26.05.2009

Ça a le mérite d'être honnête…

Merite-honnêteL

 

                                     Je reviens de chez mon enfoiré de médecin avec son humour au marteau piqueur. Mais c'est pas le sujet. Le sujet c'est mon rapport à la salle d'attente.

Il existe une société qui rachète à vil prix tous les invendus des magazines hebdos ou mensuels et qui, moyennant paiement, les redistribue dans les salles d'attente des médecins, dentistes, coiffeurs, etc. Bon.

Ces magazines m'interpellent au niveau du mental qu'a pas le moral deux fois…

D'abord, comme ce sont des magazines que je ne lis jamais comme "poils de cul et mirages du monde, le magazine des têtes couillonnées et des glands de ce monde", je découvre des trucs sur nos princes qui nous gouvernent… pas ou si mal. Et quand j'apprends une nouvelle affaire d'arrière-train entre Fluptilde et Soulippe, je me passionne. Puis je tombe sur un article santé, un sur maigrir pour l'été et un sur la nouvelle Rolls, j'ai envie de tout lire mais paf! je suis interrompu au milieu de ma lecture par le toubib qui éjecte le client en cours de rechute. C'est tellement frustrant que ça me stresse quand je lis, ce qui fait monter ma tension, ce qui me vaut des traitements qui ont un effet direct et néfaste sur mes érections matinales que c'est pas le sujet non plus. Tout ça pour un article de magazine pour trisomique.

Mais c'est pas tout… Ces magazines ont un deuxième effet néfaste, c'est que vous léchez vos doigts pour tourner les pages, donc vous reléchez les doigts des autres et vous marquez votre territoire viral pour le suivant… Si le précédent lecteur vient du Mexique vous vous prenez la grippe chili con carne d'un coup, d'un seul dans votre tronche de zozo gringo. Logique.

Je me suis donc dit que j'allais en toucher un mot à mon médecin. Parce qu'on vous tape sur le crâne avec les écrans plats pour vous inciter à vous laver les mains toutes les trente minutes pour massacrer les bactéries et autres virus, mais personne ne s'occupe des magazines viraux des médecins… Sa réponse m'a un peu découragé…: "ben quoi, ça entretient mon fond de commerce, non?".
Au moins, ça a le mérite d'être honnête! Il est bien ce type. Au marteau piqueur.  *;->)

PS: je voudrais préciser à l'intention des malcomprenants que tout ce que j'écris ici est toujours très exagéré et que si je fréquente mon médecin depuis si longtemps c'est que c'est un type sympa et bon médecin. Un rien spécial, c'est vrai… mais là c'est l'hôpital qui se moque de l'infirmerie!

03.02.2009

Comment on devient mouru?

DevenirMouruL

 

                                Ça vous a jamais frappé tous ces gens intelligents qui se prennent en pleine tronche un cancer qu'ils n'avaient pas vu venir? Tentons d'y voir clair. Voilà, il y a un petit truc qui vous gratte et vous voulez pas embêter votre médecin avec ça. Ou le contraire: vous lui en racontez tellement qu'il ne fait plus attention… Et subitement, paf, ça démange vraiment…

Votre toubib qui voit rien donne le coup d'envoi pour ferdaizexamens. Le premier spécialiste ne trouve rien, il vous passe à la radio qui vous passe au cardiologue qui se fait dribbler dans le dédale des couloirs par le néphrologue qui trouve rien non plus mais vous envoie en penalty dans le camp du spécialiste suivant qui, dans un magnifique coup de tête, vous expédie de l'autre côté du terrain hospitalier et là c'est goal! Le dernier de la chaîne trouve ce que vous avez après trois mois de zexamens et de cheminement de votre cancer… Carton rouge pour le ballon: vous! Il ne vous le dit pas mais avertit votre médecin dans votre dos pour vous laisser angoisser encore un week-end.

Votre médecin vous raconte des contes pour enfants: "tout n'est pas perdu, on a fait des progrès mieux que Sylvie Vartan, évidemment il est un peu tard, on peut jurer de rien mais j'ai de bons espoirs, il y a 50% de chances"… Bref, il était passé à côté. "Je l'avais pas vu, la médecine n'est pas une science exacte…", dit-il l'air absent. Merci l'artiste, des exemples comme ça j'en ai quelques-uns… dans mon terrier d'amis, sous terre je veux dire, que je célèbre en novembre.

C'est une particularité du cancer, ça ne vous attaque vraiment que quand on a trouvé ce que vous avez! Avant c'est sournois, après c'est galopant. A se demander pourquoi le mettre au jour! On vit mieux avant! Parce que là vous perdez vos poils, la voix, votre montre à cause de la mémoire qui s'en va aussi, et on vous fait avaler des cocktails de vitamines et de poison d'if et que sais-je, qui vont vous donner le sentiment que vous avez une rémission… de trois jours. Les infirmières que vous voyez parlent autrement: plus proche, plus maternel, plus doux… Normal, vous avez cessé d'être dangereux. C'est le signe. Là, vous avez gratté la dernière case de vos chances et vous allez disparaître subito.

Bon, j'ai plus de place mais l'histoire n'était de toute façon plus très longue… Il y a bien encore des épisodes sympas en charcuterie et avec de la morphine mais… pour une autre fois peut-être?

Surveillez-vous… Ne laissez rien passer, hein… Take care… Le médecin en a peut-être dans la tête. Mais c'est vous qui êtes dans votre peau! Pensez-y…
*;->)