09/01/2009

Colère… stérol!

ColèreStérolL

 

                            Pouvez-vous m'aider? Je suis perplexifié, là. Je vous zesplic. On vous a dit que la route était la plus dangereuse des causes de mortalité, vous l'avez cru, vous avez voté comme un seul homme pour tous les partis qui vous radarent le long des routes et vous semblez heureux pour la plupart… Affaire réglée?

Ben non… D'abord parce que l'efficacité des radars est faible en gain de vies humaines si on la compare avec ce qui avait été fait avant (passer de 18.000 tués à 6000 en 18 ans, et cela avec des méthodes "douces" et presque sans radars). Ensuite parce que les radars servent surtout à vous faire les poches. Mais ce n'est pas tout. Le plus grave arrive…

On nous explique qu'il faut respecter la vie privée et la Commission Informatique et Libertés est supposée vous protéger contre les abus. Or, les radars abusent! Mais c'est pas le plus grave comme je vous disais…

Sachant que le cholestérol tue entre sept et huit fois plus que la route, dès que des informaticiens électroniciens auront inventé un bidule qui se placera sur votre pouls dans votre montre, on va pouvoir contrôler votre alimentation. On vous expliquera alors que pour votre sécurité, on surveille votre consommation de viande et autres graisses agréables. On vous indiquera le montant à ne pas dépasser. Si vous insistez… eh bien vous aurez des contraventions, voire la perte de points de sécurité sociale… A la fin du mois, on vous enverra votre contravention avec un bordereau de paiement. En plus, on vous culpabilisera parce que vous serez montré du doigt pour avoir été irresponsable: en avalant des bonnes choses votre coût médical augmente et vous contribuez au déficit de la sécurité sociale.

Notez, en attendant que cela arrive, on pourrait déjà charger la viande et le beurre en taxes lourdes comme les paquets de cigarettes et indiquer sur l'emballage: "bouffer de la viande tue"! Après, vous aurez des des radars dans votre escalier, l'interdiction des barbecue, etc.

Vous croyez que j'exagère? Libre à vous… Mais en continuant d'accepter n'importe quoi sans se révolter, en continuant à accpeter les arguments sécuritaires et en continuant à voter pour des partis qui TOUS, pratiquent les mêmes exactions vous vous passez la corde au cou… Ce sont non seulement nos libertés qui disparaissent mais aussi vos choix de vie.

Commentaires

En plus, si comme moi, on mastique peu et avale vite... ...bonjour l'excès de vitesse!
J'ai remarqué que ces jours-ci, tu te demandes quand on va enfin se révolter.
Un autre e-ami pose cette question plusieurs fois par semaine sur son blog.
Puis-je te le présenter?
Il s'appelle Karl et son blog crèche du côté du boulevard Mettewie...
Vas-y de ma part, tu seras bien servi...
;-)
Go: http://duralex.skynetblogs.be/

Écrit par : Tony | 09/01/2009

Quel humour ! C'est cocasse, désopilant... Un vrai sketch... Bravo !

Écrit par : CCRIDER | 09/01/2009

Liberté... radar.. cholestérol ? s'il n'y avait que ça. Y a bien d'autres choses plus traumatisantes. 30 ans de "carrière" m'ont appris à fermer ma g...et mettre ma "liberté" de coté sinon.. sanction ! L'Entreprise est encore un lieu de non-liberté (évidemment j'ai principalement connu le monde bancaire, c'est là qu'il y a le plus de cons au m2). Alors tu sais les radars.. oui je partage ton point de vue mais c'est négligeable par rapport avec d'autres privations. Combien d'exemples de privation de liberté bien plus contraignants. Et encore, dans nos pays.. on est "co bé mi" (en borain dans le texte). Pour moi, la plus grande privation est de ne pas pouvoir sex-primer , j'ai horreur des abus d'autorité ... qui sont plus fréquents qu'on ne le croit.
Quant aux choix de vie..là qui l'a vraiment ?, t'en connais beaucoup qui a 15 ans avait un rêve et l'ont réalisé ? Je ne parle même pas des gens qui vivent dans des pays de "sauvages" et qui ont juste le droit de mourir dans leur coin.
Je suis avec toi car je sens que tu "souffres" et tu as raison quand même, perso ce genre de choses m'atteint moins...

Écrit par : Pierre | 10/01/2009

Ça existe déjà! Mais ce n'est encore qu'une initiative privée.

Je t'esplic : un médecin a raconté à mon épouse qu'il avait refusé d'inscrire un de ses clients (je sais : ils préfèrent dire "patients"; ça fait moins épicier) sur la liste des greffables du foie.

Raison : comme le candidat porte-greffe confondait whisky et petit lait, il était atteint d'une cirrhose de derrière les fagots.

Quand cela s'est-il passé? Il y a une dizaine d'années déjà.

Questions :

- appartient-il à un médecin de décider qui est digne de soins, et qui ne l'est pas?

- Une telle attitude est-elle compatible avec sa fonction, pour ne rien dire du trop fameux serment d'Hyppocrite ;o) ?

- Un médecin a-t-il le droit de condamner à mort quelqu'un qu'une greffe tiendrait en vie?

- Le malade - qui était alcoolique, indubitablement - travaillait et avait toujours payé sa mutuelle obligatoire. N'était-ce pas le VOLER que de lui refuser des soins qu'il avait été obligé de payer par avance?

Ce que tu crains ne m'étonne donc pas.

Écrit par : l'as | 10/01/2009

A Pierre Bien sur, n'y aurait il que le radar en soi. Mais ce que j'explique c'est qu'en acceptant ça on accepte un principe fondateur de privation des droits. Donc, tu peux ne pas te sentir écrasé par les radars. Mais c'est ne pas voir que c'est la porte ouverte à la préemption par les Etats de nos vies, choix de vie et libertés.
Pourquoi ne peut-on pas ficher les gens? Ça peut servir pourtant. Et nous qui n'avons rien à nous reprocher, pourquoi le refuserait-on? Ben tout simplement parce que c'est une porte ouverte vers d'autres abus.
Ta remarque est exactement ce que je fustige chez mes contemporains. On se laisse égorger par petits pas progressifs du couteau qui tranche doucement… en disant "mais c'est pas grave, il y a plus mal ailleurs… et c'est pas parce qu'on me le fait qu'on le fera à mes enfants".
Tu es prêt pour tout perdre, Pierre… ;-)

Écrit par : Amadeus | 10/01/2009

Réponse au commentaire de l'As. Les transplanteurs inscrivent à contrecœur les ivrognes pour éviter de tuer 2 personnes au lieu d'une seule: le "père de famille" qui ferait un bon usage du greffon et l'ivrogne qui ne respecterait pas les conseils vitaux à la survie après la greffe.
Donc 2 morts à l'arrivée au lieu d'un seul...

Écrit par : Tony | 10/01/2009

A l'As… Mon dentiste: ah mais le stomato aurait probablement refusé de vous mettre cet implant si vous aviez encore fumé…
En Angleterre des chirurgiens ont refusé d'opérer un homme du poumon parce qu'il fumait…
Et tu connais la médiconomie? Il s'agit notamment de dire que l'on peut dépenser des soins jusqu'à 25.000 euros environ par année de vie gagnée dans un confort raisonnable. Normal quelque part… sinon on s'arrête où? On met la barre à un milliard d'euros et on tire au sort ou en endette encore plus le pays?
Ce que je fustige c'est l'idée de te priver de libertés au prétexte du cout social. Exemple:
si je veux pas porter ma ceinture de sécurité je peux faire de mal à personne.
Ah mon cher, si vous vous blessez, vous avec un coût social. On ne vous protégeant pas vous risquer de peser sur la cagnotte nationale et c'est ça qui va pas.
En disant ça, on installe subrepticement une société asiatique chez nous: l'individu compte moins que le groupe social. Or nous appartenons à une culture occidentale dans laquelle l'individu est unique, où chaque individu méritait l'attention du dieu, où la convergence des idées à créé la démocratie dans laquelle chaque individu peut s'exprimer. En Asie, chez les peuples du riz (la culture du riz est collective alors que celle du pain individuelle et familiale) l'individu ne compte pas. C'est le groupe… Eh bien nous y allons tout droit avec le critère du coût social. Et c'est pour ça que je suis formel: on nous mettra des bracelets un jour. Clair et net! Reynders déclarait à la télé, il y a une dizaine d'années lorsque les Flamands commençaient à truffer leur plat pays de radars: "nous, latins, ne sommes pas comme ça, nous n'avons pas cette culture de la surveillance, comme ça à tout moment… et nous n'allons pas multiplier les radars… etc". Quand il a découvert les bénéfices il a retourné sa veste!
Les arguments sécuritaires et de coût social auront notre peau. On trouve un sujet (écologie, route, etc), on en monte les menaces en épingle, on se présente comme le sauveur et on légifère pour taxer. A partir de là il faut surveiller que la loi soit bien observée et on sanctionne au gros prix. Et si on peut culpabiliser en plus avce l'idée du coût social…
Bush n'a pas fait autrement en effrayant les Américains avec le 11 septembre pour les "sauver" en attaquant l'Irak dont on sait bien qu'elle n'y était pour rien! Mais tout ça permettait de menacer ces pays, de prendre du pétrole et de donner des commandes au complexe militaro industriel. C'est pas une godasse qu'il méritait mais bien plus…
On est mal barés mon vieux…

Écrit par : Amadeus | 10/01/2009

Tony, qu'est-ce qui prouve que le foie conviendra aussi bien au père de famille qu'à l'alcoolo? (phénomène de rejet)
Quel critère moral permet au médecin de condamner l'un à mort?
Quel critère d'efficacité objective lui permet-il de trancher? (évolution de l'un et de l'autre dans le temps; "valeurs" comparées de l'un et de l'autre, etc.)
Cette situation de choix entre une personne "vertueuse" et une autre correspond-elle à la réalité, ou n'est-ce qu'une invention destinée à justifier après coup?
Le vol des économies obligatoires auprès des mutuelles est-il justifiable?
Qui est le médecin pour juger qu'un individu est plus estimable qu'un autre?

Écrit par : l'as | 10/01/2009

Amadeus, il y a bien longtemps que je répète chez moi que la sécurité, avec l'écologisme et d'autres, est un prétexte taxatoire, qui permet tous les vertiges bureaucratiques : contrôle, uniformisation, disparition des libertés individuelles, transparence totale des individus, massification des croyances politiques et éthiques.

L'homme unidimensionnel de Marcuse n'est plus très loin - mais dans un sens qui ne correspond pas à celui qu'il avait imaginé.

Écrit par : l'as | 10/01/2009

As... Je ne suis pas médecin, je réponds sur base de ce que les spécialistes que j’ai rencontré m’ont dit. Cependant, je n’ai pas affirmé qu’il fallait évaluer la moralité des gens pour choisir qui on va essayer de sauver…
Ma réponse était inspirée de ce qu’un spécialiste des greffes du cœur et du foie a raconté lors d’une conférence que j’avais organisée il y a quelques années. Il ne s’agit pas de faire des choix motivés par des préférences personnelles.
La rareté des greffons fait que le critère moral du spécialiste dépend de la chance qu’il a de sauver le malade.
Où est l’intérêt d’opérer une personne qui ne survivra pas parce qu’elle annonce qu’elle ne suivra pas scrupuleusement l’hygiène OBLIGATOIRE à la survie.
J’ai aussi retenu que l’espérance de vie d’un transplanté est de 10 ans, quand tout va bien.

Écrit par : Tony | 10/01/2009

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