13.11.2008

Grandeur et rédemption…

RédemptionL

 

                            J'ai été très sincèrement touché lorsque Gorbatchev a perdu son épouse. J'étais admiratif de ce couple uni qui projetait une image de détermination, de force, de droiture et d'optimisme. J'ai une immense admiration pour ce qu'a su faire Gorbatchev et je le vois comme l'un des plus grands hommes de notre temps, ne serait ce que pour avoir réussi à se glisser dans le système stalinien pour arriver à le démanteler de l'intérieur. Mais il était trop grand pour l'histoire des Hommes, sans doute, il n'a pas été entendu ni aidé par nos pays et la Russie est tombée dans les mains de l'un des pires dictateurs qui soient: Poutine. Les énormes bêtises et manquements  de nos politiciens standards se suivent…

Il est un autre homme qui m'a impressionné mais de façon variable. C'est Colin Powell. Parti de rien dans le Bronx à New York, de père et mère ouvriers, il est arrivé, sans même passer par West Point, la grande école militaire américaine, à atteindre le rang de général, chef d'Etat Major de l'armée américaine. Estimé comme un stratège d'exception, il a dirigé maints conflits dont la première guerre d'Irak. Mais en 2003, il est envoyé par Bush minor junior aux Nations Unies pour apporter les "preuves" des mauvais plans de Saddam Hussein sur les armes de destruction massive. C'est là que je voulais en venir.

Le visage défait, il ment à la Communauté Internationale. Il le sait et il le vit très très mal parce que cet homme a fait sa carrière dans la droiture militaire. Il a des valeurs. Sa mortification est littéralement projetée par son visage. Il dira plus tard que ce fut une tache dans sa carrière. Toujours est-il qu'il quitte l'équipe de Bush en 2004.

Il était resté dans ma mémoire comme un humain qui avait vécu le drame d'un choix cornélien entre la loyauté au service de l'Etat ou la  la droiture d'une Vie. Je pensais qu'il avait joué et perdu. Je le voyais comme un homme à la dérive qui avait vendu son âme au diable et mal fini sa carrière.

C'est pourquoi, quand je l'ai vu rejoindre Barak Obama et lui apporter son soutien quinze jours avant le scrutin, puis pleurer d'émotion après l'élection, j'ai compris qu'il se rachetait, qu'il avait choisi la droiture, ses intimes convictions plutôt que le service aveugle du militaire à la fidélité indéfectible et irraisonnée de chien policier pour un maître. Cette rédemption m'a fait plaisir. C'est le genre de chose qui m'interdit de penser que les hommes sont tous ou inexorablement mauvais… *;->)