17/04/2010

Pour plus de modestie scientifique!

 

Science-et-modestieL

 

                 Pour un ingénieur tout est clair. On mesure, on calcule et on transforme le monde comme on veut. Evidemment, il faut les bons instruments de mesure qui vont de la règle aux spectographes. Il faut un cerveau apte à apprendre des procédures et des outils pour construire les ponts ou les médicaments sur base des calculs. Je simplifie un peu mais en gros c'est ça.


C'est la Science. Si on n'arrive pas à mesurer dans un domaine ou l'autre c'est qu'on n'a pas encore les bons instruments. Mais dans l'esprit de l'ingénieur ce n'est qu'une question de temps et de moyens. Parce que le processus scientifique est souverain et peut s'appliquer à tous les domaines. Un ingénieur m'a même déclaré un jour que si l'on ne parvenait pas à traiter rationnellement les mésententes hommes-femmes ce n'était qu'une question de temps. Suffit d'avoir les instruments de mesure… Bonne chance!** Surtout avec ma femme, mais c'est pas le sujet.


Oui ben voilà… le problèmes est là! Les instruments tardent à venir. On peut même dire sans se tromper que si la science excelle dans l'étude et la manipulation de la matière jusque dans ses derniers retranchements physiques, elle peine à traiter du vivant et se plante carrément sur les choses de l'esprit! Notre civilisation technicienne a deux cents ans. Elle progresse toujours sur le paradigme scientifique.  En revanche, les médecins avouent que la médecine n'est pas une science exacte et la politique, la justice, la psychologie, la philosophie… patinent toujours et vont même de plus en plus mal. Par  complexe, ces domaines se font appeler "sciences humaines"… mais ça leur va comme un caleçon fleuri au chanteur Carlos.


En d'autres termes, le discours de la méthode scientifique semble bien pauvre face à l'esprit. L'informatique va vite, mais du point de vue comportemental elle est très inférieure au plus débile des singes engagé en politique ou non. Et c'est pas près de s'arranger… 


Tout ça pour dire que la différence entre un ingénieur et moi c'est que lui pense la Science comme La Vérité dont on n'a pas encore rempli toutes les cases et moi je crois que la Science, utile par ailleurs, est un frein au progrès de l'Humanité comme espèce pensante et vivante. Pire, la science jouit d'une image tellement brillante qu'on vénère tous ses dires, fussent-ils plein d'effets pervers… comme souvent! *;->)


**Gageluufda pour les Bruxellois qui parlent encore Tintin…

 

09:30 Écrit par Amadeus dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : ingenieurs, science, philosophie, societe |  Facebook |

16/05/2008

Je souffre donc je suis…

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                        Je pense donc je suis disait Descartes. C’est raisonnablement vrai. Toutefois, cette pensée induit des erreurs qu’il eut fallu vérifier. Le bon sens nous indique que beaucoup de gens qui ne pensent pas se sentent quand même exister! Evidemment, l’existence des autres n’est peut-être qu’une illusion de notre pensée… Disons alors qu’il y a des moments où je ne pense pas et où je continue d’exister… A moins que le seul état perceptif de notre existence soit une pensée… Enfin, tout cela nous permet de… penser que les chiens n’existent pas puisqu’ils n’ont pas ce retour de la pensée. Un peu court, non? Et prétentieux!

Le caillou est peu réputé pour ses idées et ne comprend rien de la plante… qui elle-même ne comprend pas grand’chose à l’animal, lequel n’entrave que dalle à nos frénétiques activités. En revanche, nous, nous savons tout de Dieu sans l’avoir jamais vu…

Personnellement, il me semble que le fait même de penser que l’on pense contient quelque chose de vrai mais ressemble quand même à une mise en boucle… Et cette mise en boucle de notre pensée nous empêche de voir plus loin. Parce que le premier processus de constat de soi-même n’est pas la pensée mais la souffrance… On ne peut souffrir que si l’on a conscience de soi. A moins que ce soit le fait de souffrir qui soit la conscience de soi. Il faudrait donc rechercher l’origine de la pensée dans le signal d’alarme que constitue la souffrance. Si le signal d’alarme ne conduit à rien… il ne sert à rien.

Mais du coup, notre existence étant validée par la souffrance, il nous faut bien constater que l’animal souffre et qu’il a donc une conscience au sens d’un état de veille permanent et de perception de soi-même. Or dès que l’on se perçoit, on devient responsable et existant… Certains parlent alors d’âme. L’ennui c’est que, ou bien les animaux en ont une puisqu’ils peuvent souffrir, ou nous n’en avons pas…

Quoiqu’il en soit, tout ceci nous conduit à penser que la souffrance est une perception du temps à l’origine de la pensée et du sentiment d’existence. La différence avec la pensée de Descartes c’est que celle-ci suscite bien des remises en question… Bon ça va, frappez moi pas! Je fais qu'écrire ce qui me passe par la tête…

*;->)