08/08/2009

Nostalgie magasin

NostalgieL

 

                                    Je me suis réveillé ce matin avec la nostalgie des magasins qui n'avaient pas tout. Vous entriez pour demander un disque de Mozart par Grumiaux et… manque de bol, il n'y était pas. Mais le commerçant qui vous disait "ça doit rentrer…"- on n'en savait pas plus-, ajoutait: "mais vous avez déjà écouté ces concertos par Augustin Dumey? Parce que vous savez, il a été son meilleur élève"! Et vous découvriez un autre grand interprète. Avec bonheur. Et puis, le sachet était en papier qui détruisait même pas les forêts. Il vous faisait écouter aussi…

J'avais un disquaire qui me connaissait bien mais qui avait peu de temps avec l'affluence des clients. Il me disait "tiens, je t'ai préparé ça. Il me tendait une pile de 33 tours en ajoutant "écoute les chez toi et tu me rends ce que tu n'achètes pas". Je suis soigneux, je  survolais les disques et je les lui rapportais en conservant ceux que j'achetais. Super! Et j'ai jamais copié un disque non acheté!

Je connaissais bien un petit libraire. Je passais chez lui tous les vendredi soir en sortant du bureau. Lui ou moi allions (c'est lui qui avait commencé) chercher une petite bouteille de blanc chez l'épicier allemand des delikatessen d'à côté et hop! on se faisait un apéritif littéraire en faisant attention de pas tacher les livres avec des auréoles de vin! Je découvrais des auteurs, j'achetais des bouquins, tout le monde s'y retrouvait. De temps en temps on réssuscitait un livre oublié dans un rayon qu'on cherchait depuis longtemps. Un peu jauni, mais soit!… Le bon temps!

Essayez tout ça avec les commerçants d'aujourd'hui. Essayez… vous verrez! Essayez d'avoir un conseil brico ou de cuisine dans un supermarché… Là, tout est zéro défaut. Emballé. Scellé. date de péremption. Raisonnements algorithmiques. Les livres pas vendus sont renvoyés au pilori avant de jaunir. Les sacs plastiques vous scient les doigts. Quant à vous faire confiance si vous avez oublié votre portefeuille, n'y pensons même pas. Ces gens là vous voient tous les jours comme si c'était la première fois. Mais ils vous cassent les burnes avec du commerce équitable en faveur des Pygmées tout en étranglant les agriculteurs d'ici, que moi je serais agriculteur, j'irais m'installer en papouasie pour qu'on me respecte enfin et qu'on me paie équitablement!

Ouaip… les magasins d'aujourd'hui sont aux commerces d'antan ce que les eros centers sont au romantisme…

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