19.12.2008

Amours de comètes…

Amours-de-comètesL

 

                Tous les dix ans, je croise une femme au moment le plus inattendu. C'est la femme de ma vie.  Ça, nous le savons elle et moi, c'est trop évident, criant même tant ça nous laisse sans voix. Elle est plutôt blonde, des yeux intelligents avec un voile de sagesse et délicatesse qui atteint toute l'expression du visage. Elle est habillée avec de jolies choses assez sobres et pas du tout empruntées. Elle est à l'aise. C'est quelqu'un de chaleureux. A un ou deux détails près nous avons une vie à vivre devant nous. Les détails c'est que nous ne nous connaissons pas et que tous les dix ans, elle est différente… et la même…

Comment savons-nous alors que nous sommes tout l'un pour l'autre et que nous avons une vie à vivre devant nous? Ça c'est assez simple. On est dans une rue animée, on ignore tout de l'emploi du temps de l'autre et subitement… on se remarque tous les deux dans la foule, nos regards se croisent droit dans les yeux avec un étonnement soudain… et se détournent pudiquement. Puis ils se recherchent à nouveau et se re-séparent par délicatesse. Jusqu'à trois fois comme ça… Une attirance magnétique partagée. Malheureusement, le mode d'emploi de notre éducation ne mentionne rien à ce paragraphe… c'est pourquoi cette rencontre si chargée d'émotion passe comme une comète avec une queue de regrets dans le ciel de ne pas avoir fait un pas l'un vers l'autre. Nous courrons toujours…

Alors j'ai décidé que j'allais remplir la case vide du mode d'emploi de la vie. Je me suis dit que la prochaine fois, j'aurais le culot d'aller vers elle et de lui dire que sans vouloir l'importuner nous devions une explication à nos regards, ces reflets de l'âme qui ont parlé pour nous! Je voudrais savoir… Je m'étais donc préparé. Depuis longtemps. Et j'y pense souvent depuis dix ans. Ah, oui, dix ans…

Parce que je l'ai revue hier, en rue, entre deux emplettes de Noël. Ces regards qui se croisent, s'éloignent, se recherchent, s'absentent dans les limbes, mais je n'ai pas eu la présence d'esprit d'actionner le mode audace que j'avais élaboré… J'étais trop extasié, comme tétanisé dans cet instant lumière. La comète s'en est allée aux confins du système solaire avant de revenir briller dans mon ciel avec une jolie trace lumineuse qui restera dans mes nuits prochaines… Sans doute suis-je un trop médiocre roi mage pour suivre la voie des comètes…  *;->)

Commentaires

Sardou ben oui, y a pas que la philosophie ou la philologie
il y a aussi des chanteurs qui mettent dans le mille.

Je n' me suis jamais trouvé beau
C'est un complexe qui n' s'en va pas
Alors je m'en sors par un mot
Quelque fois drôle quelque fois pas
Pourtant je sais ma préférence
Je connais celle qu'il me fallait
Mais je n'ai pas tenté ma chance
Rien dit de ce qu'elle attendait

Ce soir-là tu étais très blonde
Un feutre noir un manteau long
On s'est entrevus une seconde
Tu dînais avec un garçon
Dans cette seconde tu m'as souri
Je t'ai trouvée belle à mourir
Mais nous n'avons rien pu nous dire
Peut-être ai-je d'ailleurs mal compris
C'était un restaurant d'hôtel
Les tables éclairées aux chandelles
Tu étais à dix pas de moi

Mais c'est dans tout c'que je n'dis pas
Que tu te reconnaîtras
Que tu te reconnaîtras
Et c'est dans tout c'que je n'ose pas
Que tu te reconnaîtras
Que tu te reconnaîtras

J'ai quitté la salle en premier
Je sais que tu m'as vu partir
J'aurais aimé me retourner
Mais qu'aurais-je trouvé à te dire
J'ai vu que l'homme prenait ta main
Je l'ai haï du fond du coeur
J'ai bien compris qu'il n'était rien
Sinon ton accompagnateur
C'était un restaurant de nuit
Les tables éclairées aux bougies
Tu étais à dix pas de moi

Mais c'est dans tout c'que je n'dis pas
Que tu te reconnaîtras
Que tu te reconnaîtras
Et c'est dans tout c'que je n'ose pas
Que tu te reconnaîtras
Que tu te reconnaîtras

Ce soir-là tu étais très blonde
Un feutre noir un manteau long
On s'est entrevus une seconde
Tu dînais avec un garçon
Dans cette seconde tu m'as souri
Je t'ai trouvée belle à mourir
Peut-être aurais-je pour te le dire
Un prochain soir dans cette vie

Mais c'est dans tout c'que je n'dis pas
Que tu te reconnaîtras
Que tu te reconnaîtras
Et c'est dans tout c'que je n'ose pas
Que tu te reconnaîtras
Que tu te reconnaîtras

Écrit par : Mishima | 19.12.2008

Oui… …voilà! cela dit, le Vatican est fâché sur TF1 parce qu'ils ont décidé de remplacer la rediffusion de la messe de minuit cette année par… un concert de Sardou!…
Il en rate pas une Rat Singer! ;-)

Écrit par : Amadeus | 20.12.2008

cette description me fait penser à quelqu'un suis-je surprise de lire cela ou de comprendre ceci ?
A toi de me dire si j'ai tors ou raison Amadeus.

La vie a parfois des tournants surprenants. Il faut les amorcer correctement.

Écrit par : Mélusine | 17.04.2010

Bonsoir Merci de ton passage sur mon Blog Amadeus.
J'aime la poésie, l'humour même au second degré !
Je suis un amoureux de la lumière et c'est pourquoi je suis tombé sur ta comète !
Bravo, original et superbe
@+Jacques

Écrit par : Jacques et Chantal | 22.04.2010

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