28.05.2009
A l'oubli du temps gagné…

Je voudrais vous parler d'un truc qui n'a l'air de rien mais qui est tout à fait fondamental pour notre vie. Voilà. Vous faites une bêtise et on vous enferme dans une cellule de trois mètres sur cinq. Privation de liberté. Pas drôle… Si vous vous retrouvez dans une chambre de même dimension mais au club med vous supporterez mieux mais uniquement parce que vous pouvez en sortir. Et ne dit on pas que l'on embarque amis sur un bateau et que l'on en revient ennemis? Eh oui, être confiné dans un espace ridicule est très mal vécu. Parce que les deux dimensions humaines sont précisément l'espace et… le temps.
Eh bien c'est de la même chose que je veux vous parler mais appliqué au temps. Ce que vous ne supportez pas comme privation d'espace, vous êtes obligé de le supporter pour le temps humain. Depuis l'invention du balancier et de l'horloge, les Occidentaux ont découpé le temps avec précision. Avec Taylor et la trop fameuse taylorisation, le temps est parcellisé. Nous vivons à la minute près. Les trains, l'heure des infos, le rendez-vous… Bref, on nous fait vivre dans le temps ce que nous percevons comme un emprisonnement quand il s'agit d'espace. Nous nous croyons libre parce que nous pouvons sortir de notre bureau de trois mètres sur trois pour aller boire un café mais nous pointons au propre comme au figuré dans toute notre vie. Les animaux n'ont pas cette contrainte. Ils vivent leur temps physiologique. Un jeune français nommé en poste dans un oued algérien à qui un Arabe proposait de lui rapporter un pain, l'a vu revenir trois jours après avec ledit pain… Nous avons les montres, les Africains ont le Temps, disait un philosophe…
Nous avons l'illusion de la liberté dans l'espace mais nous sommes les prisonniers du temps occidental. Avec quelques soupapes illusoires: les vacances, la récupération du temps de travail, les week-end. Un peu comme on autorise les prisonniers en fin de peine à sortir de leur cellule le week-end… Certains ne reviennent pas… mais la liberté retrouvée les grise et ils refont des bêtises… Il en va de même pour beaucoup de retraités qui, libérés du temps, perdent leur vie, s'affadissent ou n'ont plus de temps pour rien par désorganisation de leur liberté soudainement retrouvée. C'est pour cela que, de temps en temps, je pratique une activité qui me permet de me retrouver: dessiner un paysage, caresser mon chien ou me perdre dans les villages du bordelais… et dans le temps…*;->)
18:00 Écrit par Amadeus dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : le temps, l espace, la sagesse, taylorisation, carcan, esclavage |
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