07.01.2009

Et vogue la galette!

VogueGaletteL

 

                            Ah, les rois de l'or, de l'encens et du Mir liquide (ils ne savaient pas encore pour le pétrole, sinon ils en auraient apporté aussi). J'adore avoir la couronne des rois. J'ai toujours détesté que ça tombe sur quelqu'un d'autre. Après il faut attendre un an complet pour que revienne une chance de l'avoir. Ça vous laisse le temps de cuver votre déception, mais quand même, c'est long. C'est pas que j'y pense toute l'année mais c'est l'idée qu'il va falloir attendre un an…
Et encore, cette attente ne vous donnera pas la certitude de l'avoir! C'est très dur à vivre, ce moment précis où la couronne vous échappe et arrive bêtement sur la tronche d'un autre qui arbore un sourire satisfait et niais. Je trouve qu'il n'y a rien de plus idiot que quelqu'un d'AUTRE que VOUS avec une couronne des rois. D'ailleurs, la plupart du temps, la couronne trop grande lui glisse autour de la tête comme un collier de clébard. Bien fait. N'est pas roi qui veut…

Mais un jour, comme je prenais un vieux journal pour essayer de ne plus y penser, je suis tombé sur un article qui parlait d'un socialiste. Et c'est ça qui m'a donné l'idée de forcer un peu le destin pour la prochaine galette des rois. Evidemment, j'ai du attendre un an, mais quand la date est revenue, j'ai cherché une galette avec une fève séparée à placer soi-même comme un suppositoire dans la chair de la galette. Pratique et plus sur que le petit bonheur malchance.

J'ai donc repéré un point saillant sur la galette et j'ai placé la fève juste en-dessous avec un large sourire carnassier. Puis j'ai réglé la dimension de la couronne au diamètre de ma tête et j'ai attendu tranquillement la fête. On a mis la galette à table et les enfants étaient très excités. L'aîné était à moitié couché sur la table avec ses deux coudes la tête au-dessus de la galette. Il a dit "moi je veux ce morceau là!" en pointant mon point saillant avec son petit doigt: "on dirait une montagne"… Bardaf.

Ah non, dis-je, on ne choisit pas son morceau! Mais ma femme a insisté… si ça fait plaisir au petit, ça n'a pas d'importance… Je pouvais pas insister, c'eut été louche. Et hop, une année de perdue. Cette année, les petits n'étaient pas là et j'ai re-préparé mon coup. La fève suppositoire, le repère saillant et vogue la galette. Mais comme elle fût un peu secouée avant d'arriver à table, la fève a voyagé dans une cavité intérieure et… c'est mon fils qui a eu l'air con avec sa couronne.

Je serais pas très bon comme socialiste, je crois… Enfin, comme eux, j'ai eu de la galette, c'est déjà ça! *;->)