13.05.2008
Ce soir je serai la poubelle pour aller danser…

Si vous voulez comprendre, va encore falloir que je vous dévoile un coin de ma vie privée. Voilà, bien que réalisateur, j’ai fait carrière dans des grosses boîtes avant de devenir indépendant dans le marketing et la pub. Et là, j’ai pu m’amuser à faire des créations moi-même de temps en temps. Un jour, pour une chaîne de supermarchés cliente j’ai créé le thème «La Fraîcheur en Actions» sur une main avec un soleil levant ou une fleur... Le client a conservé cette image pendant quelques années.
Un matin, pressé d’aller au bureau pour y mener un programme intéressant, mon fils me demande un détour pour le déposer quelque part. Bon, on peut pas refuser ça, surtout pas à son propre fils, quand même, mais j’étais vraiment pressé d’arriver à mon travail passionnant et important pour le client et pour moi. Je dépose mon fils et prend quelques raccourcis à travers un quartier résidentiel... et là, au détour d’un virage ... PAF! coincé derrière un camion poubelle. Pas moyen de s’échapper ni devant ni derrière... Là, vous mangez le volant en guise de petit déjeuner, ou vous hurlez tout seul ou vous... prenez votre mal en patience en vous disant que, ma foi, tout doit se faire! Mais vous conservez intact votre bel enthousiasme pour votre travail! On va quand même pas se dégonfler!
Mes doigts accompagnent la musique sur le volant, je respire calmement, heureux de vivre malgré le camion poubelle... et là... mes yeux tombent sur un truc... Ces gars là étaient en train de jeter joyeusement des sacs plein de détritus et noués dans le camion. Et ils y allaient gaiement! Et qu’est ce que je m’aperçois-je? Les sacs en question étaient ceux du supermarché avec mon beau dessin, ma création, le thème que j’avais si fièrement développé... dans le camion poubelle sans que personne ne s’y accroche à un de mes sacs en pleurant pour dire «non, pas lui!» Tu parles d’une «fraîcheur en actions»! Je me suis senti rapetisser. Mes épaules se recroquevillaient. J’entendais mon père qui disait «la pub? C’est pas un métier!».
Je voyais ce camion avaler tout mon glorieux travail, celui dont j’avais été fier, rempli de pelures de bananes pourries, de filtres à café mâtinés de cendres de cigarettes de la veille, de restes de roulades de chicons maculés de peaux de melons, des noyaux d’olives poussiéreux, des kleenex remouchés, des épluchures de pomme de terre dans le Vlan, des préservatifs fanés, des restants de graisse à frites, et des salades putréfiées du Vlaams Blok... J’avais la nausée. Subitement, je me sentais inutile, misérable, chassé du Paradis Terrestre!
Ça la fout mal... J’avais plus vraiment le coeur à aller travailler, cette fois. Je suis allé me prendre un petit blanc avec quelques chômeurs et gens normaux avant de partir comme un scaphandrier aux pieds de plomb vers mon bureau! On est peu de chose, hein! *;->)
Un matin, pressé d’aller au bureau pour y mener un programme intéressant, mon fils me demande un détour pour le déposer quelque part. Bon, on peut pas refuser ça, surtout pas à son propre fils, quand même, mais j’étais vraiment pressé d’arriver à mon travail passionnant et important pour le client et pour moi. Je dépose mon fils et prend quelques raccourcis à travers un quartier résidentiel... et là, au détour d’un virage ... PAF! coincé derrière un camion poubelle. Pas moyen de s’échapper ni devant ni derrière... Là, vous mangez le volant en guise de petit déjeuner, ou vous hurlez tout seul ou vous... prenez votre mal en patience en vous disant que, ma foi, tout doit se faire! Mais vous conservez intact votre bel enthousiasme pour votre travail! On va quand même pas se dégonfler!
Mes doigts accompagnent la musique sur le volant, je respire calmement, heureux de vivre malgré le camion poubelle... et là... mes yeux tombent sur un truc... Ces gars là étaient en train de jeter joyeusement des sacs plein de détritus et noués dans le camion. Et ils y allaient gaiement! Et qu’est ce que je m’aperçois-je? Les sacs en question étaient ceux du supermarché avec mon beau dessin, ma création, le thème que j’avais si fièrement développé... dans le camion poubelle sans que personne ne s’y accroche à un de mes sacs en pleurant pour dire «non, pas lui!» Tu parles d’une «fraîcheur en actions»! Je me suis senti rapetisser. Mes épaules se recroquevillaient. J’entendais mon père qui disait «la pub? C’est pas un métier!».
Je voyais ce camion avaler tout mon glorieux travail, celui dont j’avais été fier, rempli de pelures de bananes pourries, de filtres à café mâtinés de cendres de cigarettes de la veille, de restes de roulades de chicons maculés de peaux de melons, des noyaux d’olives poussiéreux, des kleenex remouchés, des épluchures de pomme de terre dans le Vlan, des préservatifs fanés, des restants de graisse à frites, et des salades putréfiées du Vlaams Blok... J’avais la nausée. Subitement, je me sentais inutile, misérable, chassé du Paradis Terrestre!
Ça la fout mal... J’avais plus vraiment le coeur à aller travailler, cette fois. Je suis allé me prendre un petit blanc avec quelques chômeurs et gens normaux avant de partir comme un scaphandrier aux pieds de plomb vers mon bureau! On est peu de chose, hein! *;->)
18:00 Écrit par Amadeus dans Marketing | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : humour, o est bien peu de chose |
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