19/06/2010

Libre, absolument libre!

Libre…L

 

Ça commence bien. Le type s'appelle Philippe comme tout le monde et … petit en plus… Mais ce gars là est l'être le plus grand de la planète actuellement en vie.

D'abord, c'est un merveilleux magicien de rue et puis… un équilibriste sans filet. Ses exploits? Il a tendu un fil entre les deux tours de Notre Dame de Paris et a traversé. Allez hop, au poste! Puis, il est allé à New York, a forcé deux portes et a installé un fil entre les deux tours (elles étaient encore debout). Le lendemain, il a passé quarante cinq minutes à virevolter sur son fil devant les flics médusés… Il a fait huit fois la traversée! Il s'est couché sur le fil à 400M de haut et a salué le public! Avec le sourire! Tout ça pour ça…

Quand les flics l'ont cueilli, il a vraiment risqué sa vie! Emmené manu militari, il a été jeté dans la cage d'escalier et emmené au poste puis en hopital psy où on lui a demandé quand il avait bu de l'alcool pour la dernière fois! Il a répondu "vous êtes fou! Vous croyez qu'on boit avant de se promener à 400M de haut entre deux tours sur un fil?". On lui a demandé mille fois "pourquoi vous avez fait ça?". Il a répondu: "il n'y a pas de pourquoi! Je n'ai pas pu résister tout simplement!". Comme devant l'Everest: pourquoi grimper? Parce qu'il était là devant moi répondit Herzog… Que voulez-vous… les êtres libres et qui font des choses pour la beauté de les faire dérangent!

Finalement, les psy l'ont considéré comme normal et l'ont remis aux flics… qui n'avaient rien d'autre à lui reprocher que d'être un homme libre et d'avoir forcé deux portes!  Finalement, comme il jonglait avec une casquette de flic sur le bout de son nez au poste de police, on l'a relâché en échange d'une prestation de jonglerie pour les enfants!

Comparé à cet homme là, je me sens être un rampant, pire, un ver de terre même pas luisant. Cette grandeur de risquer sa vie pour la liberté de saluer le ciel là où il est… Ça vous dérange pas dans vos choix de vie, vous? Allez voir la vidéo que je vous pointe ci-dessous et puis achetez son livre, merveilleusement édité chez Acte Sud, parce qu'en plus d'être équilibriste et jongleur, il y fait l'apologie du pickpocket avec une poésie et un art qu'on ne trouve plus chez les honnêtes gens…  Chapeau l'artiste; Je m'endors en pensant à lui. Et je rêve en grand… Enfin un peu fier de faire partie des humains…
*;->)

L'Art du pickpocket préface de H. Buten, Actes Sud, 2006
Vidéo:
http://www.dailymotion.com/video/x80d6s_philippe-petit-tr...

09:45 Écrit par Amadeus dans Art | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : philippe petit, picpocket, sans fil, sans filiste |  Facebook |

26/06/2009

Ceci n'est pas un artiste…

Pas-artisteL

 

                             Je me sens tout triste, là. Je désespère… Mes transaminases souffrent, ma barrière hémato-encéphalique a de nouveau été enfoncée, mes gama-globules ne sont plus in… Pourquoi? Parce que la bêtise humaine vient encore de marquer un gros goal.

On a ouvert coup sur coup un musée Hergé et un musée Magritte. Mais ils se sont emmêlé les pinceaux… et ils ont mis Magritte au centre ville dans un grand musée et Hergé dans un petit musée dans un endroit inconnu des touristes… Louvain la Neuve. Trop neuve pour TomTom, à mon avis. Grave erreur parce que l'un, Hergé, est un véritable artiste alors que Magritte est un grand vide. Ils devraient rebaptiser tous les tableaux avec une étiquette: "Ceci n'est pas de l'Art" nom d'une pipe…

Parce qu'enfin, ce type peignait mal: tout est gris et sans relief. Les sujets sont idiots et les idées m'en touchent une sans faire bouger l'autre comme disait élégamment Jacques Chirac. Tous ces tableaux sont des petites idées d'illustrateur mais comme c'est peint sur des toiles, les gens confondent illustration pour BD et Art. Notez, on nous avait déjà fait le coup avec Folon… J'ai failli d'ailleurs m'étrangler de rire quand j'ai vu un personnage de Folon coulé dans le bronze, ce qui est exactement contraire à l'esprit de la légèreté aquarellée des personnages de Folon! Bah, ça disparaîtra encore plus vite que les aquarelles. Reste plus qu'à nous béatifier trois autres consternations du pinceau: Delvaux (non, pas les jolis sacs, l'autre), Alechinsky avec ses coulées intestinales maladives et un dont j'oublie jusqu'au nom… Ah, oui, Someville…

Tous ces gens sont du niveau de Bernard Buffet ou du peintre Mathieu. Vous vous souvenez de Mathieu? Vous non plus?! Ils trouvent un petit truc et le multiplient à l'infini.

Pauvre Art… il est bien mal en point. Alors, je vous suggère d'aller vers les vraies grandes gloires artistiques! Hergé qui était bien plus qu'un illustrateur fabricant de BD, Toots Thielemans qui est vrai grand bonhomme du jazz et n'oubliez pas non plus l'exposition Persona au musée de Tervuren avec du vrai Art et pas du cochon.

Un mot encore. Il ne s'agit pas ici de mon goût ni de mon dégoût pourtant nettement plus sur que mon goût, mais de constats fondés sur les critères fondamentaux d'une définition de l'Art. Je suis prêt à en débattre. Mais on risque de remplir la rubrique commentaires pour un moment!… *;->)

PS: En attendant, l'engouement pour Magritte avait emporté jusqu'à mon vénéré ex-professeur Pierre Sterckx qui sévit aujourd'hui sur France 5 le dimanche après-midi chez Guillaume Durant et passe une retraite heureuse en agitant des mots et des idées creuses sur un ton pétillant… Dieu ait son âme!

25/05/2009

Sens et Jouissance

Sens-et-jouissanceL

 

                                      Déposez votre marteau piqueur, rangez votre stylo plume, remisez votre boîte de préservatifs, remettez la baffe à votre fils à plus tard, arrêtez d'ouvrir cette bouteille de vin de trop, il y a enfin quelque chose d' intéressant à faire dans ce pays depuis longtemps…

Je reviens du Musée de Tervuren où j'ai vu l'exposition Persona sur les masques africains. Que des merveilles à contempler. Et bien exposées. Evidemment, il faut faire un petit peu abstraction des cornichonneries du l'Art qui sont présentes partout au jour d'aujourd'hui. Quelques "installations" qui auraient mieux fait de se vautrer ailleurs parce qu'ici elles sont drôlement ridiculisées par l'Art africain!… Eh oui…

Je ne vous suggère pas de vous intéresser aux détails ethnologiques. C'est pas votre métier et ça ne vous apprendra rien de plus que le Tour de France à la télé. On ne peut rien faire d'informations sur les rituels du prépuce et autres cultures du manioc. Ça c'est bon pour ceux qui se cherchent un alibi culturel ou les vrais ethnologues professionnels. Non, attachez vous aux jeux des formes et au Sens qu'elles créent, bref à la beauté de ces œuvres magnifiques. Laissez vous porter par l'intelligence et les rythmes.

L'Art dit primitif ou premier (on a trop peur des mots aujourd'hui), utilise deux motifs de base, comme un alphabet qui n'aurait que deux lettres: le sillon, symbole sexuel féminin et la graine, symbole sexuel masculin.Regardez les yeux, les bouches, les oreilles et les ailes de nez de ces masques. Tout y est graines, parfois comme des grains de café fendus. Et voyez les coiffes peignées, les scarifications des visages et les ondes propagées autour de certains masques. Là, tout est sillon. Après, ce sont d'infinies variations, comme Mozart dans "Ah vous dirais-je Maman" *. Prenez plaisir à ces découvertes, laissez vous amuser par le jazz de ces formes répétées, inversées, tordues et qui génèrent du Sens. Parce qu'il n'est de Sens que de forme. La Religion donne éventuellement de l'espoir. L'Art crée du Sens. D'ailleurs, ne dit on pas qu'une idée prend forme?… Et les formes c'est le domaine de l'Art.

Allez vous rafraîchir la fierté d'être un humain avec ces origines claires et si intelligentes de notre pensée. Sens et Jouissance. Et si par hasard, il vous restait une once de racisme, elle disparaîtra bien vite!   *;->)


Persona:

http://www.africamuseum.be/persona/act_africa_fr.html

* Les sillons sont présents dans toute l'histoire de l'Art. Ils deviennent drapés ou chevelures dans l'Art des sociétés plus évoluées. Les graines aussi mais elles deviennent muscles sur les nus ou d'autres variations volumiques. Vaste sujet trop long à développer ici. Mais regardez bien l'illustration ci-dessus: à gauche les sillons, à droite des graines ou même presque des pommes de terre dans le masque de droite. Quant au masque en gris, son visage est une pomme coupée en deux et ses yeux, des grains de café!

00:07 Écrit par Amadeus dans Art | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : persona, tervuren, art africain |  Facebook |

10/02/2009

Le syndrome de Stockholm…

Syndrome-StockholmL

 

                        Lorsque des gens sont pris en otages, ils adhèrent peu à peu aux thèses de leurs ravisseurs. Cette surprenante découverte a reçu un nom: le syndrome de Stocholm.

Ce phénomène ne se limite pas aux prises d'otages explicites. Il apparaît également avec ce qu'on a coutume d'appeler l'Art Actuel et qui n'est rien d'autre qu'une cornichonnerie et une escroquerie de très grande envergure. Tout le monde peut s'en rendre compte avec son simple bon sens.

Toutefois, comme il est arrivé dans le passé que des érudits eux-mêmes passent à côté d'œuvres qui s'avérèrent de grandes révolutions artistiques 30 ou 50 ans plus tard, nos élus et autres notables fortunés, se laissent entraîner à épouser les thèses d'une intelligentsia d'escrocs. Le public qui n'y comprend rien non plus se culpabilise alors et cherche à comprendre un art abscons en se flagellant pour y arriver… Syndrome de Stockholm!

Cela va très loin. Le dimanche après-midi dans l'émission de Durant sur la 5eme chaîne française, apparaît un de mes anciens profs: Pierre Sterckx qui avant d'être un vieux monsieur pétillant fut un merveilleux professeur auquel je dois beaucoup. Mais il a été contraint de vendre son âme au diable pour durer… Il fait aujourd'hui l'apologie des cornichonneries avec un indéniable talent d'illusionniste. L'oiseau est emmazouté dans le syndrome de Stockholm.

On va jusqu'à me dire que mon avis c'est mon avis et qu'il n'engage que moi et mon goût personnel. Je fais alors remarquer que si un restaurant proposait des crottes de souris assaisonnées de savon pour vaisselle et accompagnées de débris de paillasson, nous aurions tôt fait de refuser d'en manger! Et ce ne serait pas une question d'avis personnel! Idem pour une musique qui proposerait de nous déchirer les oreilles avec des sons incongrus et stridents sans rythme. Il existe en effet des limites naturelles à ce que notre langue ou nos oreilles peuvent supporter. Ce n'est pas le cas pour les yeux… Et une représentation explicite peut toujours être soumise à un raisonnement… logique ou non ou à tous les délires. Voilà pourquoi les escrocs de l'art actuel se moquent du monde et nous en culpabilisent! En plus!

Vous ne comprenez pas l'art actuel? C'est que vous n'êtes pas encore touché par le syndrome de Stockholm… En d'autres mots, vous êtes encore sain d'esprit.   *;->)

18:00 Écrit par Amadeus dans Art | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : art actuel, bozar, critique d art |  Facebook |

08/12/2008

Le grand Marcel…

ProustL

 

                    Tout le monde connaît Proust par sa madeleine. Pour les distraits, rappelons qu'en dégustant une madeleine, l'auteur voit resurgir des souvenirs du passé qui y sont associés. Ceci correspond bien au titre de son œuvre: A la recherche du temps perdu. Mais Proust c'est bien plus que cette vision réductrice. La plupart du temps il n'est pas compris.

D'abord, on n'y voit qu'une exceptionnelle description de la société bourgeoise de la fin du XIXeme siècle, raison pour laquelle tous les cinéastes qui ont essayé de le porter à l'écran se sont cassé les dents… Proust est très au-dessus des anecdotes de  ses livres.

Beaucoup de gens sont rebutés par les phrases interminables. Or, tout est là. C'est ce qui fait l'exceptionnelle grandeur de Proust. Mais pourquoi?

La raison profonde pour laquelle Proust a développé de telles phrases, c'est qu'il était asthmatique. La respiration de ses phrases relève d'un combat et d'une victoire sur la difficulté de respirer. Eh oui, parler, écrire, phraser, c'est respirer… Mais sa respiration est une construction artificielle, une assistance respiratoire.

Il a pris goût à ces victoires. Elles lui ont permis de respirer une vision du monde relativiste dans laquelle la réalité peut-être démontée et reconsruite logiquement jusqu'à changer toute la perception. Ainsi, lorsque Proust décrit son trajet en voiture (à cheval), il parle de l'église de Combray qui saute d'un côté à l'autre de la route au fil de ses méandres comme les morceaux de phrases qui font sauter l'esprit d'un point à d'autres. C'est finalement une vision einsteinienne et relativiste. Ce n'est évidemment pas l'église qui bouge… L'univers devient ainsi moins important et son sens ne se développe que sous le regard de l'observateur. Par la modularité des phrases, il parvient à associer des idées et vues dans des positions qui donnent d'autres éclairages et d'autres sens.

On pourrait dire que la phrase de Proust est un Rubick's cube de l'expression littéraire dont tous les états intermédiaires sont aussi intéressants que le cube retourné à son état stable reconstruit.
C'est cette vision relativiste dont tous les états produisent du sens qui amusent l'esprit et nous donne une vision plus intense du monde. C'est la vision sans cesse démontée et reconstruite du réel qui a fait le cinéma de notre temps et qui participe à notre univers à la fois éclaté et reconstruit. Il avait tout créé de la vison du XXeme siècle. Malheureusement, cette vision a conduit au déconstructivisme dans ses excès et on peut se demander si aujourd'hui nous ne sommes pas tous devenus asthmatiques du Sens et de la vie…

18:00 Écrit par Amadeus dans Art | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : marcel proust, relativite, respiration |  Facebook |

25/10/2008

Je ne décolère pas…

Décolère-pas-L

 

 

                                    J'étais invité l'autre jour à une soirée à l'austère Palais de Justice de Bruxelles, ce monstre kitsch de l'architecture coloniale belge. Pour ses 125 ans, on y expose une série "d'œuvres" du l'art actuel. Que des conneries dont d'ailleurs quatre sacs poubelles jetés par terre: une "œuvre"… Ou ces quatre personnages nus "enculés" par des télescopes qui les traversent de l'anus à la bouche… On vise par l'anus… Nous avons eu droit à une visite commentée par une jeune femme plein d'enthousiasme pendant une heure sous de la "musique", à savoir des bruits très dérangeants. Consternation,  honte. Surtout devant une pitrerie baptisée "hommage à Michelange" qui aurait mieux fait de s'appeler insulte à…

Devant mon mépris, il s'est trouvé des gens pour me dire que c'était mon avis personnel alors que j'ai expliqué à ces gens dans une conférence il y a deux ans déjà quels étaient les réels fondements de l'Art qui pouvaient nous aider à y voir clair. Et voilà…  Les gens entendent, écoutent éventuellement mais n'intègrent pas.… C'est pourtant simple!

Si je dis que les pédophiles sont des criminels, personne ne me dira que c'est mon avis personnel… Si je suggère qu'il faut manger de la sciure et des crottes de nez en expliquant que c'est une grande création culinaire, personne n'en mangera! Si je prétends qu'un embouteillage de klaxons urbains n'est pas de la musique personne ne m'opposera que c'est mon avis personnel… Il y a des limites morales sur la pédophilie et "naturelles" sur les autres points. Mais il n'y a aucune limite naturelle sur notre sens de la vision. Quant à la morale, pour ce qu'on en a encore à f… Alors on se fout de nous, on nous présente des pitreries sans nom et dans le Palais de Justice ultra-conservateur en plus…

Ce ne sont pas les "œuvres" qui m'ont désespéré le plus ce soir. Ce sont les gens qui continuent à écouter religieusement les bêtises qu'on leur raconte, persuadés qu'ils sont que s'ils veulent être ouverts, modernes et intelligents, ils doivent essayer de comprendre… Plus aucun argument sensé ne les atteint! La logique, l'analyse, l'intelligence ne les concernent plus dès qu'il s'agit du l'art actuel. Il y a comme un "politiquement correct" qui les réduit à néant.

Que l'on s'amuse de ces pitreries est une chose. Je m'amuse aussi devant les vitrines de Noël des grands magasins… mais je n'en fais pas de l'Art! C'est effrayant, consternant, honteux. Une insulte à l'esprit humain. A moins que ce soit l'ultime démonstration de notre déliquescence. celle des artistes comme celle du public. Et comme j'ai eu l'occasion de le dire un jour dans un chahut étudiant à Marcel Brothaers qui exposait ses casseroles de moules: vous faites un art de poubelle, ne vous étonnez pas d'avoir un public de poubelle.… 
*;->(

08/10/2008

Art actuel

LardL

 

                    Vous avez vu le lustre de cristal gigantesque entièrement composé de… tampons O.B., création d'une Portugaise? Et la souris morte dans une boîte de sardines? Et l'urinoir de Duchamp? Toutes ces choses sont exposées dans des biennales où de riches financiers nous insultent en nous faisant croire que EUX comprennent et que si NOUS n'y comprenons rien eh bien c'est parce que nous sommes trop cons…  Alors, certains d'entre nous, essaient de se convaincre qu'ils ont compris et qu'il y  a quelque chose à comprendre…

Ils sont aidés en cela par des critiques et exégètes qui écrivent des discours abscons (des mots abruti et con). Pour moi, plus il faut expliquer, plus je trouve ça nul! Une grande œuvre n'a pas besoin d'explication d'où qu'elle vienne et de n'importe quelle époque. On vibre…
Aujourd'hui on vous met un cadre vide au mur et on vous raconte que c'est une réflexion sur la non-peinture et l'acte de s'être empêché de peindre. Notez, ils s'empêchent pas de facturer.
Alors, comme je voudrais aussi devenir riche mais que je n'ai pas beaucoup de talents pour ça, je me suis dit que j'allais m'en sortir avec l'Art Actuel. Suffit de trouver un concept. Et je l'ai trouvé. Je vous zesplic.

Je vais emballer des tableaux encadrés avec des pages de vieux journaux à la place des peintures. Je ferai sceller le tout par huissier dans des boîtes qui détruisent les œuvres en cas d'ouverture sans clé et je fais acter tout ça par notaire auquel je remets les clés. Il s'agit d'œuvres d'aujourd'hui mais qui ne pourront prendre leur sens que dans le futur, raison pour laquelle personne ne doit les voir aujourd'hui. C'est vrai, vous vous savez pour les vieux journaux, mais personne d'autre! Et un journal d'aujourd'hui ne peut servir qu'à jeter des épluchures. Mais un journal qui a 50 ans redevient intéressant!

Je vais donc écrire plein d'explications pour faire comprendre qu'il s'agit là d'un Art génial envoyé au futur. Bah, c'est pas la première fois qu'on va polluer la planète pour nos enfants! Les exégètes et richissimes crétins vont acheter tout ça, l'exposer, et ne pourront ouvrir sous peine de sanctions puisqu'ils se seront engagés! Là on va pouvoir fantasmer sur mes œuvres pour les porter au sommet de valeur jamais atteint par des œuvres! Moi je serai riche, les connards qui auront acheté seront tout contents… et je ne risque pas d'avoir une mauvaise critique puisque personne ne verra! Dans le futur, pour l'ouverture on aura oublié tout ça. Génial, non? Allez, je m'y mets! Et dites rien à personne, hein, pour les vieux journaux!  *;->)

18:00 Écrit par Amadeus dans Art | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : art, biennale, pinault, koons |  Facebook |

24/09/2008

Saturnisme…

 

SaturnismeL

                Depuis que vous avez cessé de sucer votre pouce on vous explique que les banquiers, financiers et autres broyeurs de chiffres en argent sont des gens sérieux. On les représente gras ou desséchés avec des lunettes, un cigare ou des manches de lustrine. Pas de place pour l'imagination. Oui mais voilà…  il y a un bug. Je vous zesplic.

A Rome, la vaisselle était en plomb et le plomb que vous avalez vous rend fou! Aussi simple que ça. Le saturnisme a créé Néron, l'empereur fou! Il y avait de plus en plus de fous à Rome et comme ils ne connaissaient pas les études épidémiologiques, ils ne pouvaient pas faire le lien. Maintenant on a les études mais… ça prend du temps et pendant le même (temps), les financiers mangent ou boivent quelque chose qui les rend fous. Peut-être y-a-t-il quelque chose dans la monnaie ou les billets qu'ils manipulent en léchant leurs doigts pour compter! Je ne vois que ça comme truc qu'ils manipulent tous.

Dans un premier temps ils se sont mis à acheter n'importe quoi comme zœuvres d'art. Pour des millions d'Euros. Mais je prévois maintenant l'effondrement de ce type de zart. Parce que jusqu'ici on se disait "oui, j'aime pas ça, mais si un type aussi intelligent et riche achète ça c'est que je suis trop con pour comprendre puisque moi,… je suis pas riche et pas président d'une banque!". Juste con…

Oui mais voilà… Cette fois tous ces grands argentiers nous ont prouvé d'un coup sec qu'ils étaient complètement fous! Ils nous mettent la planète par terre, ils ruinent les malheureux plus sûrement que jamais, ils ruinent carrément les USA et nous proposent de partager le désastre, d'ailleurs on n'a pas vraiment le choix, et ils aimeraient qu'on les prenne au sérieux encore quand ils se balancent hilares au bout des suspentes de leurs parachutes dorés!

Tout a commencé en France par un amateur qui a évaporé quelques milliards…, puis les subprimes qui ne sont rien d'autre qu'une escroquerie légale, puis les credit default swap qui sont carrément une déviation mentale… Bref, maintenant qu'ils ont perdu toute crédibilité, on peut franchement donner un solide coup de pied dans leur brol artistoc! Pssschitt! On dégonfle la bulle zotistique. Parce que je ne vois plus aucune raison de prendre ça au sérieux, cette fois!
*;->)

18:00 Écrit par Amadeus dans Art | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : art, financiers, bulle artistique |  Facebook |

12/09/2008

Les progrès du discours…

Progrès-discoursL

 

                            Imaginons que vous soyez un assassin qui fait du mal pas qu'à des mouches et vous avez flingué un employé de banque par exemple. S'en sortir est tout à fait faisable pourvu que vous profitiez des derniers progrès des politiciens et des artistes. Je vous zesplic.

D'abord, il va falloir expliquer qu'il a l'air très mort mais qu'en fait, sa mémoire donnera encore plus de force à ses idées et de vie à son action sur terre. Ses enfants grandiront dans le respect de l'image d'un père iédalisé. Déjà, vous passez pour un type intéressant. Ensuite, vous dites que vous l'avez flingué de face par respect pour lui et par sens de l'honneur. Là, vous êtes quelqu'un de bien. Puis, vous déclarez que vous n'avez tiré qu'une seule balle pour limiter les émissions de CO2 et qu'en plus vous utilisez des balles bio et dégradables qui risquent pas d'endommager le tube digestif des vers. Quant à votre revolver vous l'avez acheté dans le commerce équitable, d'ailleurs le canon est en aggloméré de maïs. Vous êtes quelqu'un de respectable.

Ensuite, vous expliquez que cette personne était dans une position philosophique épouvantable qui le torturait intérieurement parce qu'il se devait à la fois d'être quelqu'un de bien pour élever ses enfants, rayonner socialement et vivre sa Foi Chrétienne et à la fois de contribuer au grand capitalisme par son emploi dans la banque. Vous l'avez libéré de ce paradoxe intérieur ravageur. Et vous avez lutté contre le grand capital et œuvré pour une meilleure répartition des richesses entre eux et vous. Vous n'avez pas braqué une banque, vous avez tenté de rétablir un équilibre. Vous commencez à voir? Ça ouvre des perspectives, non?

Pourquoi je vous raconte ça? Parce que les politiques parlent comme ça pour nous rouler dans la farine. Et le marché de l'Art aussi. En ce moment Jeff Koons, ancien traider qui a trouvé le moyen de se faire encore plus de fric avec une "bulle artistique" qu'avec la bulle financière, réalise des petits ballons en acier ou des petits cochons en plâtre qu'il vend des fortunes. Après avoir friconvolé avec la Ciccolina, il est parvenu maintenant à pondre ses œufs de coucou à Versailles. Vous imaginez sa jubilation? Il se fout du monde et de tout le monde et arrive à transformer Versailles en Disneyland tout en gagnant des fortunes. Et je l'entendais expliquer ce matin qu'il faisait un art simple pour respecter les gens… Un génie, quoi! Un vrai! Et vous, que faites vous pour devenir génial?   *;->(

18:00 Écrit par Amadeus dans Art | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : arts, koons, langue de bois, culture officielle |  Facebook |

22/08/2008

A chacun son escroc!

Chacun-son-escrocL

                            Par la présente je viens humilièrement vous rendre un hommage présentement sophistiqué pour vous raconter mon histoire. Mon père qui est décédé par mort m’a légué cinq millions de dollars. Mais ici en Côte Déboires, je n’ai pas accès à cette somme et peut-être que vous pouvez m’apporter votre aide magnificente humblement demandée… 
Je vous recommande de traiter cette affaire avec subtilités et confidentialité vu la dégradation de la situation dans laquelle nous baignons présentement. Que Dieu vous bénisse.

Vous commencez à voir? Vous avez reçu ce genre de courrier et plus souvent qu’à votre tour… Si j’adore le style bien… sapé comme souvent chez les Africains que je lis toujours avec délectation, je suis perplexe devant leurs combines. Là, c’est une grande arnaque à l’échelle de millions de messages. Le but est de vous piquer un maximum d’argent pour mettre en œuvre la procédure qui permettra de sortir la somme soi-disant bloquée…

Comme vous n’êtes pas né d’hier, vous zappez et jetez le mail. Mais certains, plus crédules ou plus angéliques, le coeur sur la main, se laissent berner et entrent dans le système. Généralement ils dépensent 50.000 euros avant de se rendre compte qu’ils ont été volés!

Ne croyez pas, pourtant, que seules les petites gens un peu simplettes se laissent prendre au piège! A chacun son piège! Par exemple, je peux vous citer le cas de grands patrons d’empires financiers, qui se sont fait piquer des centaines de millions d’euros! Et heureux d’être volés en plus! Tiens, François Pinault par exemple, parti de rien pour arriver arrivé à l’arrivée, dépense son pognon par camions chez des étalagistes qui se font passer pour de grands artistes!

Il m’est arrivé de tourner l’un ou l’autre film publicitaire. Pour l’un d’eux j’avais choisi un cinéaste français connu qui s’était entouré de Hilton Mc Conicko, décorateur américano-parisien fort en vogue qui nous a fait un superbe travail. J’étais fasciné. Chaque création était magnifique, mais à un aucun moment je n’ai pensé qu’il s’agissait d’Art! Si ce n’est celui de l’étalagiste, du caricaturiste d’ambiance! Eh bien, Pinault à qui l’on est parvenu à faire croire qu’il s’agissait d’art achète toutes ces choses avec ses yeux émerveillés partis de rien et culturellement rien de plus à l’arrivée.

Et voilà comment chaque groupe social rencontre son escroc. C’est qui le vôtre, l’Etat?

18:00 Écrit par Amadeus dans Art | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : escrocs |  Facebook |

21/08/2008

Hypothèses…

HypothèsesL

 

                                Tiens, pas plus tard que tout à l'heure, j'étais en centre ville avec un ami et nous avons bu quelques chopines dans un de ces bistrots bruxellois typiques près de la Bourse. Sans je de mots idiots avec cette dernière, je me suis mis en quête (une seule première syllabe, merci) de la vider.

Dans les toilettes, les murs étaient recouverts de posters pour des pièces de théâtres et autres spectacles culturels. Comme mon activité première n'occupait qu'une part assez réflexe de mon cerveau, je me suis mis à me demander pourquoi la culture était reléguée dans les toilettes. Bonne question, n'est-il pas?

Première hypothèse, la Culture d'aujourd'hui ne mérite pas mieux que cette comparaison suggérée avec des activités anales diverses. Mais quand même, c'est une critique qui n'ose plus dire son nom.

Deuxième hypothèse, c'est l'importance même que nous attachons désormais à la Culture qui a orienté la localisation des posters.

Troisième hypothèse, ce sont les artistes eux-mêmes qui sont sont désormais proches de la clandestinité et peu fiers de leur travail…

Quatrième hypothèse, les gens sont plus réceptifs lorsqu'ils ont de motif d'arrêter de parler… Les posters y gagneraient en impact…

Cinquième hypothèse: les artistes précèdent la critique pour pouvoir prétendre qu'ils ont travaillé sans prétention…

Sixième hypothèse et tant qu'on y est, thèse: toutes les hypothèses précédentes à la fois!

Bon, comme dirait Gustave Parking, je vous laisse réfléchir là-dessus…

En tout cas, il y a une marque d'eau minérale qui a déjà réfléchi. Elle a disposé des affichettes devant chaque urinoir avec ce slogan: Avec nous vous reviendrez souvent ici… Un nouveau sens à la vie, quoi. Et dire que j'ai longtemps trempé dans la pub… Enfin, j'avais plus de considération pour la créativité…
*;->)

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04/08/2008

Du l’Art ou du cochon?

Du-l’Art-ou-cochonL

 

                            «Ainsi font font font les petites marionnettes…» Et «tourne tourne joli moulin, frappe frappe petites mains, joli moulin a bien tourné»… etc? Ou «A la pèche aux moules moules moules… je ne veux plus aller maman»… Vous avez chanté tout ça? Oui, certainement, mais je doute que vous le fassiez encore spontanément dans votre voiture pour vous détendre. Eh oui, ça vous est passé.

Il y en a un à qui c’est pas passé! Panamarenko. Petit, il faisait semblant de voler et promenait ses petits avions au-dessus de sa tête en faisant «vrouuuum», puis il a lancé des avions en papier dans sa classe. Mais au lieu de devenir pilote, l’animal, il s’est mis à matérialiser ses avions de papier pour en faire son métier. Il dessine des faux plans, fait des faux avions, des faux trucs à voler, des fausses archives de l’aviation et … veut qu’on le prenne pour un vrai artiste et un vrai poète… Cherchez l’erreur.

Notez, ça laisse des perspectives pour votre futur: vous faites des faux bottins de téléphone, des faux testaments et vous demandez qu’on vous compare à Rimbaud. Avec des fausses factures vous voudriez devenir ministre de l’économie, non?

Aujourd’hui, on ne demande plus à l’artiste d’inventer des formes nouvelles mais de distraire le peuple. C’est Disneyland appliqué à l’Art. Et tout le monde d’adorer, de s’étonner. On entre même ces trucs au chausse-pied dans les musées! Et si vous comprenez pas pourquoi c’est du l’art c’est la preuve que c’est bon! Vous vous rendez compte? On vous traite de con et on attend que vous vous en serviez comme preuve du génie d’un petit malin! Aujourd’hui, le génie ne se mesure plus à la grandeur de l’artiste mais à la connerie suggérée des amateurs ! Fallait le faire quand même!

Eh bien c’est fait. Avec Panamarenko, le travail de l’étalagiste pour supermarché en période de Saint-Nicolas est devenu du l’art. Normal! Plus personne ne sait ce qu’est l’Art, ni les historiens, ni les philosophes, ni les critiques ni même les artistes. Vous croyez que j’exagère? Que nenni! Ils le disent eux-mêmes! Et s’en lamentent dans des livres, articles, etc. !

Alors, si vous aimez les étalages et les trucs marrants style Gaston Lagaffe, allez y, c’est amusant, c’est drôle et j’irais volontiers me distraire si c’était exposé à Disneyland. Mais là, dans un musée, c’est de l’usurpation d’identité et de l’escroquerie intellectuelle. Sans un seul label de qualité… sans garantie,… le faux érigé en Beaux-Arts!* Allez-y, mais en connaissance de cause! Parce qu’en Art comme pour le reste, il faut se méfier des imitations. Pa… cotille… Pire! *;->)

*Lire «La guerre du faux» de Umberto Eco

27/07/2008

Comptable démiurge

Comptable-démiurgeL

                                Imaginez que vous soyez né comptable. Ne riez pas, c'est arrivé à plus d'un*. Mais alors que certains en ont fait un métier honnête, d'autres ont su en faire un réel tremplin vers la puissance divine. Généralement petits et étriqués, ces gens là ont trouvé dans l'artisanat comptable, une jouissance de la construction d'empires à coups d'achats et vente d'hôtels rue de Rivoli sur les cases du Monopoly. Le respect qu'on leur portait croissait parallèlement à leur surface financière alors que la considération pour eux augmentait en proportion inverse de leur moralité. Vous suivez?

Un jour, riches, puissants et épurés de toute forme de scrupule, ils ont eu besoin de légitimer leur grandeur et de la sublimer en quelque sorte. Lui donner un nouveau statut qui ne serait plus ni matériel comme les actifs de leur banque, ni virtuel comme leur respectabilité mais carrément spirituel. C'est l'Art qui allait leur offrir cet ascenseur canonisant.

Nos comptables qui avaient frayé avec les ministres saumon-rose, se mirent à faire semblant de comprendre le sens caché de pitreries inqualifiables et portèrent ainsi leur aura loin au-dessus de leurs contemporains et mortels. Vous avez noté? Les autres en devenaient mortels… Et, après tout, si des gens aussi réalistes et objectifs que des financiers de premier plan dépensaient des fortunes à acheter des bêtises multicolores, vulgaires, sales, voire scatologiques, c'était bien qu'il y avait quelque chose à comprendre que nous n'avions pas compris! La même chose qui avait fait que nous, nous n'étions pas riches et banquiers, sans doute…

Et voilà la légitimation en train. Parce que si tout comptable honnête veille à ce que les chiffres obéissent à la rigueur mathématique, tout comptable riche exploite les failles du système et la subjectivité des désirs, loin de la rigueur des chiffres. Retour à la subjectivité et entrée de plain pied dans le blanchiment de la moralité argentée sur poivre et sel.

Quel bonheur dès lors de se promener dans une exposition la veille de son ouverture, marchant sur l'eau et propulsant la valeur des œuvres par un simple mouvement de lecture de leurs titres ou auteurs… Etre le Créateur des Valeurs, le Grand Comptable de la Beauté, celui qui étend le pouvoir de son argent à la reconnaissance du Beau Artistique. Donner vie aux œuvres, aux artistes, pérenniser les Créateurs ou les jeter dans les ténèbres de l'Histoire de l'Art.

Le pouvoir d'acheter, d'ordonner au Temps, à la Valeur, au Beau, faire et défaire les Artistes… le comptable marche sur l'eau… preuve de sa valeur divine… tant qu'il n'ouvre pas la bouche pour tenter de qualifier l'inqualifiable.  *;->)

 

*J'attends vos commentaires… Pourtant vous savez que je suis un être mauvais!

19:00 Écrit par Amadeus dans Art | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : art actuel, pinault, biennale, grossier, insultes |  Facebook |

25/07/2008

Ma fête de la musique à moi...

Ma-fête-de-la-musiqueL

 

                Je n’aime pas écouter la musique avec mes lunettes. Elles mettent une vitre entre le fruit des sons et moi. Alors, je les descends un peu sur le nez, mais là, c’est le flou qui perturbe la présence. Il m’arrive de fermer les yeux mais... la réalité vient à manquer de quelque chose.
J’écoute plus la musique et j’essaie d’oublier mon âge pour quelques minutes précieuses en dehors du temps. J’aime Duke Ellington, mais j’aime presque toutes les musiques. Sa musique à lui est d’abord un vaste espace dans lequel je peux me mouvoir qui se déplace autour de moi. Puis, c’est un univers de couleurs et de timbres. Et enfin c’est une musique qui se réinvente à chaque instant avec la puissance d’un homme qui était manager, compositeur, créateur et pianiste fulgurant. Il joue du piano comme personne. Sous sa force, le piano devient un instrument graphique qui impose des traits d’architecte pour donner des signaux à son orchestre ou des mains plaquées comme les grosses brosses du peintre.

La fantaisie, la surprise, les élasticités, les lumières et couleurs, tout me surprend et tout me promène dans l’imaginaire. Ce sont des tableaux de Delacroix ou de Picasso. On en sort rajeuni, irrigué et  comme ressuscité. Mais Dieu que l’oxygène des grands espaces est capiteux. Tout cela pétille de vie. Faites cet essai: coupez le son de la télé quand passe un ensemble qui joue Bach (et j’adore la musique classique, baroque, et Bach évidemment). Vous verrez les musiciens agités à l’unisson de gestes saccadés. Faites la même chose avec un orchestre de jazz et voyez cette décontraction, cette entente démocratique dans laquelle chacun peut s’exprimer. C’est notre monde, notre époque. Celle dans laquelle on se sent bien. C’est nous, quoi.

Après Duke, pour revenir sur terre, je mets quelques pièces de Joe Pass à la guitare sèche ou quelque chant de Bach pour passer de la chaleur du soleil aux ombres de l’été...
Eteindre ces musiques, c’est sortir du soleil, c’est rentrer entre les murs de la maison, retourner à la vaisselle qui n’est pas encore faite.

Mais c’est aussi comme sortir d’une piscine.
On garde le frais sur soi et en soi pendant un long moment. Et puis, les pensées prennent le relais et convertissent ces moments de transport en nouvelles forces pour vivre à nouveau dans la réalité...
C’est quand même autre chose que d’institutionnaliser le tapage nocturne...  si je peux me permettre... 
  *;->)

18:00 Écrit par Amadeus dans Art | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fete de la musique, musique |  Facebook |

08/07/2008

Le Centre Pom Pom Pidou…

PompompidouL

 
                            Ça fait un moment que je rêve de vous parler du Centre Pom Pom Pidou… Oui, je sais, c'est facile comme jeu de mot. Mais tellement juste…

On dirait que plus la science et les techniques s'avancent dans le sérieux, plus l'Art se ridiculise, se saborde et s'exclut. Comme s'il voulait nous quitter, se chassant lui-même hors du Temple. Toutefois, comme il a quelques titres de noblesses dans l'histoire humaine, on est plus enclin à lui pardonner ses errements et même à essayer de comprendre un Sens supérieur qui serait caché sous l'épaisse couche de cornichonneries! Les exégètes inventent des histoires à dormir debout pour expliquer que tout ça est intelligent. Leurs signifiants, leurs référentiels culturels, leurs logiciels discoureurs sont tels qu'ils ajoutent le mépris de la critique au mépris déjà fourni par les "œuvres". Et comme un malheur n'arrive jamais seul, les grands financiers participent au mouvement et lui apportent la crédibilité de la fortune que vous et moi n'avons pas été capables d'amasser, nous…

Pom Pom Pidou est la garantie officielle de l'Etat et du Ministère de la Culture. Le sceau. On y pratique les expositions justificatives. Mais la moindre chose qui passe par Pom Pom Pidou se doit d'être présentée "smart"… Interactive… Participative… On y pratique le non événement comme des révélations divines. On y expose des bouts de plastique et ficelles comme des élévations de ciboires. Le Centre est devenu un Hub culturel de transit entre le passé à détruire et le futur suicidaire. Avec son air de raffinerie de pétrole recyclée aéroport, il accueille tous ceux qui veulent expier par l'alibi culturel, le fait de pratiquer le métro boulot dodo pour l'ultime bassesse: nourrir sa famille en gagnant de l'argent.

En visitant le Pom Pom Pidou vous n'apprendrez rien si ce n'est de l'inutile, vous ne ferez que consommer votre temps avec un alibi et vous en sortirez comme quand vous avez fini un paquet de chips: toujours aussi affamé. Vous aurez seulement calmé un agacement des doigts dans un emballage léger.

Finalement la seule culture qui s'en sort là, c'est celle des Africains qui viennent jouer du tamtam, des cracheurs de feu et des jongleurs apprentis qui s'en donnent à cœur joie, ravis sur le parvis. Et là j'applaudis. Enfin une justice! Bref, la maladie de la vache folle fait déjà rage mais qui s'en rend compte?

*;->)  

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05/06/2008

Le club des croque-notes…

MusiciensL

 
                        J'aime la musique. Notamment baroque. Et nous voilà donc partis pour le Palais des Beaux-Arts élégamment appelé Bozart désormais.

Concert baroque. Pas beaucoup de monde pour un compositeur contemporain de Bach qui s'est laissé allé à quelque musique sacrée.  
Moi, le sacré, comme vous commencez à vous en douter… c'est pas trop mon calice de thé. Et comme j'avais les yeux ouverts pendant la plus grande partie du concert, j'ai regardé.

Ces concerts sont d'un formalisme paroxystique. L'accord des instruments sur le premier violon, les saluts pliés en deux, l'apparition successive des chœurs, puis des chanteurs, tout est hyper formel Alors quand c'est bien fait, ça impressionne. Toute cette perfection civilisée… on mesure la distance entre notre monde et l'ancien. Mais quand c'est mal foutu, là ça dérape à fromage dans le ridicule. C'était le cas, je vous zesplic.

A l'exception d'un chanteur baryton, ils avaient tous acheté leur costume chez un coiffeur méchant comme un peigne avec ses ciseaux. Les godasses étaient certes bien cirées mais très déformées. Pieds de curé, vous savez, quand ça remonte devant à force de génuflexions… Le chef d'orchestre, vu de derrière était un requiem à lui tout seul. Surtout le pantalon. Coiffé comme une partition de Stockhausen, en plus. Les musiciennes n'étaient pas mieux. Parfumées à la naphtaline on les avait sorties de leurs boîtes de Godiva pour les mettre à l'œuvre. Bref, tout le formalisme des salutations s'effondrait dans les fringues guignolesques de fonctionnaires démotivés.

Et je vous ai pas encore parlé des têtes! Une chose est sure, ils s'amusaient pas! Ils étaient là pour rendre un hommage posthume en costume sérieux au compositeur et pas pour que la musique soit transcendantale ni même pétillante. Bah, ça sonnait juste et c'était bien joué, c'est sur. Mais il fallait avoir une âme d'enthomologiste pour apprécier les notes punaisées comme des coléoptères bien alignés.

On me dit que je suis méchant. C'est vrai que je suis pas un gentil. J'adore dire des bêtises et empoisonner mon monde. Bah, on ne se refait pas. Mais finalement, c'est ma vieille maman qui a eu le mot juste et elle c'est une gentille: "d'habitude je ferme les yeux pour capter la quintessence de la musique. Aujourd'hui je les ai fermés pour éviter la déprime en voyant les musiciens. Un vrai club de croque notes!". C'est vous dire… *;->)

18:00 Écrit par Amadeus dans Art | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : humour, musique, conformisme |  Facebook |

06/05/2008

comprendre l’art contemporain…

Comprendre-artsL

 
                        Je vais vous raconter une histoire. Vous aimez les histoires? C’est parti!  A la fin du 18eme siècle l’Art était devenu si chargé de petits anges, dorures et fioritures que personne n’y voyait plus rien. Alors, des gens courageux portés par la liberté nouvelle offerte par un Nouveau Monde depuis la Révolution, ont décidé de s’ébrouer et de devenir Cézanne ou Monet. Ils ont été refusés par l’Art officiel et, tout en étant conscients de leur valeur, ils ont eu beaucoup de peine à s’imposer. Personne ne comprenait. Puis, dans les années 1870, les doctes scientifiques londoniens qui recevaient des fétiches africains ont constaté que c’était païen mais... beau!

Quelques temps plus tard, au début du 20e, des gens comme Picasso ont compris qu’il y avait là une nouvelle source vive de ré-inspiration. Ils ont été à nouveau contestés. L’aventure des impressionnistes et celle de Picasso ont interpellé les politiques qui se sont dits: on ne comprend rien mais le passé nous a montré que moins on comprend, meilleur c’est! Voilà pourquoi Jack Lang s’est empressé de décorer tout ce qui bouge dont les tagueurs... Entretemps, des originaux comme Marcel Duchamp ont prétendu qu’un urinoir pouvait être regardé comme une œuvre d’Art et se sont mis à faire n’importe quoi. Des gens plus inspirés ont mêlé industrie et peinture: les popartistes. Les prix se sont envolés. Des financiers comme François Pinault ont repéré qu’Art et argent pouvaient s’entendre et se sont mis à acheter frénétiquement toute les bêtises qui passaient! Plus ça a l’air con, moins les communs des mortels comprennent et si les cons ne comprennent pas... c’est que c’est intelligent! CQFD!

Les peintres et galéristes ont bien compris tout l’intérêt qu’il y avait à exploiter le filon. Voilà pourquoi, aujourd’hui, on vous emballe des ponts, on accroche une feuille de salade à une pierre en parlant de réflexion sur l’éphémère, on réalise des lustres pas en cristal mais avec des tampons O.B., on se coupe l’oreille en public, on écrase des boules de Noël avec des talons pour symboliser le pressage du raisin, on voit des sacs poubelles enlevés par une femme de ménage alors que c’était... une «œuvre»...

La musique, plus contraignante, résiste mieux à ces bêtises dont on essaie de nous culpabiliser de n’en rien comprendre.

Rassurez vous, c’est vous qui avez raison: il n’y a rien à comprendre... Mais il y a une morale: c’est que les dix financiers au monde qui s’amusent à faire grimper les cours de ces bêtises font finalement du recyclage de l’argent de rupins chez des escrocs qui le redistribuent dans la société civile! Allez, tout n’est pas perdu!  *;->))

18:00 Écrit par Amadeus dans Art | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : humour, art actuel |  Facebook |

30/04/2008

Art épouvantail

•-Art-épouvantailL

 
 
                    J'ai déjà eu l'occasion de dire quelques fois tout le bien que je pense des artisses d'aujourdhui. A ma gauche il y a les artisans qui fabriquent des breloques, poteries et autres tissus colorés, à ma droite il y a les malins qui sont arrivés à force de discours à prétendre que leurs cornicochonneries sont du l'Art.

A propos du monument fondateur de toute cette bêtise, il y a l'urinoir de Duchamp. J'ai dit qu'il était évident que si cette "œuvre" était trouvée dans 500 ans par un archéologue, on ne manquerait pas de la classer dans la catégorie objets utilitaires et pas dans celle des œuvres majeures du XXeme siècle! Clair! J'ignorais qu'il ne faudrait même pas attendre 500 ans!

Alors que toutes les sculptures dédiées à Diane Chasseresse ou à quelque grand homme dans les parcs publics servent gentiment de supports aux moineaux quand les pigeons ne les recouvrent pas de leur guano, quelques œuvres actuelles ont connu un sort qui ne trompe pas! Je vous zesplic.

Une ville balnéaire que je ne nommerai pas pour rester calme, a implanté quelques sculptures dites d'art actuel sur la plage. Ben oui… les plages c'est triste et monotone, il fallait faire preuve de modernité. Et toc, l'art qui s'en mêle des pinceaux.

Oui mais voilà… les oiseaux si prompts à adopter les penseurs de Rodin et les dames plantureuses et dénudées dans le bronze, ont pris peur! Tant et si bien qu'on ne les voit plus dans le coin! Pas cons les oiseaux!  Jusqu'ici ils se contentaient d'un mépris intestinal, maintenant ils ont carrément peur! On ne s'attendait pas à ce qu'ils eussent une appréciation artistique qui ne trompe pas pour le coup! Et tout ça me donne des idées. Pourquoi ne pas saturer les aéroports et autres champs de maïs où les oiseaux sont nuisance, de sculptures modernes? Plus d'oiseaux dans ces zones! Voilà au moins une utilité pour ces machins dont on ne sait que faire par ailleurs. Et finalement, pour déterminer la valeur de tous ces hors d'œuvres abscons on pourrait les mettre sur la plage. Si les oiseaux viennent plus, hop! à la casse ou à l'aéroport!

Comme quoi, l'Art n'est pas le repos du rationaliste comme il y a un repos du guerrier!
Bref, la maladie de la vache folle fait déjà rage mais qui s'en rend compte?
*;->)

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25/01/2008

Subversion culturelle

Subvers-cultL

 

                     Il y a quelque temps, j’ai visité une magnifique exposition de 60 masques de la collection suisse Barbier-Muller qui est, pour ceux qui bavardaient pendant que je parle, le plus grand collectionneur d’Art dit Premier au monde.

Mais... pour faire mode et proche du peuple, le concepteur de l’expo a cru bon d’insérer quelques masques de pompier et de démineur des années 1920. Ça n’éclaire en rien la compréhension des œuvres et ça dévalorise l’Art d’une façon générale en accréditant l’idée que la création peut être le fait du hasard, ce qui est absurde et même insultant pour l'Art.
Mais, en architecture on avait déjà vu les codes barres des colonnes de Buren dans la Cour du Palais Royal et la Pyramide du Louvre. Faut dire que Jack Lang a eu tellement peur d’être un Ministre de la Culture qui aurait loupé quelque chose, qu’il décorait les tagueurs et tout ce qui bougeait.
Vous me connaissez, je suis un type gentil et j’ai quelques idées, donc, voilà ce que vous pourriez lui suggérer si vous le croisez.

Les concertos de Mozart gagneraient à ce qu’on remplace le piano par une guitare électrique, spécialement dans un célèbre concours pour voir la tête de la Reine Fabulosa. Le concerto n°20 avec de la batterie, pas mal non plus.

La petite culotte de Madona pourrait être encadrée de dorures et exposée au Musée d’Art Moderne avec cette légende: «Titre de l’œuvre: Madona, Traces diverses sur toile, 30x40 cm, acquisition de l’Etat»...
Les grands cuisiniers pourraient nous proposer: «petit pâté de Pedigree Pal sur son lit de verdure au Sheba assaisonné de bave de vinaigre viagra». Je suis sur que vous salivez déjà, rien qu’à entendre la jolie musique de la recette. Notez un restaurateur a déjà introduit du viagra dans une de ses recettes...J’invente rien!
Jean-Paul Gaultier pourrait nous organiser un défilé de mode où la toile de tente avec ses piquets renouvellerait le genre. Ou sublimer l’essuie de vaisselle pour habiller les belles qui feraient mieux d'être re…belles!. Thème du défilé: la mode au torchon. Je me demande si c’est pas déjà le cas, d’ailleurs.

On pourrait également décréter que désormais, roter en public, mettre les doigts dans le nez et se gratter entre les jambes dans les cocktails est de la dernière élégance branchée.

Tout est possible, désormais. Yann Queffelec déclarait il y a quelques jours à la radio que «après tout le mauvais temps est aussi une forme de beau temps». Mais à force de croire que tout est dans tout et que le contraire du vrai est aussi une forme de vrai, et que si on n’est pas d’accord on est ringard, à force de nier la pesanteur, on va tous se retrouver collés au plafond un de ces jours!  *;->)

18:50 Écrit par Amadeus dans Art | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : aer, culture, escrocs, art, societe, humour |  Facebook |

09/01/2008

Remporter le Reine Elisabeth par deux centièmes de seconde…

RemporterLL

Je suis le fameux Concours Reine Elisabeth de musique classique avec le bonheur raffiné de l'amateur à peine éclairé. Mais je suis perplexe.

La musique classique, à l'inverse d'une toile peinte à l'époque de Mozart, est à la fois plus vivante mais aussi beaucoup moins fidèle au travail original de l'artiste qui n'est plus là pour nous l'interpréter. Peu importe que tel musicien fut éventuellement un médiocre pianiste. Dans sa tête, son concerto était parfait. Parfait, c'est à dire selon son désir et la sensibilité qu'il souhaitait au-delà des formes qu'il avait créées. Toutefois, il ne pouvait pas tout décrire sur la partition.

C'est cela qui détermine l'importance si grande concédée à l'interprète.

Son premier espace est dans la lacune de la sémantique: ce que ne peut exprimer la partition. Quelles que soient les indications de forte, d'adagio, de pianissimo ou que sais-je qui émaillent la partition, elles sont insuffisantes à rendre exactement toute l'émotion du compositeur. La sémantique utilisée ne lui a pas permis de tout décrire, surtout pas de ses sentiments et de son expressivité.

L'interprète habite donc cette lacune comme un Bernard Lhermitte une coquille délaissée… C'est dans cet espace de faible amplitude qu'il va devoir s'insérer et faire valoir son propre talent.  Celui-ci sera au minimum techniquement parfait. Ensuite il faudra faire valoir sa propre sensibilité sans dénaturer l'œuvre.  Et voilà pourquoi le concours si prestigieux est d'abord la substitution autorisée d'un espace laissé vacant par une lacune sémantique…
D'où la surexpressivité des visages des interprètes.  Pour aller au bout de la marge des sentiments qui leur est laissée, les interprètes sur-connotent leur propre sensibilité…

En somme, le concours Reine Elisabeth est une épreuve athlétique. On y gagne par deux centièmes de mieux que le second…  Mais il faut une vie de travail pour y arriver. Détail piquant: les athlètes de l'interprétation se jettent sur leur bouteille d'eau consommée au goulot comme les coureurs à pied après leur… performance. Il y a des similitudes espiègles qui ne trompent pas…

Voilà pourquoi j'aime tant le jazz… Où le créateur et l'interprète s'emparent d'une composition pour la recréer complètement, pour la transgresser de la façon la plus noblement créative qui soit. Le musicien de jazz est toujours créateur, pas interprète… Bien sur, son artisanat, sa technique, sont sans doute moins dernier carat, mais sa liberté d'exister aujourd'hui dans les schémas d'aujourd'hui est totale et bien en phase avec son temps.  D'ailleurs, faites ce test: coupez le son d'un concert de jazz et vous verrez des gens détendus, concentrés, qui s'offrent chacun la parole. Faites la même chose sur un concerto de Bach et vous verrez des gens comme robotisés, tous au pas dans des mouvements synchrones et saccadés vivre un ordre qui n'est plus celui de notre temps.

Alors, oui, je suis infiniment respectueux de ces interprètes de classique et de la grandeur des formes de leurs créateurs. Mais il n'y a rien à faire, le grand jazz est la musique de mon temps. Et ce n'est pas parce que j'admire les œuvres de Botticelli que Picasso m'est étranger…  *;->)

22:07 Écrit par Amadeus dans Art | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : musique, art, humour |  Facebook |

10/12/2007

Dignité humaine

VioloncelleL

 

Il y a dans le merveilleux musée des instruments de musique de Bruxelles (MIM), un violoncelle qui m’a ému aux larmes.
Exposé dans une des superbes vitrines qui lui donnent un air propre et bien élevé, ce violoncelle a été construit avec des planches d’étable et de porcherie roumaines. Ces gens n’avaient même plus une planche digne de ce nom... Les cordes sont en ficelles autour desquelles on a enroulé un vague fil de fer pour les faire sonner.

Je ne sais comment il sonne mais il fait chanter toute ma dignité d’être humain. Né dans la contrainte jusqu’à l’étouffement de toute humanité dans le pays de Ceucescu, ce violoncelle témoigne du besoin profond de faire de la musique, c’est sur et évident. Mais au-delà, il témoigne de la volonté de ne pas faire n’importe quelle musique, sinon, c’est un de ces instruments faciles et évidents pour tous qui aurait été construit.

Non, ce violoncelle témoigne d’une intention culturelle qui va bien au-delà de l’émotion - si grande soit-elle - de la musique. C’est de culture qu’il s’agit ici, de besoin irrépressible de culture et de raffinement. ll n’y a pas plus beau violoncelle au monde et je voudrais qu’il soit joué lors de la prochaine fête de la musique. Pas seulement en mémoire de celui qui l’a construit, mais pour la gloire de cette humanité qui place l’Art si haut.

Je souhaite que ce violoncelle sonne aussi mal que je l’imagine et plus encore pour que l’on n’entende que l’Esprit et la Volonté qui l’ont créé. Il est pour moi un emblême de dignité et de grandeur humaine.
*;->)

http://www.mim.fgov.be/home_fr.htm

18:42 Écrit par Amadeus dans Art | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : art, humour, musique, dignite, coeur |  Facebook |

Ein musikalischer Spass* intestinale…

HommageL

 

                    Samedi matin en me réveillant j'entends que le grand musicien contemporain autant qu'Allemand Stockhausen, était mort. Sans aucun rapport avec l'information précédente pour le moment, samedi midi j'ai mangé de la choucroute avec les saucisses du même nom. Elle était un rien acide et ne dit-on pas qu'acidité et critique sont apparentées?

Le soir nous sommes allés écouter William Christie et les Arts Florissants dans La Création de Haydn. Quelle ironie, pensais-je que d'écouter Haydn le jour de la disparition de Stockhausen… Mais il s'est vengé, je vous zesplic…

Pour ceux qui n'ont pas la stéréo, je précise que Stockhausen qui a pu me séduire dans mes boutonneuses années 60, est un musicien à ranger parmi les cornichons dudit l'ArtActuel. Faut dire que ce qu'il disait sur sa musique était déjà comme sa musique. Jugez vous même:
"Une forme momentanée qui résulte d'une volonté de composer des états et processus à l'intérieur desquels chaque moment constitue une entité personnelle, centrée sur elle-même et pouvant se maintenir par elle-même, mais qui se réfère, en tant que particularité, à son contexte et à la totalité de l'œuvre".
Vous n'avez rien compris? C'est normal. Ce serait même bon signe. Il a aussi composé le helikopter-quartett où les musiciens sont enregistrés en hélicoptère. Ben voyons! Ça évite les problèmes électriques de masse des micros, je suppose. En tout cas lui, il y était bien, à la masse. Une autre de ses grandes idées était de considérer l'attaque des tours jumelles de New York comme une œuvre d'art. Un happening en quelque sorte! Une grande œuvre. Pourtant, cette vision des choses n'avait pas plu à certains semble-t-il… Les gens sont mesquins quand même!

Et là, pendant que William Christie et ses quatre-vingts instrumentistes et choristes nous raffinaient Haydn, la choucroute ingérée à midi a fait resurgir Stockhausen dans le concert. Avec mes Gargouillis et émissions diverses, je suis devenu pour un temps le messager de l'hommage de Stockhausen à la musique de Haydn. Et c'est là qu'à l'insu de mon plein gré, j'ai pu accompagner les raffinements des Arts Florissants tout en ajoutant ma touche critique très personnelle. Notez, la puissance de l'orchestre a couvert les vocalises de mes intestins. Mais je me demande encore qui de Stockhausen, Haydn ou moi-même fut le plus baroque, samedi soir…

*Une plaisanterie musicale, titre d'une œuvre de Mozart où il se moquait des mauvais compositeurs.

*;->)

12:17 Écrit par Amadeus dans Art | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07/12/2007

Un jeu pour tous en voiture…

 Un-jeu-pour-tousL


Ça recommence, on me demande où je vais chercher tout ça! Eh bien, puisque la question de l’inspiration vous passionne, je vais vous donner quelques exemples. Parce que le terme création est mis à toutes les sauces mais on ne crée jamais rien! On ne fait que s’inspirer.

Par exemple, savez-vous ce qui a inspiré les coupoles du Carlton? Eh bien, elles ont été dessinées d’après le gabarit des seins de la belle Othello. Me regardez pas comme ça, voyons! Ah! ça perturbe, hein! Authentique. Je n’ose pas imaginer les attributs mammaires qui ont inspiré le Palais de Justice de Bruxelles… Quant à celle qui a inspiré l’Atomium… elle devait être solidement fantasmatique!

Et le parlement européen de Bruxelles? Les fesses de Mahité préparant un Camembert? Riez pas, depuis que Evelyne Thomas a inspiré la nouvelle Marianne, tout est possible! Et pourquoi pas des entrées de métro à partir de la bouche de Brigitte Bardot? Et le pif de Chirac pour la Pyramide du Louvre? François Hollande pour le palais enchanté d’Eurodisney qui travaille du chapeau? Qui a inspiré la Tour Eiffel? Une anorexique célèbre? Et le Centre Pompidou? Pas évident!
Essayez d’imaginer ce qu’eurent été les coupoles du Carlton si l’architecte avait été amoureux de Jane Birkin… En fait de coupoles, le Carlton aurait l’air d’un chalet suisse!

Mais dites, j’ai un doute, là à propos de fantasmes… Est ce que par hasard les colonnes de Burren auraient été inspirées par Roco Siffredi? Avec tous les états intermédiaires…

Vous le voyez, l’inspiration ne connaît pas de limite. Suffit de faire le rapprochement entre deux choses. On ne savait pas que les architectes étaient aussi fesséti… fa… cétieux.

On a mis un jeu au point avec les petits enfants. En voiture, on cherche ce qui a bien pu inspirer les horreurs qui poussent comme des champignons! Séances de rire garanties! Essayez, vous verrez! C’est fou ce que ça inspire!
*;->)

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03/12/2007

Tourista artistique…

Art-éléphantesqueL

 
Dans la catégorie humour fin et parmi tous les nominés comme on dit, the winner is… la blague suivante: que faut-il donner à un éléphant qui souffre des intestins? La réponse est: beaucoup d'espace… parce que quand il se lâche…


Ah, ben c'est justement ce mot dont je voulais vous parler, tiens. Se lâcher est connoté tourista incontinence pour moi… On se lâche. C'est pas répertorié parmi les activités les plus élégantes, civilisatoires ou raffinées de notre époque mais ça dit bien ce que ça veut dire: un soulagement des fonctions basiques.

Epoque n'est peut être pas le mot le mieux choisi parce qu' en fait… eh bien… justement, à notre époque, ça change un peu. Je vous zesplic.

Cela fait un long moment que je vous bassine avec ma conception de l'Art. Je n'épargne aucun escroc qui produit des "installations" et autres cornichonneries ni aucun financier qui tend à nous ridiculiser, nous qui ne pouvons pas comprendre et encore moins acheter ces bêtises. Mais personne n'oserait penser que des gens aussi brillants et réalistes puissent se tromper à ce point. Conclusion: c'est nous qui nous sentons idiot! Le système est bien au point entre critiques, zartistes, financiers. Ces gens là ont créé une bulle spéculative art comme il y a eu une bulle spéculative internet. Toutefois, ils y travaillent avec une telle insistance qu'ils ont étouffé l'Art et que tout le système est sur le flanc!

J'entendais ce soir sur Arte qu'avec "cette œuvre, l'artiste avait vraiment pu se lâcher"…

Instantanément, il y a eu quelques nouvelles connexions dans mon cerveau: l'artiste se lâche… comme l' éléphant qui fait l'installation de sa diarrhée… Ou comme un pet du cerveau. Mais bon sang mais c'est bien sur! Pour faire un tel art, on ne doit surtout pas compter sur l'esprit! Il faut se lâcher! Et pour se lâcher il suffit d'être suffisamment malade! C'est clair! Tout s'explique!

C'est beau quand même les idées quand ça devient clair!

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