11/10/2009

Consommateurs de culture…

Consommateurs-de-cultureL

 

                    Il y a une expression qui revient de plus en plus souvent dans les bouchées double langage des ministres: il faut que chacun puisse consommer de la culture. Arrêtons-nous une minute parce que l'expression n'est pas anodine.

Il y a dans le concept de consommation, l'idée du passage. Je mange, j'avale et pour le reste je vous renvoie à l'expression chère à Pierre de Coubertain: l'important c'est de partir pisser, voire plus… Bref, la chose avalée vous fait plaisir au palais, vous donne éventuellement une idée de satiété et puis basta: éli-mi-nez!

C'est donc une vision de la culture comme "avoir" et pas comme complément de l'Etre. Or, la culture n'est pas quantitative, elle est qualitative en ce sens qu'elle fait grandir l'être. L'érudition pure est quantitative. Mais lorsqu'elle est bien choisie, elle vous améliore qualitativement parce qu'elle vous apporte des structures nouvelles de raisonnement, de pensée, de vision du monde.

Oui mais voilà. La culture qui mène à l'Être est un produit à faible valeur et faible taxe ajoutées. Il est donc bien plus intéressant d'en faire un produit commercial, un produit qui se contente de l'Avoir… Les commerçants ont groupé dans le même fnac les livres de Kant et les disques de Johnny Haliday. Culture! Appellation jamais contrôlée d'origine… Le même terme d' "auteur" étant utilisé pour le créateur de la Recherche du Temps Perdu ou celui de la Danse des Canards, il fallait le protéger!  En fait, il ne s'agit que de protéger le commerce des multinationales qui s'enrichissent en vendant la corde de Marx pour les faire pendre. On trouve ainsi la promotion de nique ta mère et autres incitations œdipiennes ou non dans les "œuvres" de ces "auteurs".

Et voilà, la boucle est ainsi bouclée. La culture devenant n'importe quoi, on peut la consommer et donc en faire un produit commercial.
Et si ça ne vous plaît pas, c'est le même prix!

C'est pourquoi je suis contre la loi HADOPI, contre la protection de ceux qui ruinent l'idée même de culture en en faisant un produit de consommation. Qu'importe que les "majors" disparaissent. Ce sont des vendeurs de plastique et rien d'autre! Si le plastique n'est plus nécessaire pour vendre de la musique, tant pis pour eux et basta! Et je compte bien sur internet pour ruiner une mauvaise pratique qui s'est installée et qui nous tue la Culture Être au profit de celle de l'Avoir!

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11/05/2009

Ethologie et Hamburger

EthologieL

 

                       L'éthologue (étude du comportement animal) Konrad Lorentz a montré que le poussin qui sort de l'œuf reconnaît la première chose qui bouge devant lui comme étant… sa mère. Et il la suit. Ça peut être un train électrique une poule ou un socialiste, peu importe. D'ailleurs, en Belgique, les socialistes… Ah, pardon, je m'égare.

Les humains ont aussi ce genre de comportement. Ainsi, Proust a montré que si vous mangiez une petite madeleine dans un contexte donné, ce contexte vous reviendra à l'esprit quand vous remangerez une madeleine.

Un jour, un monsieur américain qui s'appelait Hamburger eut l'idée d'en fabriquer et de les vendre. Puis, il lut Proust et se dit que s'il faisait de ses restaurants des endroits festifs où les parents vous emmènent quand vous êtes en congé, chaque hamburger susciterait un bien être psychologique qui vous rendrait heureux!

C'est ainsi que monsieur Hamburger fit du repas BigreMac une drogue à l'insu de votre plein gré comme disait le coureur cycliste. Vous pensez emmener vos enfants dans un repas rapide qui mange pas de pain… et vous les conditionnez grave pour la malbouffe! C'est pas tout. L'industrie du disque se dit que l'on pourrait faire la même chose. En matraquant un peu des musiquettes simples, on pouvait en droguer les gens pour qu'ils les achètent. Et ça a marché!

Avec cette méthode on arrive à vous faire acheter n'importe quoi. C'est ainsi qu'aujourd'hui on vous fait empiffrer des pizzas synthétiques livrées en scooter, des boissons hyperdiabétiques, de la graisse végétale (huile de palme) hypercholestérolémiantes ou des bonbons qui vous dévissent les dents.

Pourquoi je vous raconte tout ça? Parce que le chanteur Bashung est mort et qu'à entendre les commentateurs je me suis mis à me dire que j'avais raté quelque chose… que son talent m'aurait échappé… Ben non. A l'écouter de plus près c'est à lui que le talent avait échappé…

Eh oui, à bouffer n'importe quoi dans des atmosphères festives, on finira tous drogués à la connerie universelle.  * ;->)

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15/02/2009

Le cul et les oreilles…

Cul-oreillesL

 

                        Il y a cinq ans, j'ai voulu remplacer les enceintes de ma chaîne Haute Fidélité. Je me suis fixé un budget et j'ai commencé à chercher. Après avoir parcouru quelques auditorium et beaucoup lu sur la question j'avais fixé mon choix sur deux superbes produits dont les critiques disaient le plus grand bien et après écoute j'ai acheté deux enceintes magnifiques et au double de mon budget… Caprice… Plaisir de la volupté d'un son tellement présent. Bah, on ne fait pas des folies tous les jours. Et c'est quand même pour pas mal d'années de plaisir.

Arrive un ami. Il admire les enceintes et en demande le coût par curiosité. Une fois que je l'ai eu ranimé, il s'étranglait: quoi? T'y as payé ce prix là? Mais tu es fou! Tout ça pour du bruit!
Je commençais à complexer et je me suis mis à réfléchir. Eh oui c'est de l'argent. J'ai donc cherché à motiver mon achat en lui disant que j'aimais beaucoup la et même les musiques, mais aussi la qualité, le fruité des sons et des harmoniques, choses qui disparaissent absolument avec les chaînes standards. Mais ça n'a pas suffi et je suis passé pour le dernier des cinglés. Mais vous savez comment ça va, une fois que le cerveau se met en route, il devient difficile de l'arrêter.

Un jour que je rendais visite au dit ami, il m'a montré son nouveau salon. Il venait de s'acheter deux superbes canapés en daim et deux fauteuils la semaine d'avant. J'ai admiré, puis en ai demandé le prix. Le total valait bien plus cher que mes enceintes! Et là, c'est venu tout seul: quoi? Tu as payé ce prix là? Mais c'est effrayant! —"Oui, me dit-il mais qu'est ce qu'on est bien assis! On s'y sent bien, et toi tu as bien acheté tes enceintes!". Et c'est là que je suis devenu féroce…

Mais mon vieux, tu me traites de fou mais je te signale que tu viens de dépenser plus d'argent pour ton cul que pour tes oreilles! Plus d'argent pour t'avachir que pour te cultiver!

Eh oui, c'est ça la vie. On dépense souvent plus d'argent pour ses bassesses que pour les hauteurs… Ça fait réfléchir, hein! Vous trouvez pas?   Bon… je crois que je vais encore me faire pas que des amis avec ce texte…
*;->)

05/02/2009

Les sceptres Oscar et César

OSCARL

 

                        Y pas à dire, mais il y a des différences entre les Américains et nous. Je vous zesplic.

Les Américains sont cons. Ils ont un mauvais cinéma et ne font jamais de bons films. Nous, on est géniaux, et on ne fait que des bons films, la preuve: ils se vendent mal au-delà de nos frontières. Mais je suis pas venu pour vous parler de ça.

En fait, je voulais vous parler des cérémonies de remise des prix. Aux Etats-Unis les primés reçoivent une statuette qui représente un homme debout dans une position majestueuse: l’ Oscar. Chez nous, ils reçoivent une représentation symbolique de l’état de la culture et de la politique…: une compression de boîtes de conserves, le César. En or quand même, faut pas rigoler! Quand les femmes de ménage ne les jettent pas par erreur, certains comme Eddy Mitchell vendent le leur aux enchères!

Ensuite, les présentateurs sont des légendes du cinéma américain. Chez nous, ce sont deux présentateurs d’émissions de variétés qui sont pressés d’en finir, ils ont un métro à prendre à cause de la 605 qui fait des soucis. Aux Etats-Unis, les gens qui gagnent un prix en sont fiers et le montrent à tous en jubilant sans bouder leur bonheur. Chez nous, le gagnant s’excuse, suggère que c’est con mais qu’il le prend quand même et pour rassurer tout le monde, dit du mal du ministre et du Système et dit qu’il s’en fout parce que de toute façon, il l’a pas mérité et que personne peut comprendre son film.

Aux Etats-Unis, le silence se fait et le gagnant dit combien ça lui fait plaisir, il remercie l’assistance et son équipe pour lui avoir permis de vivre une merveilleuse aventure. Il a un mot d’humour et se retire dignement. En France, le gagnant doit affronter les intermittents du spectacle qui font du raffut, montent sur scène avec la demi-complicité des présentateurs (quand celui-ci n'est pas bourré comme Delarue l'autre jour à la remise des Globes de Crystal) et font un discours semi-communiste sur la situation. Puis, le gagnant parle de ses émotions qui sont en train de lui exploser l’ADN là au moment où il vous parle et, les yeux humides remercie sa maman, son papa, sa femme, son psy, son patron et ami de toujours, les financiers qui ont cru en lui malgré ses conneries, ses enfants, son chien, sa crémière et le perchiste du son qui est un ami de toujours et sans lequel….

Aux Etats-Unis ils sont rétrogrades et bêtement habillés avec des smokings et de jolies robes. Chez nous, ils sont pour la plupart mal rasés, habillés Fashion Victims issu du bon goût de chez nous et ils ont du se débarrasser de leur cravate vu que la courroie de la pompe à eau de la 605…… Mais le pire… c’est que les Américains, font plein de films qui se vendent universellement et gagnent de l’argent alors que nous faisons du comique de groupe invendable au-delà de la francophonie. Même que pour vendre aux Etats-Unis ils ont du engager des pingouins comme acteurs. Et ils ont eu un prix! Aux USA!  La Marche de l'Empereur…
Vous imaginez les Pingouins en pingouins remerciant les phoques qui se marrent comme des baleines?


Pauvre culture francophone… son Panthéon traîne décidément sur ses chaussettes…
 *;->)

09/08/2008

Pauvre Grèce…

Pauvre-GrèceL

 

Ces derniers temps, les accessoires humains ont tendance à se multiplier et il va falloir visualiser ci-dessous. Je vous zesplic.

Personnellement, j’ai une conception grecque du corps humain. Ils ont été les premiers à ne plus s’asseoir à terre mais à vivre complètement debout ou assis. Ils ont été fascinés par la beauté du corps dont ils ont établi les canons: proportions, majesté, prestance, élégance du geste, etc. En dehors d’un bracelet ou collier, ils ne connaissaient pas encore nos merveilles…

Bien plus tard, est apparue la montre. Elégante, discrète, pratique comme si notre poignet avait toujours été là à l’attendre. Une réussite! Mais il n’y en eut pas d’autre à l’exception du dentier et encore, tant qu’il reste à sa place*! Or, il devient urgent de trouver d’autres endroits pour accrocher tout ce dont nous avons besoin! Les hyper-téléphones d’aujourd’hui… où les mettre pour ne plus voir les dames plonger dans leur sac et atteindre l’objet après la dernière sonnerie? Ou les hommes qui se flagellent pour trouver la bonne poche. Et le GPS portable arrive. Pratique, mais où le mettre ce bidule? L’autre poignet? On va tout doucement commencer à ressembler à des extra-terrestres. Vous imaginez le tableau? Je vous le décris:

D’abord, les cheveux ostensiblement colorés blonds façon popstar. Des lunettes pare-brise solaire très noires, qu’on voit plus jamais les yeux. Manquent plus que les essuie-glaces mais ça viendra! Après, le masque contre la grippe aviaire! Ben oui! Sortez couvert! Le masque, lui, il vous empêche d’attraper la grippe et les mauvaises odeurs de vos contemporains. Puis vous avez un iPod sur les oreilles pour pas attraper des relations avec les autres et masquer les mauvaises ondes de l’environnement. Mais où le mettre, celui-là aussi? Et votre réanimateur cardiaque pour le cas où?
Non, vraiment, on va plus s’en sortir. Or, tout ça est indispensable à notre bonheur, n’est ce pas? Seulement, vous voyez le tableau? Et j’oubliais les clés ou la monnaie… mais là, en principe, les poches suffisent. Et puis les si élégantes chaussures de sport qui vous filent un air extra-terrestre et qui sont au pied ce que le hamburger est à la diététique.

J’avais bien l’une ou l’autre idée. Le Holster, vous savez le machin des espions pour un revolver accroché sous la veste? On pourrait en créer un pour tous nos accessoires. Viril… Les dames pourraient y mettre une panoplie de maquillage en plus. Ou alors… s’accrocher tout ça autour de la ceinture mais ça fait tribal. Je vois plus qu’une solution: les traîner derrière soi comme des casseroles… Celles que traîne notre époque! Pauvre Grèce…
*:->)

20:01 Écrit par Amadeus dans Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : culture, corps, elegance |  Facebook |

07/06/2008

Gloria au lasso…

Gloria-au-lasso2L

 
                        Vous savez ce que veut dire canoniser: sanctifier, reconnaître le statut de Saint d’un défunt sous prétexte qu’il a fait des miracles. Pas des miracles comme TF1 à «Qui veut gagner des Millions», hein, des vrais!

Là, il y a une Française qui aurait été miraculée, ce qui prouve que Jean-Paul II est un saint. Quoi, quoi, pourquoi? C’est comme ça, et on la boucle!  Point! Quoi, vous n’êtes pas croyant? Ben j’y peux rien, mon p’tit père! C’est comme ça! Vous trouvez ça un peu arbitraire, que ça manque de preuves... Vous êtes difficile, hein vous! Ça ne se passe que dans l’Eglise? Oh non, pas du tout. Tiens, pas plus tard qu’aujourd’hui... Je vous zesplic.

Un matin, j’entends que Gloria Lasso est mourée. Pas énamourée cette fois comme avec ses neuf maris... mais mourée mourée. Définitivement. Vous vous foutez de l’acte de déchet de cette grosse vache espagnole à la vie sentimentale aussi agitée que celle du lapin de garenne et aux chansons post-mozartiennes, très post, hein, que cette morue soit mourue? Moi aussi. Ça fait plaisir hein d’être d’accord tous ensemble qu’on est! Ça réchauffe le sentiment grégaire, Grégoire.

Oui mais, on a tout faux! On n’a rien compris. Je vous rezesplic (c’est un mot yougoslave). Renaud Donnedieu de Vabre, vous connaissez? Non, rien à voir avec un bon café. Renaud Donnedieu de Vabre est Minustre de la Cuilture françouse. Oui oui, le remplaçant de Jack, Jack Lang... Vous voyez ça d’ici: les grandeurs de la France, la Culture Française Intemporelle, l’Exception Culturelle, bref quelqu’un qui s’y connaît. Et pas démagogue puisqu’il est même pas socialisse. Eh bien, Renaud Donnedieu de Vabre vient de canoniser Gloria Lasso qui ne l’était vraiment pas, canon! Il lui a rendu un vibrant hommage ma soeur. Un vibromassage... Bref il en a fait un vibrant fromage...

Quand ils ont appris ça, les Medici ont rappelé leur ambassadeur en France... Vinci a réclamé que la Joconde quitte le pays...

Moi, j’attends qu’elle fasse un miracle maintenant, en plus de la conversion rapide de Donnedieu de Vabre à la connerie universelle! Parce que ça c’en est déjà un fameux! Quand je pense que Napoléon a été à peine commémoré... Pourtant, lui, le droit canon, il connaissait!

Enfin, tout ça c’est ce que les Français appellent «l’exception culturelle française», je suppose!...  *;->)

22/05/2008

Griffée du disque…

Griffée-du-disqueL

 
                        J’ai assisté à une scène surréaliste à la FRAC l’autre jour. Et dire qu’on me demande régulièrement «mais où allez vous chercher tout ça?». Je réponds invariablement: je vous observe!

J’ai toujours eu des relations suivies avec mes disquaires et libraires. Celui-ci est un pianiste peut-être frustré de n’avoir pas été premier prix Reine Elisa… bête de concours. Mais c’est un homme éthéré grand comme un tuyau d’orgue qui aime vraiment la vraie bonne zizique (dans le style classique). Sympa, le mec. Un passionné plein de sincérité intérieure pour son Art. Je devise avec lui quand arrive une dame de 45 ans, bien mise mais avec des vêtements «griffés», sobre, assez neutre grise et un peu sèche, (dans le style de l’ intellectuelle peu fantaisiste). Elle présente trois CD différents de la même œuvre de Ludwig le Grand et demande:

- quelle marque vous me conseillez pour cette musique?
Je vois mon grand disquaire aux longs cheveux gris beethoveniens pris de tremblements (dans le style de la Dingue africaine) mais il parvient à dire:
- mais Madame, c’est pas une question de MARQUE de disques mais d’interprète! (dans le style: peu importe que ce soit une Ferrari ou non si c’est Schumacher qui conduit!)…
- Oui, mais quelle marque a les MEILLEURS interprètes ?» Bref, elle cherchait le label, la griffe Sonia Rykiel équivalent musique!

Le type est pris de tremblements épileptiques. Ses membres se raidissent et se détendent brusquement par saccades sauf le freudien que l’on me soupçonne d’évoquer. Il réitère sa remarque mais la bonne femme n’en démord pas! La marque et rien d’autre! (dans le style stalinien: Le pape, combien de divisions?)
- Celle-ci, c’est quand même une bonne marque, non?’…
Le pauvre homme ne répond plus. Il ne peut y croire! La bouche en rond, il reste dé(ca)pité face à tant d’assurance dans l’ignorance. Il arrive plus à respirer, il va nous faire un arrêt cervical, là. Allo, le Manitoba? Plus de réponse… (dans le style Jo et Zette). Un autre client qui attendait son tour, un peu excédé, prend le relais… :

- Vous avez raison, Madame, mais chez eux, je vous conseillerais plutôt Claude François, alors. Je sais qu’ils en ont un excellent : «Allo, Maman bobo» et le disque est très solide, résistant aux griffes. La pochette est en couleur, aussi. En plus, pendant les soldes y font trois pour deux. Elle a eu l’air contrarié par ce coup de griffe et elle est partie en disant ‘bon, je vais prendre cette marque-ci, alors…’

Le disquaire se marrait en sa chevelure (dans le style Beethoven après surdité), ravi que quelqu’un ait dit ce qu’il ne pouvait se permettre de dire avec la marque du magasin collée sur le front… Il est employé… (dans le style frustré)  *;–>)

18:00 Écrit par Amadeus dans Con | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : humour, culture, disque, musique |  Facebook |

21/05/2008

Bach et boulimie

Bach-boulimieL

 
                    Après le Big Mac, voici le Bach Mix. Vous ne connaissez pas? Je vous zesplic.

Le hamburger, qui est la forme la plus canine de l'alimentation humaine, s'est trouvé à la croisée du pragmatisme américain, de la nécessité de se nourrir sans savoir cuisiner et du manque de temps et d'argent. Jusque là rien à dire. Mais l'impact de la culture promotionnelle américaine qui est quantitative et non qualitative, a suscité une culture de la boulimie et de la satiété par la quantité. C'est vrai: nous, quand nous allons au restaurant, nous mangeons lentement, ce qui donne au corps le temps de se faire une opinion sur la satiété bien vécue. Tous les nutritionnistes vous le diront: mangez lentement! La satiété viendra, même avec peu de chose.

Pour l'Américain, la satiété vient quand l'estomac vous oblige à défaire la ceinture et que vous vous entendez roter à faire un trou dans la couche d'ozone. Notez, le Cloacacola aide beaucoup. Comme si tout cela ne suffisait pas et comme un malheur n'arrive jamais seul, il y eut surenchérissement. C'est ainsi qu'on est passé du Mad au BigMad… Deux fois plus de satiété pour passer des obèses aux Big-Obèses bientôt. Chouette, non?

Jusqu'ici vous vous dites que vous êtes bien heureux d'être européen de culture culinaire française et d'un milieu social qui vous protège encore des atteintes de Mad Conald… Oui mais… Oui mais… la culture de la satiété par la boulimie est en train de vous rattraper. Vous allez voir…

On a vu apparaître pour l'année Mozart des coffrets de CD "tout Mozart" pour 100 dollars qui s'apparentaient plus aux boîtes de friandises Mozartkugeln qu'aux partitions… Et c'était la copine du producteur qui avait assuré pour les sonates… Comme il s'en est vendu des tonnes, les voilà qui récidivent avec le big Bach mix! Tout Bach à écouter un coca à la main et un BigMad dans l'autre. Ça vous cultive un homme en moins de deux mesures. Ça fait de vous un obèse de la culture, la quantité se substituant au raffinement du plaisir des interprétations et des lectures sensibles des œuvres.

Comme disait l'autre: "t'as pas un bon Montaigne à me prêter?"…

18:00 Écrit par Amadeus dans Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : bach, humour, boulimie, culture |  Facebook |

30/04/2008

Art épouvantail

•-Art-épouvantailL

 
 
                    J'ai déjà eu l'occasion de dire quelques fois tout le bien que je pense des artisses d'aujourdhui. A ma gauche il y a les artisans qui fabriquent des breloques, poteries et autres tissus colorés, à ma droite il y a les malins qui sont arrivés à force de discours à prétendre que leurs cornicochonneries sont du l'Art.

A propos du monument fondateur de toute cette bêtise, il y a l'urinoir de Duchamp. J'ai dit qu'il était évident que si cette "œuvre" était trouvée dans 500 ans par un archéologue, on ne manquerait pas de la classer dans la catégorie objets utilitaires et pas dans celle des œuvres majeures du XXeme siècle! Clair! J'ignorais qu'il ne faudrait même pas attendre 500 ans!

Alors que toutes les sculptures dédiées à Diane Chasseresse ou à quelque grand homme dans les parcs publics servent gentiment de supports aux moineaux quand les pigeons ne les recouvrent pas de leur guano, quelques œuvres actuelles ont connu un sort qui ne trompe pas! Je vous zesplic.

Une ville balnéaire que je ne nommerai pas pour rester calme, a implanté quelques sculptures dites d'art actuel sur la plage. Ben oui… les plages c'est triste et monotone, il fallait faire preuve de modernité. Et toc, l'art qui s'en mêle des pinceaux.

Oui mais voilà… les oiseaux si prompts à adopter les penseurs de Rodin et les dames plantureuses et dénudées dans le bronze, ont pris peur! Tant et si bien qu'on ne les voit plus dans le coin! Pas cons les oiseaux!  Jusqu'ici ils se contentaient d'un mépris intestinal, maintenant ils ont carrément peur! On ne s'attendait pas à ce qu'ils eussent une appréciation artistique qui ne trompe pas pour le coup! Et tout ça me donne des idées. Pourquoi ne pas saturer les aéroports et autres champs de maïs où les oiseaux sont nuisance, de sculptures modernes? Plus d'oiseaux dans ces zones! Voilà au moins une utilité pour ces machins dont on ne sait que faire par ailleurs. Et finalement, pour déterminer la valeur de tous ces hors d'œuvres abscons on pourrait les mettre sur la plage. Si les oiseaux viennent plus, hop! à la casse ou à l'aéroport!

Comme quoi, l'Art n'est pas le repos du rationaliste comme il y a un repos du guerrier!
Bref, la maladie de la vache folle fait déjà rage mais qui s'en rend compte?
*;->)

18:00 Écrit par Amadeus dans Art | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : humour, culture, art |  Facebook |

09/03/2008

J'ai autogaffé…

 AutogafféL
 
 
                        Tiens, je pense à un truc. Vous avez remarqué qu'on ne parle pas de Salon du livre mais de Foire du livre.  Pas important? Attendez voir… Un Salon littéraire n'est pas une Foire littéraire… C'est quoi ce glissement sémantique, là?

Je traversais donc la Foire du Livre de Bruxelles vendredi. J'étais comme un gosse devant tous ces livres aux titres plus alléchants les uns que les autres. Tant de titres pour gérer enfin ma vie, mon esprit, ma santé, ma carrière, mon bonheur… qui apparaissaient comme autant de clés de paradis. Mais dites, il y en avait tant que je suis arrivé à la conclusion que je ne pourrais jamais les lire et les "intégrer" tous! Je réalisais que j'allais devoir vivre en me débrouillant autrement. J'ai donc fait demi tour avec ma pile de livres qui allait de mes  mains jusqu'à mon menton et remis chacun à sa place.

J'étais d'ailleurs plus séduit par un livre très joli: tout sur les tire-bouchons. C'est vrai, jamais je n'avais vu cet objet comme ça. Plein de couleurs et de jolies photos avec des citations. Indispensable. Hop, emporté. Plus loin, trois livres: nos années 50 en Belgique. Et les années 60 et 70. Génial! Plein d'objets nostalgiques comme la chicorée Pacha, les bassines de lessive en plastoc, les pompes à essence,…. Coup de cœur. Hop, emportés. Tout sur les voitures américaines, tout sur le cochon, tout sur les ponts suspendus, les plaques de rue, les taxis de NYC. Emportés. Quand la pile a atteint le menton, je suis reparti en arrière pour tout redéposer. Parce qu'avec les tirebouchons, j'aurais du acheter le bouquin sur les bouteilles, celui sur les vins, sur les capsules de bière,…etc. Finalement…

Je me suis focalisé alors sur la Culture, la vraie. J'ai trouvé un bouquin passionnant sur la politique non-utilitariste, concept que j'ignorais mais qui était porteur d'idées et perceptions nouvelles indispensables à ma vision du monde.  Et celui de Steiner, bon ça Steiner: "Les livres que je n'ai pas écrits"… Quelques autres thèmes semblables et tout aussi smarts plus loin, j'ai relevé le menton et fait demi-tour…

Décidément, plus je voyais de livres plus je comprenais que chacun  allait me priver de la connaissance de celui d'à côté… Chaque obligation de choix était une obligation de devenir un peu plus idiot… Ou de m'en rendre compte! Que faire? Comment assumer cette malédiction d'être chassé du Paradis Terrestre et de celui de la connaissance? Mais comment vivre bien en restant ignorant?…Et pas un seul livre pour me guider dans cette voie… Je rêvais de bouquins pour remplacer ma télé mais je crois que j'ai autogaffé, là… *;->)

21:36 Écrit par Amadeus dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : salon du livre, culture |  Facebook |

30/01/2008

Mon libraire m’en fait voir de toutes les couleuvres…

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                     J’adore mon libraire. Mais je vous garantis qu’il n’a jamais ouvert un seul des livres qu’il vend... Son langage est un vrai labyrinque, jugez-en plutôt. Voici notre conversation de samedi...

- Comment ça va?
- Oh, je ne sais pas si ça va mieux ou moins mal. J’ai un l’homme bago à cause de mon Boldy Building.
- Mes sincères convalescences, dis-je...
- Merci... Et puis je travaille trop et Brigitte en compatit. Ça fait deux ans que je sors ensemble avec elle mais je crois que j’en ai sa claque. L’autre jours je suis rentré jusqu’à trois heures du matin et elle m’a sorti hors de moi. Elle va pas durer ça longtemps d'ailleurs. Pourtant moi je ne fais qu’un peu de bac minton avec les copains mais ça lui déplaît. J’en ai vu de toutes les couleuvres avec elle et je ne veux pas me laisser mener par le bout de la baguette. Je ne suis pas le genre à foncer les yeux baissés mais là je vais pas résigner sur les moyens si ça continue à durer.
- Oui, dis-je mais ça va s’arranger...
- Vous savez, qui aime bien chatouille bien. Je me souviens avoir été frappé par les baffes que recevait mon frère dans le temps. Mais ça portait ses fruits! Brigitte croit qu’elle va avoir le dernier mot pour rire avec moi... mais ça... D’ailleurs, j’ai vu un gars qui lui tourne autour et je me demande... Parce qu’il ne la laisse pas insignifiante, je crois. Un type que je ne connais pas qui vit sur un grand train de pied. Je crois bien qu’il vit d’expéditifs mais il dépense... Il me dévisage toujours de la tête aux pieds... Jamais un mot plus bas que l’autre mais incapable de dire quelque chose à bon essieu.
- Et que dit Brigitte?
- Je lui en ai parlé pour lui montrer que je me doutais... mais à aucun moment elle n’a perdu les pieds. J’ai fait des yeux et des mains pour essayer de savoir parce que je veux pas d’un troisième larron à la charrette. Elle me dit que ce ne sont que des qu’en dira-t-on mais moi je vois ça assez sceptique. Ça suffit plus qu’assez. Elle me trouve trop casernier, je crois.
- Bah, Brigitte est mignonne et vous êtes un peu jaloux, non? Il ne faut pas voir le mal partout, c’est qu’elle vous aime!
- Ah oui? Un jour, je l’ai trouvée à la maison, le mec. Il picolait dans les plats, riait à gorge d’employé comme s’il avait bu de la portion magique et avait envie à mes frites du souper. Je lui ai dit que ça durait trop de temps, cette histoire et croyez moi, il est parti sur les rouleaux de chapeau jusqu’au moment où j’ai dit que cette affaire ne me plaisait pas. Mais Brigitte c’est comme la chèvre de Monsieur Fugain. Elle rêve que d’aller voir ailleurs si j’y suis pas. Vous croyez que j’exagère?
- Non, je crois simplement que vous vous aimez tous les deux et c’est ce qui vous rend un peu jaloux, non?
- Ah, je ne sais pas, mais c’est toujours intéressant d’entendre une fois une autre cloche...

Et allez, je bouffais de rire à nouveau! Bon, j'ai un peu regroupé toutes les expressions qu'il m'a sorties depuis des mois, mais il parle vraiment comme ça!  Etonnant!   *;->)

23:45 Écrit par Amadeus dans Drôle de monde | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : libraire, culture, humour |  Facebook |

25/01/2008

Subversion culturelle

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                     Il y a quelque temps, j’ai visité une magnifique exposition de 60 masques de la collection suisse Barbier-Muller qui est, pour ceux qui bavardaient pendant que je parle, le plus grand collectionneur d’Art dit Premier au monde.

Mais... pour faire mode et proche du peuple, le concepteur de l’expo a cru bon d’insérer quelques masques de pompier et de démineur des années 1920. Ça n’éclaire en rien la compréhension des œuvres et ça dévalorise l’Art d’une façon générale en accréditant l’idée que la création peut être le fait du hasard, ce qui est absurde et même insultant pour l'Art.
Mais, en architecture on avait déjà vu les codes barres des colonnes de Buren dans la Cour du Palais Royal et la Pyramide du Louvre. Faut dire que Jack Lang a eu tellement peur d’être un Ministre de la Culture qui aurait loupé quelque chose, qu’il décorait les tagueurs et tout ce qui bougeait.
Vous me connaissez, je suis un type gentil et j’ai quelques idées, donc, voilà ce que vous pourriez lui suggérer si vous le croisez.

Les concertos de Mozart gagneraient à ce qu’on remplace le piano par une guitare électrique, spécialement dans un célèbre concours pour voir la tête de la Reine Fabulosa. Le concerto n°20 avec de la batterie, pas mal non plus.

La petite culotte de Madona pourrait être encadrée de dorures et exposée au Musée d’Art Moderne avec cette légende: «Titre de l’œuvre: Madona, Traces diverses sur toile, 30x40 cm, acquisition de l’Etat»...
Les grands cuisiniers pourraient nous proposer: «petit pâté de Pedigree Pal sur son lit de verdure au Sheba assaisonné de bave de vinaigre viagra». Je suis sur que vous salivez déjà, rien qu’à entendre la jolie musique de la recette. Notez un restaurateur a déjà introduit du viagra dans une de ses recettes...J’invente rien!
Jean-Paul Gaultier pourrait nous organiser un défilé de mode où la toile de tente avec ses piquets renouvellerait le genre. Ou sublimer l’essuie de vaisselle pour habiller les belles qui feraient mieux d'être re…belles!. Thème du défilé: la mode au torchon. Je me demande si c’est pas déjà le cas, d’ailleurs.

On pourrait également décréter que désormais, roter en public, mettre les doigts dans le nez et se gratter entre les jambes dans les cocktails est de la dernière élégance branchée.

Tout est possible, désormais. Yann Queffelec déclarait il y a quelques jours à la radio que «après tout le mauvais temps est aussi une forme de beau temps». Mais à force de croire que tout est dans tout et que le contraire du vrai est aussi une forme de vrai, et que si on n’est pas d’accord on est ringard, à force de nier la pesanteur, on va tous se retrouver collés au plafond un de ces jours!  *;->)

18:50 Écrit par Amadeus dans Art | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : aer, culture, escrocs, art, societe, humour |  Facebook |