12/08/2008

Trucages, piano et second degré

Trucages-et-pianoL

 

                            Quand j'avais sept ou huit ans, mon père m'emmena voir un film affreux plein d'attaques d'horribles sauvages indiens qui avaient même pas de fusil sur un train de bons cow-boys qui avaient déjà ce qui allait devenir le canon de beauté des Américains: Oui, les mêmes mais sans la beauté.
Mon jeune frère, lui, avait adoré le film. Eh oui, je n'avais pas su faire la différence entre la fiction et la réalité. J'étais malade à l'idée qu'on allait encore se tuer dans la séquence suivante. Depuis lors j'ai appris que les Indiens étaient payés et que leur sang était de la confiture. Du coup, j'arrive plus à m'émouvoir pour le film: je m'amuse à repérer les trucages. Eh oui, pas de juste milieu avec moi…

Pour ma femme c'est le contraire. Elle vit avec un poste de radio dans presque toutes les pièces de la maison. Chambre, cuisine, salle de bain, bureau, et elle en emmène un à la cave si "nécessaire". Oui mais voilà, quand on annonce qu'un enfant est mort de déshydratation dans une voiture au soleil, ma femme vit ça comme un génocide qui ne va pas tarder à l'emporter dans la foulée. Elle saute hors de la pièce et ne veut rien entendre. Je suis supposé la rappeler quand l'info est terminée. J'en profite pour changer de poste…  Quand ma femme m'ennuie avec ses critiques et commentaires divers destinés à me prouver que je suis une nullité de mâle, je lâche: tiens, t'as entendu? Il y a deux enfants qui sont morts pendus par leur père qui s'est suicidé en plus! Elle n'est plus là…! Elle vient de sauter par la première ouverture disponible. Un jour je vais faire ça plus près de la fenêtre, tiens. Juste pour voir.

Mais le sommet a été chronométré chez une madame Lakanne de mes connaissances. Figurez-vous que cette brave femme était incapable de regarder un film de Laurel et Hardy. Vous savez comment ça va, subitement ils vous emmènent un piano dans la benne du petit camion, au premier virage le piano verse dans le ravin et est complètement déglingué. Eh bien ça la faisait pleurer Madame Lakanne. Pensez, un si beau piano détruit comme ça. On avait beau lui expliquer que c'était du cinéma, elle rétorquait que pour le film on avait bien dû sacrifier un piano, point! Que ça ne changeait rien à la destruction du piano! Oui… pas faux… mais bon… Il était temps qu'on invente les images virtuelles pour celle-là! Quant à moi, je cherche les trucages jusque dans le journal du 20 heures. Quand je vois la belle Ségoreine, l'affreux Leterme, le trisomique Laurent, le croyant Bush ou le napalmant Poutine, j'arrive pas à croire qu'il n'y a pas un trucage, je me pince pour me réveiller…

Bon, là-dessus, je grelotte de soif avec ce temps d'été et m'en vais boire un canon. *;->)

23:01 Écrit par Amadeus dans Drôle de vie | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

lakanne ? vraiment ? pour les amateurs de trucages, il y a Lacan.

Écrit par : Mishima | 12/08/2008

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