larmes quand les ailes pliaient et que le vent soufflait. J’ai adoré ces moteurs bruyants, facétieux, je repensais à St Ex et à ses rêves, j’ai repensé à tous ces hommes et ces femmes, parce que des femmes il y en eut dans l’aviation, je reste ému en regardant un avion décoller. J’ai emmené mon petit fils il y a quelques jours voir les avions atterrir. J’ai été si heureux qu’il veuille se rapprocher, toucher les avions, nous avons partagé ce rêve. Il était sur mes épaules pour être plus près du ciel. Là où ça ‘ciel’ tellement la mer que l’on se sent s’élever...

On ne parle pas d’avion comme d’un objet. Ce n’est pas un bateau dont les Anglais eux mêmes disent ‘She’. Non, on parle d’un avion comme d’une grâce, comme d’une fusion entre ciel, rêve et matérialité. Là où tous les mouvements deviennent doux et lents, une grâce absolue. Quel que soit l’avion. On ne l’aime pas pour sa tôle mais pour son immatérialité, pour son aptitude à réaliser les rêves.

Pour moi, un avion sera toujours ça. Toujours ce médium entre monde et imaginaire. Instrument de passion, stradivarius du rêve. Le plaisir de la vague sans son poids. On le caresse, on lui associe le cuir, la complicité, on vit ensemble le même sentiment de fragilité devant l’Univers et la même compassion devant les souffrances. Merci aux humains du passé de l’avoir inventé, de l’avoir fait et tant qu’à mourir, je souhaite que ce soit en avion au-dessus de la cordillère des Andes...

18:00 Écrit par Amadeus dans Cœur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : avion, emotion, voler |  Facebook |

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