26.03.2008
Chassés du paradis céleste

Vous vous souvenez des tableaux de Seurat, les jolies dames en robes longues et chapeaux traversant de beaux espace d’été? Ou les belles héroïnes façon Anouck Aimée avec chevaliers servants dans les jardins à la française et robes à froufrous? La claaasse.
Hier, j’assistais à un grand mariage. Un ami de mon fils. Un site merveilleux du Brabant Wallon. Champagne, robes longues ondoyant paresseusement sur la pelouse, serveurs stylés, petits anges de compagnie, lâcher de colombes blanches... nous étions dans une autre époque. Tout fleurait bon les jeunes filles en fleurs... Ah, les cerceaux des demoiselles de nos passés historiques... Nous étions projetés dans un temps différent, un monde désenglouti qui revivait quelques heures dans la magie d’un décor, des révérences et des baise-mains. Encore que, si je me suis fendu de quelques baise-mains, ma femme refusait obstinément de faire la révérence à qui que ce soit: ‘c’est pas la Reine d’Angleterre quand même!’. Mais ma femme est Française républicaine et nous sommes des roturiers!
Quoique... tout a une fin et nous dûmes bien la tirer cette révérence pour quitter cette enceinte hors du temps, traverser le porche nos étoiles dans les yeux... et nous fracasser brutalement sur ce cri:
‘Ta gueule Charlotte!’
Comme on m’appelle rarement Charlotte et que ce n’est pas non plus le nom de ma femme, je regarde par côté et découvre une jeune fille de 15 ans qui rosit légèrement en voyant mon étonnement. Je regarde le gars, un jeune du coin, 15 ou 16 ans le GSM rivé sur l’oreille... qui croit utile de se justifier: ‘ben oui, je suis au téléphone, quoi, merde!’.
Subitement, j’étais chassé du Paradis céleste. J’étais recraché sur cette terre, ce bas monde, plus vite que prévu, avant même d’avoir pu me défaire de mon nœud de cravate. Les colombes venaient d’être flinguées en vol, les étoiles dans les yeux explosaient sous la pression terroriste de ce mutant et les révérences avaient pris un solide coup de pied au cul qui ricochait sur les baise-mains comme dans un film passé à l’envers. Je me demande si ce garçon sera un jour capable de faire le tour de sa voiture pour ouvrir une portière à Charlotte... Et si l’idée d’un baise-main lui vient ce sera sans doute avec la définition qu’en donnait cet humoriste: il y a un début à tout!...
Alors, je me tourne à nouveau vers Charlotte et lui dis, l’air très distingué: ‘ben oui, ta gueule Charlotte! Tu vois pas qu’il est au téléphone, merde!’...
Si bien que je me demande encore si je préfère le ridicule de la révérence aux injonctions choisies de notre galanterie contemporaine ou le contraire. J’arrive pas à choisir, là... *:->))
Hier, j’assistais à un grand mariage. Un ami de mon fils. Un site merveilleux du Brabant Wallon. Champagne, robes longues ondoyant paresseusement sur la pelouse, serveurs stylés, petits anges de compagnie, lâcher de colombes blanches... nous étions dans une autre époque. Tout fleurait bon les jeunes filles en fleurs... Ah, les cerceaux des demoiselles de nos passés historiques... Nous étions projetés dans un temps différent, un monde désenglouti qui revivait quelques heures dans la magie d’un décor, des révérences et des baise-mains. Encore que, si je me suis fendu de quelques baise-mains, ma femme refusait obstinément de faire la révérence à qui que ce soit: ‘c’est pas la Reine d’Angleterre quand même!’. Mais ma femme est Française républicaine et nous sommes des roturiers!
Quoique... tout a une fin et nous dûmes bien la tirer cette révérence pour quitter cette enceinte hors du temps, traverser le porche nos étoiles dans les yeux... et nous fracasser brutalement sur ce cri:
‘Ta gueule Charlotte!’
Comme on m’appelle rarement Charlotte et que ce n’est pas non plus le nom de ma femme, je regarde par côté et découvre une jeune fille de 15 ans qui rosit légèrement en voyant mon étonnement. Je regarde le gars, un jeune du coin, 15 ou 16 ans le GSM rivé sur l’oreille... qui croit utile de se justifier: ‘ben oui, je suis au téléphone, quoi, merde!’.
Subitement, j’étais chassé du Paradis céleste. J’étais recraché sur cette terre, ce bas monde, plus vite que prévu, avant même d’avoir pu me défaire de mon nœud de cravate. Les colombes venaient d’être flinguées en vol, les étoiles dans les yeux explosaient sous la pression terroriste de ce mutant et les révérences avaient pris un solide coup de pied au cul qui ricochait sur les baise-mains comme dans un film passé à l’envers. Je me demande si ce garçon sera un jour capable de faire le tour de sa voiture pour ouvrir une portière à Charlotte... Et si l’idée d’un baise-main lui vient ce sera sans doute avec la définition qu’en donnait cet humoriste: il y a un début à tout!...
Alors, je me tourne à nouveau vers Charlotte et lui dis, l’air très distingué: ‘ben oui, ta gueule Charlotte! Tu vois pas qu’il est au téléphone, merde!’...
Si bien que je me demande encore si je préfère le ridicule de la révérence aux injonctions choisies de notre galanterie contemporaine ou le contraire. J’arrive pas à choisir, là... *:->))
18:15 Écrit par Amadeus dans Drôle de monde | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : humour, education, jeunes, macrame |
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