02/09/2008

Pré et post méditations…

PréméditL


                        Vous vous souvenez de mon copain professionnel à qui j'avais amicalement tendu la main quand il avait eu des problèmes et qui n'avait rien trouvé de mieux que de me tirer dans le dos au défiguré comme au financier… Sa mauvaise vie de buveur, bouffeur invétéré, de type sans parole et flemmard avait fini par lui coller un infar explosif, puis un diabète ravageur, encore un infar pétaradant, etc. Même sa femme dont il a divorcé, a pitié de lui et l'invite de temps en temps à manger parce qu'à part ça il est à l'assistance publique… Je fais de même, par humanité tout en essayant de le faire mourir de rire, vous disais-je. Oui, quand il rit il devient tout cramoisi et j'essaie comme ça de lui faire péter un anévrisme. Le meurtre parfait. Ni vu ni connu! Malheureusement, mon humour semble pour le moment encore insuffisant. Il se sort de mes blagues comme de ses infars. Pourtant, j'en connais quelques unes qui auraient logiquement du l'emporter. Je les raconte peut-être pas bien.

Après le cinquième infar, il a fait un accident vasculaire cérébral. Aloueeeetteu… C'est ça qui m'avait donné l'idée. L'assassinat à portée de main. Donc, maintenant il parle qu'on peut presque plus rien comprendre. Avant les vacances il m'a téléphoné pour m'annoncer son petit dernier: cancer du foie. Mais il ne maigrit pas parce qu'il fait de la rétention d'eau m'a-t-il dit ce matin. Toutes les chances! Chaque fois qu'il m'appelle, il a un truc en plus. A se demander… Un vrai catalogue des pathologies lourdes, ce mec là. Il ne lui manque encore dans sa collection que l'alzheimer et le Sida. Notez, pour le sida, je trouve ça étrange… mais apparemment il ne l'a pas. A mon avis il a été protégé par le Whisky.

Il ressemble de plus en plus à la vermine de Kafka et sa vie est un désastre depuis quelques années. Il me lit encore de temps en temps depuis son lit d'hôpital mais comme il est sous morphine mon texte va pas le déranger beaucoup.
Alors je voudrais soumettre cette question à votre sagacité: on me dit que je suis un être affreux, qu'on ne se moque pas ainsi des malades et que l'on essaie encore moins d'avoir leur peau, fût-ce avec du rire! Maintenant je laisse faire. La déchetterie n'est plus très loin.

Personnellement, je trouve qu'entre les médecins qui le maintiennent dans sa vie de souffrance avec toute sa famille et moi qui tente de les abréger par le rire, même pour de mauvaises raisons,… y a pas photo! Mourir en rigolant! Ça vous plairait pas, à vous? Et vous abrégez les souffrances du déficit de la sécurité sociale en même temps, parce que pour le moment sa survie coûte un pont! Qu'en pensez-vous? Suis-je vraiment un être mauvais, au final? A bien y réfléchir?…  ;->)

20:05 Écrit par Amadeus dans Drôle de monde | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : assassinat, rire, vengeance |  Facebook |

02/08/2008

Etiquette vaudou

Etiquette-L

 

                            Il s'appelait Jacky. Un jeune gars sympa. Imprimeur de son état dans une société américaine, il imprimait des rouleaux adhésifs. Sa porte était toujours ouverte et quand on l'entendait siffler, c'est que sa drôle de machine -une fabrication maison- tournait. Si la machine s'arrêtait, il ne sifflait plus et les jurons suivaient. Le technicien était convoqué sur le champ.

Sur les murs, il avait affiché sa collection de pages centrales de Playboy. Des nanas rutilantes pas très habillées et gonflées pas qu'à l'Hélium… De la nana pour autotamponneuses ou camionneurs polonais. Vous commencez à voir?

Je l'aimais bien ce gars. Chaque fois que je devais passer par là, je m'arrêtais pour le saluer, l'écouter parler et je sortais le sourire aux lèvres après avoir entendu sa dernière blague. Une personnalité, le Jacky.

Or, il se fit que la secrétaire du grand patron était plastiquement irréprochable et même joliment moulée à la louche bien qu'elle fut habillée en tailleur Chanel et chaussures aussi! L'ennui c'est quand elle ouvrait la bouche parce que là, le parler effondrait le Chanel, la plastique irréprochable et la coiffure. Elle parlait comme un coureur cycliste flamand et ce qu'elle disait était d'une vulgarité supersonique. Je me suis toujours demandé comment elle était tombée dans le Chanel, celle-là, mais ça fait partie des bizarreries de l'existence. Notez, le beau Karl Lagerfeld est du même tonneau avec son air de tueur planétaire pour film de James Bond. Le sommet de la vulgarité…

Un jour, j'ai cité le nom de la secrétaire du patron dans une discussion avec Jacky. Je l'ai vu se raidir, prendre un air contrarié. "Quoi? Celle-là?! Attends, je veux plus lui parler! L'autre jour, je l'ai croisée dans le hall, elle m'a même pas dit bonjour… Tiens, tu sais ce que j'en fais de celle-là?". Il arracha une pin-up sur le mur en me disant "tiens, celle-ci lui ressemble, c'est pour ça que l'ai, je te la flanque à la poubelle, tiens!". Le geste était rageur. Nul doute que ce transfert de hargne vaudou a dû flanquer un coup de pied dans les fesses de la chanelisée qui se demande encore d'où ça vient!

Et Jacky, l'estomac léger, a repris ses sifflements devant la machine qui imprimait de jolies étiquettes. Bah, tout est une question d'étiquette dans la vie, non?   *;->)

18:00 Écrit par Amadeus dans Drôle de monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vaudou, vengeance |  Facebook |