02.08.2008
Etiquette vaudou

Il s'appelait Jacky. Un jeune gars sympa. Imprimeur de son état dans une société américaine, il imprimait des rouleaux adhésifs. Sa porte était toujours ouverte et quand on l'entendait siffler, c'est que sa drôle de machine -une fabrication maison- tournait. Si la machine s'arrêtait, il ne sifflait plus et les jurons suivaient. Le technicien était convoqué sur le champ.
Sur les murs, il avait affiché sa collection de pages centrales de Playboy. Des nanas rutilantes pas très habillées et gonflées pas qu'à l'Hélium… De la nana pour autotamponneuses ou camionneurs polonais. Vous commencez à voir?
Je l'aimais bien ce gars. Chaque fois que je devais passer par là, je m'arrêtais pour le saluer, l'écouter parler et je sortais le sourire aux lèvres après avoir entendu sa dernière blague. Une personnalité, le Jacky.
Or, il se fit que la secrétaire du grand patron était plastiquement irréprochable et même joliment moulée à la louche bien qu'elle fut habillée en tailleur Chanel et chaussures aussi! L'ennui c'est quand elle ouvrait la bouche parce que là, le parler effondrait le Chanel, la plastique irréprochable et la coiffure. Elle parlait comme un coureur cycliste flamand et ce qu'elle disait était d'une vulgarité supersonique. Je me suis toujours demandé comment elle était tombée dans le Chanel, celle-là, mais ça fait partie des bizarreries de l'existence. Notez, le beau Karl Lagerfeld est du même tonneau avec son air de tueur planétaire pour film de James Bond. Le sommet de la vulgarité…
Un jour, j'ai cité le nom de la secrétaire du patron dans une discussion avec Jacky. Je l'ai vu se raidir, prendre un air contrarié. "Quoi? Celle-là?! Attends, je veux plus lui parler! L'autre jour, je l'ai croisée dans le hall, elle m'a même pas dit bonjour… Tiens, tu sais ce que j'en fais de celle-là?". Il arracha une pin-up sur le mur en me disant "tiens, celle-ci lui ressemble, c'est pour ça que l'ai, je te la flanque à la poubelle, tiens!". Le geste était rageur. Nul doute que ce transfert de hargne vaudou a dû flanquer un coup de pied dans les fesses de la chanelisée qui se demande encore d'où ça vient!
Et Jacky, l'estomac léger, a repris ses sifflements devant la machine qui imprimait de jolies étiquettes. Bah, tout est une question d'étiquette dans la vie, non? *;->)
18:00 Écrit par Amadeus dans Drôle de monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vaudou, vengeance |
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