28/09/2008

Blonde Christiane

Monique-ChristianeL

 

                                Christiane était une fille plutôt intelligente, plutôt jolie, plutôt féministe, plutôt ingénieur et tout à fait glaciale. Si vous cherchez un exemple emblématique des seins de glace, Christiane était un cas d'école. Ni charme ni chaleur humaine. Elle ne parlait pas, elle grinçait entre ses dents. Sa coiffure Elnett Satin était parfaitement arrangée comme une perruque de cheveux artificiels. Ses yeux bleus clairs ronds glaciaux n'exprimaient rien et elle avançait mécaniquement, comme une poule en plastique à ressort que les enfants remontent à Pâques et qui tombe de la table.

J'évitais soigneusement cette femme qui travaillait dans la même entreprise que moi. J'avais un statut supérieur à elle mais elle était ma cliente en interne ce qui créait des relations bizarres. J'étais donc obligé de la rencontrer mais j'envoyais une collègue très gaie de caractère en première ligne et, ma foi, elles s'entendaient plutôt bien, ce qui m'arrangeait tout à fait.

Christiane s'est mariée avec un gars normal mais la sensualité en acier suédois de sa femme eut raison de ses attentes et le type s'en alla avec le chien dont il eut la garde dans le divorce.

Un jour, arrivé de bonne heure, je fus happé dans le bureau d'une collègue qui était accompagnée de Paul, un gars sympa, profil bas et intelligent. Paul travaillait  dans le département de Christiane. "Alors, me dit-on, il faut féliciter Paul, il est papa pour la première fois, depuis ce matin!" Je venais moi-même d'être père et j'étais sincèrement heureux pour lui, le pressant de questions: le poids, garçon ou fille, si tout s'était bien passé, etc. quand Christiane entra dans le bureau. En choeur, nous lui avons annoncé la grande nouvelle: Paul est papa, félicitez le, Christiane!
La réponse grinça entre les dents parfaitement blanches de la dame de glace: Le féliciter? Pourquoi? N'importe quel imbécile sait faire ça!

Notez, c'était pas faux… mais même un imbécile n'eut pas  proféré cette réponse à un homme aux yeux épanouis d'émotion…
Pourtant, Christiane si glaciale, s'imposait son comportement contre-nature. Des résurgences de sa sensualité brimée apparaissaient de façon inattendue. Elle ne voulait pas d'enfants mais chaque fois qu'elle voyait un chien avec beaucoup de poils, elle ne pouvait s'empêcher de le serrer très fort contre elle et d'y pousser son nez dans le pelage… Eperdument. Chassez la nature…

Christiane développa une maladie foudroyante à force d'être crispée et disparut en quelques jours, fin de sa trentaine. N'importe quel amour de soi aurait sans doute pu la sauver…  *;->(


18:51 Écrit par Amadeus dans Drôle de monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : transgression, societe |  Facebook |

Commentaires

A ce ryhtme n'importe quelle imbécile peut-être mère. Il suffit d'ouvrir les cuisses au bon moment.

Écrit par : Mishima | 30/09/2008

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